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Essaouira, haut lieu de transmission des valeurs universelles





Essaouira-Mogador s’est positionné depuis des siècles en haut lieu de transmission des valeurs universelles et humanistes, de culture, d’histoire et d’échanges où la centralité de l’humain est mise au cœur de toute réflexion. C’est ainsi qu’à travers son histoire contemporaine, le rapprochement des peuples de la Méditerranée et même au-delà s’est inscrit dans une perpétuelle quête ayant comme principal objectif de bâtir davantage de lieux de célébrations communes. Cette ville monde a su conforter la centralité de la culture notamment à travers le prisme de l’altérité. Tout en s’inscrivant dans les dynamiques insufflées par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, la cité apporte une vision d’un monde serein, responsable et engagé pour la promotion et la valorisation de la culture de la paix. Rapprocher les peuples, créer des liens et des connexions homogènes, tel est l’engagement indéfectible du Royaume du Maroc sous la conduite de Sa Majesté le Roi. C’est dans cette même ligne qu’Essaouira œuvre depuis plus de trente ans pour que les expériences les plus inédites et les plus singulières soient transmises et partagées avec les générations à venir. Cette chaîne de transmission, requiert que l’on mette en récit clair et intelligible notre patrimoine commun. En somme, réunir toutes les conditions nécessaires pour faciliter l’émergence d’une responsabilité collective vis-vis de notre histoire. Cette dernière peut ainsi spontanément établir sa place et sa légitimité dans le texte où elle est pensée et produite. Sans quoi, on n’écrit que l’apparence de l’histoire. Essaouira a efficacement contribué ces dernières années, à la valorisation de plusieurs projets tant sur les plans de la recherche que de la formation. Ces dynamiques de coopération scientifique et académique viennent nourrir davantage les priorités nationales en matière d’éducation tout en élargissant les champs d’investigation scientifique à d’autres disciplines. Dans ce sens, Bayt Dakira qui a été gratifié par la visite de S.M le Roi Mohammed VI en janvier 2020, est une véritable opportunité à la fois pour la promotion et la préservation du patrimoine judéo-marocain mais aussi pour le développement de plusieurs projets académiques et scientifiques. La Maison de la mémoire compte désormais trois entités de recherches internationales : Le Centre de recherches Haïm Zafrani, le Centre d’études et de recherches sur le droit hébraïque au Maroc ainsi que l’Institut Insania pour les humanités avancées. Ces initiatives uniques dans le monde arabo-musulman, bénéficient du soutien et de l’expertise de plusieurs enseignants-chercheurs, d’experts nationaux et internationaux, de doctorants et d’étudiants qui sont pleinement impliqués dans différents travaux scientifiques. Plusieurs projets ont eu lieu à Essaouira, notamment le programme de recherches pluridisciplinaires intitulé ‘’Les mutations des normativités sociopolitiques, juridiques, économiques, culturelles et socio-éducatives dans l’espace méditerranéen ». Ce programme regroupe plusieurs universités internationales dont l’Université de Bordeaux, l’Université de Rabat Mohammed V, l’UIR et l’Institut Bayt Dakira. D’autres universités s’associeront dans un second temps à ce programme de recherches d’envergure telles que Berkely, UCLA et Connecticut. S’ajoutent à ces dynamiques, la tenue à Bayt Dakira de six colloques internationaux organisés conjointement par le Centre d’études et de recherches sur le droit hébraïque au Maroc, l’Association Essaouira Mogador et plusieurs partenaires institutionnels nationaux et internationaux. Plusieurs partenariats ont été également paraphés dans cet espace emblématique notamment entre le Centre d’études et de recherches sur le droit hébraïque au Maroc et le ministère de l’Education nationale et de l’Enseignement supérieur et celui de la Justice. Un accord-cadre inédit a été signé entre le Centre d’études et de recherches sur le droit hébraïque au Maroc, le ministre de l’éducation nationale, de la Formation professionnelle, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique Said Amzazi, et l’Association Essaouira Mogador. Dans la perspective de la mise en œuvre de cet accord-cadre, une réunion de travail s’est tenue à Bayt Dakira le 13 janvier 2021. Cette rencontre a été initiée dans le but d’asseoir et lancer les premiers projets éducatifs relatifs, entre autres, à la mise en place des « Clubs de coexistence dans la diversité » à travers les académies du Royaume. A cet effet, le premier Club de tolérance du Royaume a vu le jour au Lycée Akensous à Essaouira. Un mémorandum d’entente a été également signé à Bayt Dakira entre le Centre d’études et de rechercher sur le droit hébraïque au Maroc et le ministre de la Justice, Mohamed Benabdelkader. Une Commission de travail est en cours de constitution afin de lancer conjointement les premiers projets relatifs à la place et au rôle du droit hébraïque au sein du système juridique national. Ces idées nées et façonnées depuis ce Royaume pluriel et plus exactement depuis la Cité des Alizés,sont de simples idées mais elles sont précieuses.Issus d’une longue histoire, ces projets résisteront à l’usure du temps et c’est ainsi que Mogador se place dans la chaîne de transmission. Certaines de ces dynamiques trouvent leur prolongement dans d’autres régions du Royaume et rendent ainsi hommage à l’expérience humaine et à notre identité. Une réalité qui trouve pleinement son sens dans l’histoire du Maroc de la modernité. La diversité, Mogador en fait une science de la référence depuis des siècles. La plus belle des façons d’exprimer sa sensibilité et d’étendre la possibilité d’une osmose. C’est tout cet ensemble qui fait qu’au Maroc et à Essaouira notre démarche continuera à se saisir de l’esprit de compromis et de sa conformité avec la réalité de notre histoire. C’est cette responsabilité morale qui impose avec force les déterminants que nous offrirons demain à la nouvelle génération, les vrais garants d’un nouveau monde réconcilié avec lui-même, avec la justice et avec la paix. Ces projets contribueront sans aucun doute à la compréhension des valeurs en participant ainsi au respect mutuel des cultures relevant de sensibilités différentes. A travers ces dynamiques, Essaouira lance un signal fort en manifestant encore une fois sa capacité à demeurer un véritable espace d’échange et de savoir en mettant en avant la pertinence et la richesse scientifique et académique tout en s’inscrivant pleinement dans la dynamique insufflée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI et l’intérêt particulier que le Souverain ne cesse d’accorder à la recherche scientifique et au dialogue des cultures et des religions. Dans cette même ligne, nous saluons avec force l’engagement de plus de trente ans du Conseiller de Sa Majesté le Roi, André Azoulay, pour la consolidation des projets qui favorisent continuellement l’émergence d’espaces propices aux échanges, au dialogue et à la paix constituant ainsi de hauts lieux de transmission des valeurs universelles et humanistes. Les circonstances particulières que l’Humanité traverse, donnent davantage de légitimité à nos actions communes. Notre responsabilité, face à cette période incertaine, est immense. Elle exige une redéfinition de la notion de valeurs universelles, plus que jamais conjuguée dans une combinaison qui porte à son point le plus haut le respect et l’épanouissement de l’humain. 
Par Abdellah Ouzitane 
Président fondateur du Centre des études et de recherches sur le droit hébraïque au Maroc

Libé
Mercredi 28 Avril 2021

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