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L’Exécutif et les syndicats reprennent langue

Le dialogue social sous de bons auspices pour peu que l’actuel gouvernement tranche avec les pratiques piteusement sélectives de son prédécesseur




Le chef du gouvernement, Saâd Eddine El Othmani, a rencontré lundi les centrales syndicales les plus représentatives, à savoir l’Union marocaine du travail (UMT), la Confédération démocratique du travail (CDT), l’Union générale des travailleurs du Maroc (UGTM) et l’Union nationale du travail au Maroc (UNTM).
Lors de cette rencontre, il leur a proposé un programme visant à engager un dialogue tripartite à travers trois commissions thématiques en vue d’aboutir à un accord étalé sur trois ans en prévision  de son adoption en avril 2018, ajoute un communiqué de son département, précisant que les négociations relatives à cet accord devraient commencer dans les plus brefs délais.
La même source a fait savoir, à cet égard, que les commissions thématiques se répartissent comme suit: une commission de l’amélioration des revenus, une commission du secteur privé pour examiner les législations du travail et les libertés syndicales et une commission du secteur public pour examiner les questions liées à l’administration publique.
A cette occasion, Saâd Eddine El Othmani a réitéré la volonté ferme du gouvernement de garantir la réussite de ce round du dialogue sérieux et responsable, ainsi que sa détermination de renforcer et de consolider le rôle des syndicats pour être en mesure d’aborder les revendications sociales et représenter et encadrer les travailleurs.
Ainsi, il a été convenu de créer une commission préparatoire comprenant des représentants des différentes composantes sociales, économiques et des secteurs gouvernementaux concernés pour mettre en place les plans de travail des commissions thématiques précitées, conclut le communiqué.
Même si le chef du gouvernement a affiché sa volonté de bien mener ce dialogue, il n’en reste pas moins que ce dernier ne peut le faire sans la participation de toutes les centrales syndicales et, particulièrement de la FDT qui jouit d’une forte représentativité dans le secteur public.
«Il s’agit là d’une grande injustice commise par l’ancien chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane, et qui se poursuit jusqu’à maintenant», a martelé Sadek Rghioui, vice-secrétaire général de la FDT et secrétaire général du Syndicat national de l'enseignement (SNE-FDT). Et de préciser : «Du point de vue juridique, le SNE-FDT doit être représenté dans le Conseil supérieur de l'éducation, de la formation et de la recherche scientifique, mais l’ex-chef du gouvernement nous en a exclus et nous appelons l’actuel chef de l’Exécutif d’appliquer la loi en permettant au SNE-FDT d’être représenté au sein dudit Conseil».
Exclure la FDT du dialogue social, a-t-il poursuivi, est une pure aberration, étant donné que cette centrale est présente en force dans la plupart des secteurs de la fonction publique et qu’elle dispose même de la majorité absolue dans plusieurs d’entre eux tels que celui de la justice. «Nous sommes la troisième centrale syndicale en termes de représentativité dans le secteur public et pourtant nous sommes injustement exclus du dialogue social tripartite entre le gouvernement, les centrales syndicales et le patronat», a-t-il précisé dans une déclaration à Libé. Et d’ajouter : «La centrale syndicale proche du chef du gouvernement ne disposait pas, auparavant, de la même représentativité que la nôtre actuellement, et pourtant elle avait pris part au dialogue social lorsque Benkirane présidait aux destinées du gouvernement. Il est question ici de deux poids, deux mesures. En plus, nous considérons toujours que les élections professionnelles aussi bien dans les secteurs  public que le privé ont été falsifiées sous la houlette de l’ancien ministre du Travail, Abdesslam Seddiki et que leurs résultats n’ont pas été rendus publics jusqu’à maintenant. C’est inédit dans l’histoire du Maroc».
«Nous ne savons pourquoi on nous a exclus, a-t-il poursuivi. Nous considérons que cette exclusion participe de la poursuite de la même politique que celle menée par l’ex-chef du gouvernement qui affichait une forte hostilité à l’égard de la FDT et qui avait soutenu ouvertement et personnellement la «guerre civile» au sein de la FDT en affichant son appui aux scissionnistes».
Concernant le dialogue sectoriel, Sadek Rghioui nous a affirmé que la rencontre tenue lundi entre le ministre de l’Education nationale, de la Formation professionnelle, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Saïd Amzazi, et une délégation du SNE-FDT a été fructueuse. «Le ministre a répondu favorablement à la plupart de nos revendications», a-t-il souligné en substance.
Parmi ces revendications, il a cité à titre d’exemple la solution du dossier des victimes du régime de 1985 et de 2003, du dossier des docteurs qui travaillent au sein du secteur, du problème de l’échelle 9, et de la mise en application du reliquat de l’accord du 26 avril.
Il a également ajouté que le ministre a répondu favorablement à la mise en place d’un nouveau statut en vue d’apporter une solution au régime de 83 et de 2003. Le ministre s’est aussi  dit ouvert à la revendication du SNE-FDT relative à la justice salariale et fiscale.
Selon Sadek Rghioui, le SNE-FDT demande que les salaires dans l’éducation nationale soient alignés sur ceux des autres secteurs publics et appelle également à l’allégement de l’IGR.
La seule pomme de discorde entre le ministre et le SNE-FDT concerne la contractualisation des personnels enseignants. Alors que le syndicat demande l’intégration des enseignants contractuels dans la fonction publique, Saïd Amzazi s’est montré opposé à une telle revendication, mais les deux parties se sont mises d’accord pour poursuivre le dialogue afin de trouver un terrain d’entente concernant ce point de discorde.

Mourad Tabet
Mercredi 7 Mars 2018

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