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José Manuel Albares : Nous devons renforcer nos relations, notamment avec le Maroc, notre grand ami

Lors de la cérémonie de passation des pouvoirs avec l’ancienne ministre espagnole des Affaires étrangères


“Nous devons renforcer nos relations, notamment, avec le Maroc, notre grand ami ». C’est ce qu’a déclaré le nouveau ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, lors de la cérémonie de passation des pouvoirs avec l’ancienne ministre, Arancha González Laya. Selon le quotidien El Pais, le diplomate âgé de 50 ans et ancien ambassadeur d'Espagne en France, a affirmé que son pays «doit travailler avec les partenaires et amis de l'Espagne», tout en citant le Maroc. En ce sens, José Manuel Albares a souligné, selon El Pais, que l’Espagne doit renforcer ses «relations, notamment avec le Maroc, notre grand ami». Le quotidien espagnol a assuré qu’Albares a tenu à exprimer ces propos à l’égard du Maroc «après la crise diplomatique et politique déclenchée entre l'Espagne et ce pays africain en raison de l'accueil en Espagne du chef du Polisario, Brahim Ghali, qui a eu plusieurs effets collatéraux, dont le plus grave était la perte de confiance entre les gouvernements des deux pays ». Et d’ajouter : « Le Maroc a cessé de considérer González Laya comme un interlocuteur valable après la crise. Sánchez a décidé de la sacrifier à l’occasion du nouveau remaniement gouvernemental en vue de renouer le dialogue avec le pays voisin et Albares a tenu ces propos envers Rabat lors de son investiture en tant que ministre ». Selon certaines sources, le nouveau ministre espagnol des Affaires étrangères aurait l’intention d’effectuer son premier déplacement à l’étranger au Maroc. Il convient de rappeler que le Premier ministre socialiste espagnol Pedro Sánchez a annoncé samedi dernier la composition de son nouveau gouvernement. En plus du renvoi de la ministre des Affaires étrangères, le nombre de vice-présidentes du gouvernement est passé de quatre à trois, Carmen Calvo, ayant quitté son poste. Nadia Calviño, ministre de l'Economie, la remplace comme première vice-présidente, suivie de Yolanda Díaz, dirigeante de Podemos et ministre du Travail, et de Teresa Ribera, ministre de l'Environnement. Parmi les nouveaux arrivants, Pilar Llop Cuenca devient ministre de la Justice à la place de Juan Carlos Campo. Raquel Sánchez Jiménez, maire de la petite ville de Gava, est nommée ministre des Transports, tandis que Pilar Alegria devient ministre de l'Education. La nouvelle porte-parole du gouvernement est Isabel Rodríguez Garca, qui prendra aussi la tête du ministère de la Politique territoriale, alors que Diana Morant devient ministre de la Science et de l'Innovation. Toutefois, deux ministres "régaliens" conservent leurs postes: ceux de l'Intérieur (Fernando Grande-Marlaska) et de la Défense (Margarita Robles). Pedro Sánchez avait dû procéder fin mars à un mini-remaniement imposé par la démission soudaine du leader de Podemos, Pablo Iglesias, qui s'était jeté dans la bataille pour les élections régionales à Madrid, avant d'abandonner la vie politique au soir des élections du 4 mai. Depuis le début des années 1980, les socialistes (1982-1996, 2004-2008 et depuis 2018) et le PP (1996-2004 et 2011-2018) se sont alternés au pouvoir. Mais depuis la chute en 2018 du gouvernement conservateur de Mariano Rajoy (PP), le pays est plongé dans une grande instabilité politique. 

Mustapha Tossa : La détermination du Royaume a paralysé toute action de Laya à son encontre

La détermination dont le Maroc a fait preuve dans la gestion de la crise diplomatique avec l'Espagne, après l'accueil par cette dernière du chef de la milice du Polisario, était un "facteur paralysant" toute action contre lui de la désormais ex-ministre des affaires étrangères espagnole Arancha Gonzalez Laya, écrit dimanche le politologue Mustapha Tossa. Dans leur volonté de contrer le Maroc, les autorités espagnoles ont fait appel à la carte de pression européenne. Madrid pensait sans doute que si Bruxelles et Strasbourg fronçaient les sourcils en direction de Rabat, le Maroc allait baisser d’un ton le plafond de ses revendications. Or durant toute cette crise, le Maroc est "resté droit dans ses bottes, solide sur ses convictions, imperturbable dans la défense de ses intérêts, prêt à toutes les hypothèses pour asseoir son unité et sa souveraineté", souligne le politologue dans une analyse. “Cette détermination, à elle seule, était un facteur paralysant toute action de la ministre Arancha González Laya contre le Maroc", démagnétisait la ministre et rendait inopérante toute son agitation, relève M. Tossa dans cette analyse sous le titre "La malédiction du Polisario frappe l’Espagne" publiée sur le site Atlasinfo. Selon lui, Laya ne pouvait, par exemple, imaginer être reçue à Rabat tant qu’elle n’avait pas fait sa mue et reconnu ses erreurs. Elle subissait de plein fouet la malédiction du Polisario. La justesse de la position marocaine était aidée et soutenue par de nombreuses voix espagnoles influentes qui s’interrogeaient sur l’amateurisme de leur diplomate en chef sur un sujet aussi explosif que la question du Sahara et les relations avec le Maroc, poursuit le politologue. L’éviction de Laya était “attendue, pressentie comme inévitable si les royaumes voisins voulaient retrouver un semblant de sérénité dans leurs relations tendues”, relève le commentateur, pour qui “il n’y avait en fait que cette voie pour retrouver le chemin du dialogue et de la coopération”. Pour M. Tossa, l’ex-cheffe de la diplomatie ibérique incarnait aux yeux des Marocains et des Espagnols l’objet de cette crise inédite entre Rabat et Madrid, faisant observer que la mésaventure “Benbattouche”, qui se voulait un cadeau discret aux services algériens en échange de concessions gazières sonnantes et trébuchantes, a eu un effet boomerang sur l’ensemble du gouvernement espagnol. Dans cette crise, plusieurs valeurs espagnoles et européennes ont été remises en cause par l’entrée illégale en Espagne du chef des milices du Polisario Brahim Ghali; une justice espagnole censée être indépendante ridiculisée; une législation européenne sur l’entrée et le séjour des étrangers recherchés traînée par terre et un partenariat, en théorie stratégique, avec le voisin marocain pulvérisé, observe-t-il. Et de poursuivre que face à cette “catastrophe politique à multiples facettes”, Arancha González Laya continuait contre vents et marrées à défendre son action et son bilan, pensant sans doute que la méthode Coué finirait par apaiser les tensions et calmer les esprits. Aujourd’hui, note M. Tossa, Madrid offre un nouvel interlocuteur diplomatique au Maroc en la personne de l’ancien ambassadeur de l’Espagne à Paris, José Manuel Albares. “Sans aucun doute, l’éviction de la ministre González Laya pourrait être perçue, à juste titre, comme un signe d’apaisement et une volonté de tourner la page de cette crise inédite entre la Maroc et l’Espagne”, juge le politologue. Le Maroc attendra, ajoute-t-il, les signaux de la nouvelle administration espagnole pour savoir si les couacs de la ministre Laya étaient dus à son amateurisme et à sa méconnaissance des dossiers sensibles ou s’il s’agissait d’une doctrine enracinée au sein du gouvernement espagnol. Les deux hypothèses offrent à la diplomatie marocaine des pistes à de multiples actions. Dans le premier cas, le nouveau ministre espagnol des Affaires étrangères, diplomate chevronné et grand connaisseur des équilibres politiques de la région,se chargera rapidement de rectifier le tir et redresser la barre, note le politologue, ajoutant que dans ce cas, les signaux positifs devraient vite s’envoler de Madrid pour atteindre Rabat et redonner aux relations entre les deux pays le respect et la confiance qu’imposent l’histoire et la géographie. Dans la seconde hypothèse où la duplicité espagnole serait profondément enracinée dans le gouvernement de Pedro Sanchez, le Maroc fort de son droit et de l’unanimité de son peuple et de sa classe politique sur la question du Sahara, continuera cette politique minimaliste à l’égard de l’Espagne, affirme M. Tossa. “La maîtrise du temps et la diversité des alliés seraient les précieux atouts qui vont déterminer la physionomie finale de cette confrontation”, note-t-il. Mais, ajoute M. Tossa, il est fort à parier que l’Espagne, qui a été violemment secouée par cette crise et dont elle n’a pas encore mesuré les effets économiques dévastateurs,serait plus tentée par le rapprochement avec le Maroc que par la poursuite de cette rupture. “Les vents de l’histoire et de la diplomatie sont favorables aux ambitions marocaines. Pour l’Espagne comme pour certains milieux européens, continuer à parier sur un cheval perdant, le Polisario et sur son parrain en faillite totale politique et économique, l’Algérie, serait une offense à l’intelligence de leurs institutions et une atteinte grave à leurs propres intérêts”, conclut-il.

H.T
Mardi 13 Juillet 2021

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