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Entre la responsabilité de l'Etat et celle du citoyen

En pleine pandémie, certains médicaments manquent à l'appel



Les citoyens ont remarqué ces derniers jours la disparition de certains médicaments des étals des pharmacies tels que la vitamine C et le zinc utilisés dans le traitement des malades atteints du Covid-19. A ce propos, Ibtissam Merras, pharmacienne et membre du Groupe socialiste à la Chambre des représentants, a tiré la sonnette d’alarme contre le manque de plusieurs médicaments dans les officines, ce qui pourrait créer des malentendus entre les pharmaciens et les citoyens, tout en imputant la responsabilité de cette situation «alarmante» au ministère de la Santé. A cet égard, elle a précisé que le Groupe socialiste saisira l’occasion de la discussion du budget du ministère de ce département à la Commission des secteurs sociaux ce jeudi après-midi pour interpeller le ministre de tutelle à ce propos. Selon nos confrères de l’Observateur du Maroc, le président de la Confédération des syndicats des pharmaciens du Maroc (CSPM), Mohamed Lahbabi, a, lui aussi, mis en garde contre la pénurie de la vitamine C et du zinc. «Malgré les affirmations du ministère qui se veulent rassurantes, la réalité est toute autre. Les stocks sont largement insuffisants», a précisé le président des pharmaciens. Contacté par Libé, un expert en pharmaceutique qui a requis l’anonymat, s'est voulu rassurant en nous expliquant que «la pénurie de certains médicaments est due à deux facteurs. Le premier est que le Maroc a pris, face à la crise sanitaire, la décision de monopoliser l’utilisation des médicaments entrant dans le traitement de la Covid-19, comme ce fut le cas au début pour la chloroquine». Il a ajouté que la pénurie de certains médicaments pourrait être attribuée au comportement irrationnel de certains citoyens qui «au lieu d’acheter une boîte de médicament, ils en achètent dix. Ce qui provoque la pénurie de certains produits pharmaceutiques». A cet égard, il a souligné que «les citoyens devraient être responsables et n’acheter que les médicaments dont ils ont vraiment besoin». «Je constate que le traitement de ce sujet par une certaine presse verse dans la polémique et le populisme politicien», a-til souligné. Selon cet expert, il ne faut pas céder à la panique, car le Maroc est classé au même niveau que l’Europe dans le domaine pharmaceutique et que ce secteur est fortement régulé par le Code du médicament et de la pharmacie imposant des règles et des dispositions strictes aussi bien aux industriels, qu’aux distributeurs et pharmaciens, et ce notamment en termes de stockage et d’approvisionnement. En effet, l’article 84 de ce Code stipule que les établissements pharmaceutiques sont tenus de détenir un stock de sécurité des médicaments qu'ils fabriquent, importent ou distribuent pour assurer l'approvisionnement normal du marché national. En plus, son article 15 (alinéa 4) dispose que l’autorisation est retirée ou suspendue par l’administration quand le titulaire de l'autorisation de mise sur le marché n'assure plus l'approvisionnement normal du marché pendant une durée continue de six mois ou ne respecte pas les dispositions législatives et réglementaires en vigueur en matière de stock de sécurité. Par ailleurs, l’article 1 de l’arrêté du 12 juin 2002 dispose que les établissements pharmaceutiques assurant la fabrication et l’importation des spécialités pharmaceutiques sont tenus de constituer et de conserver en permanence un stock de sécurité desdites spécialités. Déjà en septembre dernier, la vice-présidente des laboratoires Pharma 5, Myriam Lahlou-Filali, avait souligné que le Maroc ne souffrait pas de pénurie concernant les médicaments utilisés dans le traitement de la Covid-19 fabriqués localement. «Toute spéculation à ce sujet a des buts inavouables”, avait-elle insisté, citant pour exemple des médicaments comme l’Azithromycine, la Chloroquine, le Paracétamol et l’Oméprazole qui sont fabriqués par plusieurs laboratoires nationaux et n’ont jamais fait défaut à l’arsenal thérapeutique. Elle avait également fait remarquer que les produits importés finis ont connu et connaissent encore de grosses ruptures. 

​Bilan

La pandémie du nouveau coronavirus a fait au moins 1.206.525 morts dans le monde depuis que le bureau de l'OMS en Chine a fait état de l'apparition de la maladie fin décembre, selon un bilan établi par l'AFP à partir de sources officielles mardi à 11H00 GMT. Plus de 46.958.530 cas d'infection ont été officiellement diagnostiqués depuis le début de l'épidémie, dont au moins 31.166.300 sont aujourd'hui considérés comme guéris. Ce nombre de cas diagnostiqués ne reflète toutefois qu'une fraction du nombre réel de contaminations. Certains pays ne testent que les cas graves, d'autres utilisent les tests en priorité pour le traçage et nombre de pays pauvres ne disposent que de capacités de dépistage limitées. Sur la journée de lundi, 6.148 nouveaux décès et 498.791 nouveaux cas ont été recensés dans le monde. Les pays qui ont enregistré le plus de nouveaux décès dans leurs derniers bilans sont les États-Unis avec 559 nouveaux morts, l'Inde (490) et l'Argentine (483). Les Etats-Unis sont le pays le plus touché tant en nombre de morts que de cas, avec 231.566 décès pour 9.293.284 cas recensés, selon le comptage de l'université Johns Hopkins. Au moins 3.674.981 personnes ont été déclarées guéries. Après les Etats-Unis, les pays les plus touchés sont le Brésil avec 160.253 morts et 5.554.206 cas, l'Inde avec 123.097 morts (8.267.623 cas), le Mexique avec 92.100 morts (933.155 cas), et le Royaume-Uni avec 46.853 morts (1.053.864 cas).

Mourad Tabet
Mardi 3 Novembre 2020

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