Introduction
Les orientations Royales, telles qu’exprimées par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, ont établi sans ambiguïté que l’édification de l’Etat social constitue un pilier fondamental de la stabilité, du développement et de l’équité. La généralisation de la protection sociale, l’effectivité du droit à la santé et à l’éducation, ainsi que la réduction des inégalités sociales et territoriales relèvent d’un
choix stratégique engageant l’action publique dans sa globalité.
Pourtant, entre cette vision clairement affirmée et les politiques publiques effectivement menées, un décalage profond s’est installé. L’approche technocratique étroite, la fragmentation des réformes et la primauté accordée à la gestion comptable ont progressivement vidé l’Etat social de sa portée transformatrice. Le débat n’est donc plus celui des intentions affichées, mais celui des choix politiques opérés, et de la responsabilité engagée dans le blocage d’un chantier national majeur.
Blocage de l’Etat social et affaiblissement de la croissance : l’échec d’un même choix politique
Le cœur du problème ne réside pas dans l’insuffisance des moyens financiers, mais dans leur mauvaise allocation et dans l’absence d’une vision cohérente du développement. Malgré la programmation de crédits importants dans les lois de finances successives, l’impact sur le PIB, la croissance et l’emploi demeure limité. Ce constat confirme que la dépense publique, lorsqu’elle est déconnectée d’une stratégie productive claire, ne génère ni croissance durable ni justice sociale.
Plus préoccupant encore, l’investissement public a été dilué dans une logique de saupoudrage, à travers des projets dispersés, faiblement structurants, souvent éloignés des besoins réels de l’économie nationale et de la création de valeur ajoutée. La dépense publique s’est ainsi transformée en charge comptable, accumulant des montants importants sans résultats tangibles pour les citoyens.
A cela s’ajoute une sous-exécution significative des budgets votés, comme si les objectifs avaient été atteints et les urgences sociales résolues. Cette situation révèle de graves défaillances en matière de programmation, d’exécution, de suivi et d’évaluation des politiques publiques. Or, l’Etat social ne se mesure pas à la taille des enveloppes budgétaires annoncées, mais à l’efficacité réelle de leur utilisation et à leur impact sur l’emploi, les conditions de vie et la réduction de la précarité.
Dans ces conditions, l’absence de l’Etat social n’est plus seulement un échec social ; elle devient un facteur direct d’affaiblissement de la croissance et d’érosion de la confiance. Un développement sans justice sociale est, par nature, fragile, instable et structurellement non durable.
L’alternative socialiste démocratique : traduire les orientations Royales en projet gouvernemental effectif
Face à ce constat, l’alternative socialiste démocratique s’impose comme un projet politique global, non par simple opposition, mais parce qu’elle est la plus cohérente avec l’esprit des orientations Royales et avec les attentes objectives de la société. Son principe est clair : il n’y a pas d’Etat social sans un Etat fort, pas de croissance sans justice, et pas de stabilité sans protection sociale effective.
Ce projet repose sur des choix assumés : des services publics forts et non marchandisés, notamment dans la santé et l’éducation ; une réforme fiscale juste mettant fin aux rentes et aux privilèges afin d’assurer un financement durable des politiques sociales ; un investissement public productif orienté vers la création de valeur ajoutée et d’emplois ; et une justice territoriale réelle, faisant de l’équité spatiale une condition du développement et non un simple slogan.
La crédibilité de cette alternative est indissociable de la solidité de l’organisation politique qui la porte. Depuis son onzième Congrès national, l’Union socialiste des forces populaires s’est engagée dans un processus profond de reconstruction organisationnelle, fondé sur l’ancrage territorial, la démocratie interne et le renouvellement des élites.
L’année 2025 a marqué une accélération décisive de cette dynamique, avec la tenue de plus de 72 congrès provinciaux à travers le pays, largement encadrés par la direction nationale, notamment par le Premier secrétaire Driss Lachguar. Cette mobilisation a été couronnée par le douzième Congrès national, qui a doté le parti d’instances renouvelées, structurées autour de la spécialisation et du partage des responsabilités, en vue de la préparation d’une véritable alternative gouvernementale à vocation sociale.
Conclusion : l’heure de la responsabilité politique et du choix démocratique
Il n’est plus acceptable de justifier le blocage de l’Etat social par des contraintes conjoncturelles ou par l’étroitesse des marges de manœuvre. Lorsque les orientations Royales sont claires, que les ressources existent et que l’inaction persiste, la responsabilité devient pleinement politique. La situation actuelle ne relève pas d’une crise de moyens, mais d’une crise de choix et de volonté.
A l’inverse, l’alternative socialiste démocratique démontre qu’elle n’est pas un simple discours d’opposition, mais un projet prêt à être mis en œuvre, appuyé par une vision claire, une organisation renouvelée et une expérience de terrain solide. L’enjeu est désormais démocratique et social : soit continuer à gérer les crises et recycler l’échec, soit rompre avec l’attentisme et construire un véritable Etat social plaçant l’être humain au cœur des politiques publiques.
L’alternative existe. L’organisation est prête. Le choix est désormais politique.
Par Mohamed Assouali
Secrétaire provincial de l’Union socialiste des forces populaires – Tétouan










