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Il ne peut y avoir de liberté si les journalistes travaillent dans la peur


Younès Moujahid : Il est primordial de mettre en œuvre des mécanismes à même de protéger les journalistes contre toute forme d’abus



Comment protéger les journalistes contre les menaces qui pèsent sur eux ? Une pléiade d’experts et de professionnels s’est penchée sur cette question lors d’une table ronde organisée jeudi à l’ISIC par l’UNESCO, en partenariat avec le Syndicat national de la presse marocaine (SNPM) et l’Institut supérieur de l’information et de la communication (ISIC). 
Abdellah Bakkali, président du SNPM, a soutenu à ce propos que son syndicat a plaidé depuis des années en faveur de l’instauration d’un  mécanisme de protection des journalistes et que l’Union des journalistes arabes et la Fédération internationale des journalistes (FIJ) ont présenté au secrétaire général de la Ligue arabe,  en mai dernier,  un document intitulé «Déclaration de la liberté des médias dans le monde arabe». 
Il a, par ailleurs, affirmé que la communauté internationale est appelée à mettre en place un mécanisme garantissant la protection des journalistes, tout en précisant que le SNPM plaide pour l’instauration d’un mécanisme similaire au Maroc, même s’il y a «des parties au sein du gouvernement qui ont des réserves» à ce sujet alors que la grande majorité (des partis politiques et des organisations de la société civile) soutient ledit mécanisme.
L’intervention d’Ali Karimi, professeur universitaire à l’ISIC a porté sur la protection des journalistes dans le droit humanitaire international.
L’intervenant a soutenu que depuis 1864, les différentes conventions internationales ont passé sous silence la question de la protection des journalistes en période de conflits et de guerre.
Il a également affirmé que le Règlement  concernant  les  lois  et  coutumes  de  la  guerre  sur  terre   annexé  à  la Convention IV de La Haye, 1907 a évoqué la protection des journalistes en période de guerre, mais seulement en tant que civils. Il a ajouté que la communauté internationale a échoué à mettre en place des règles contraignantes pour protéger les journalistes. 
Quant à Younès Moujahid, secrétaire général du SNPM et 1er vice-président de la Fédération internationale des journalistes (FIJ), il a souligné que les agressions perpétrées contre les journalistes sont un problème épineux au niveau international. Pis encore, ces agressions et ces violences restent souvent impunies, d’où la nécessité de rechercher des mécanismes à même de protéger les journalistes contre toute forme d’abus. 
Partant du postulat selon lequel il ne peut y avoir de liberté de la presse si les journalistes travaillent dans la peur, la FIJ, a-t-il poursuivi, fait actuellement un plaidoyer auprès les gouvernements du monde entier pour les inciter à adopter des mécanismes pour la protection des journalistes qu’elle a proposés. 
Il a également a annoncé lors de cette table ronde qu’une délégation de la FIJ se rendra prochainement à New York pour présenter son projet aux responsables onusiens.
Au niveau national, Younès Moujahid a souligné que les rapports du SNPM ont souvent dénoncé les agressions physiques contre les journalistes et entrepris des démarches auprès des autorités compétentes (les ministères de l’Intérieur et de la Justice, la police…) pour ouvrir des enquêtes en vue d’élucider les circonstances de ces agressions et éventuellement punir les coupables. Malheureusement «dans tous les cas, les plaintes déposées sont restées sans suite ».
Il a, à ce propos, évoqué l’article 7 (alinéa 4) de la loi n°88-13 relative à la presse et à l’édition qui  stipule que «les autorités publiques s'engagent à mettre en place des garanties légales et institutionnelles aux fins de protéger les journalistes contre toute agression ou menace lors de l'exercice de leur profession ». Mais, selon lui, le législateur n’a pas spécifié de mécanismes et mesures visant à mettre en œuvre les dispositions de cet article. 
 Pour sa part, Said Soulami (CMF MENA) a abordé la question les mécanismes de protection des journalistes à travers des expériences internationales, tout en affirmant que ce genre de mécanismes a vu le jour en Amérique latine pour protéger les journalistes qui vivent sous la menace permanente de la violence. 
Il a appelé tout spécialement à la protection des femmes journalistes qui sont, selon lui, « plus vulnérables surtout dans les zones de conflits ».
De son côté, Mohammed Chmaaou, avocat et membre du bureau exécutif de l’Association Adala, a présenté l’expérience spécifique de cette ONG en matière de protection des journalistes. En effet, il a souligné que l’Unité d’appui juridique aux journalistes au Maroc qui a été créée au sein de cette association il y a des années ne se limite pas à appuyer juridiquement les journalistes qui sont victimes de violences ou d’abus, mais également d’organiser des cycles de formation à leur profit.
Pour sa part, Andrea Cairola, spécialiste du Programme communication et information de l’UNESCO, a présenté les grandes lignes du rapport mondial de cette organisation internationale sur les «Tendances mondiales en matière de liberté d’expression et de développement des médias» qui a été rendu public récemment.
Il a assuré que la  période  s’étalant entre  2012  et  2017  a été  marquée  par  une  augmentation  de  la  fréquence  et  de  la  régularité  des  actes  de  violence  dirigés  contre  les  journalistes  par  rapport  aux  années précédentes, tout en affirmant que 530 journalistes ont été tués durant cette même période, soit deux morts par semaine. La région MENA est la plus touchée par ce phénomène (191 cas de journalistes tués). 
Il a également mis l’accent sur les meurtres de femmes journalistes qui ont augmenté au cours de la même période (passant de cinq femmes journalistes tuées en 2012 à 10 en 2016).
 

​Partenariat médiatique maroco-chinois

La Fédération marocaine des éditeurs de journaux (FMEJ) et une délégation de journalistes chinois, en visite au Maroc, ont examiné, mercredi à Casablanca, les perspectives d'un partenariat fructueux entre la Fédération et l’Association des journalistes chinois.
Les deux parties ont signé, à cette occasion, une convention de partenariat et de coopération pour créer un cadre bilatéral qui sera suivi par un accord multilatéral dans le cadre du projet chinois "La Route de la soie", appelé désormais l'initiative de "La Ceinture et la route".
Le président de l’Association des journalistes chinois, Hu Xiaohan, qui conduit la délégation de son pays lors de ce déplacement au Maroc, a appelé la FMEJ à prendre part au forum médiatique international prévu au premier semestre 2019 à Pékin qui sera marqué par la création de l'association des journalistes des pays de l'initiative de «La Ceinture et de la route», composée d'une soixantaine de pays de trois continents.
Les délégations de la Fédération et de l'Association chinoise ont évoqué la situation des médias dans les deux pays et la délégation chinoise a montré un intérêt particulier au traitement des informations sur la Chine par les médias marocains, surtout en ce qui concerne les investissements chinois dans le Royaume, le tourisme après la suppression du visa pour les Chinois et les relations entre le Maroc, l'Afrique et la Chine. 
L'Association des journalistes chinois comprend un million de journalistes ayant une carte professionnelle et des centaines de milliers de journalistes en ligne.

T. Mourad
Samedi 14 Juillet 2018

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