Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

Entre Rabat et Pretoria, le pragmatisme a prévalu : Quel impact pour tout un continent ?




 Après des années de malentendus et de dissensions, les relations entre le Maroc  et l’Afrique du Sud semblent se normaliser surtout après la rencontre entre S.M le Roi Mohammed VI et le président sud-africain, Jacob Zuma lors de 5ème Sommet Union africaine-Union européenne (UA/UE) tenu la semaine passée à Abidjan.  
Lors de cette rencontre historique, les deux dirigeants ont décidé “de se lancer dans un partenariat économique et politique fécond afin de construire des relations fortes, pérennes et stables et dépasser ainsi l’état qui caractérisait les relations bilatérales durant des décennies”.
Dans le même cadre, le Souverain et le président Zuma ont également décidé que le cadre de la représentation diplomatique sera relevé par la désignation d’ambassadeurs de haut niveau à Rabat comme à Pretoria.
Quelques jours après, Jacob Zuma a mis l’accent dans un entretien avec le quotidien sud-africain News24 sur la nécessité de renforcer les relations avec le Maroc, un pays africain qui avait accordé un précieux soutien à la lutte du peuple sud-africain contre le régime de l’apartheid.
 «Le Maroc est un pays africain avec lequel nous avons besoin d’avoir des relations», a assuré Zuma. Et de préciser que le Maroc devra désigner un ambassadeur à Pretoria comme premier signe de la volonté des deux pays de relever le niveau de leurs représentations diplomatiques dans les capitales des deux pays.
Pour Mohammed Benhamou, président du Centre marocain des études stratégiques, cette rencontre peut être interprétée comme un changement notable dans les relations entre les deux pays. Il a souligné que le président sud-africain est pleinement conscient de l’importance de renouer les relations avec Rabat sur de nouvelles bases, vu le rôle important du Maroc non seulement sur le continent africain, mais également sur le plan international.
«Le Maroc et l’Afrique du Sud sont deux acteurs principaux dans le continent africain», a mis en avant le chercheur marocain. Et de préciser: «Zuma est un homme politique pragmatique et il est conscient que nouer une alliance entre deux puissances, l’une au Sud du continent et l’autre au Nord, ne peut que renforcer le poids de l’Afrique au niveau international ».
Il convient de rappeler que le Maroc est devenu un investisseur majeur en Afrique. En effet, Rabat ayant investi cinq milliards de dollars dans 22 projets, selon le rapport 2017 de la banque de données Foreign Direct Investment Markets, un service du groupe Financial Times. Le Maroc est le troisième investisseur étranger de la zone Moyen-Orient et Afrique, derrière les émirats arabes unis et l'Arabie Saoudite. Il devance l'Afrique du Sud, qui a investi seulement 2,9 milliards de dollars à l'étranger.
Dans un article publié au début de cette année par la revue trimestrielle de l’ONU, Franck Kuwonu a estimé qu’entre 2004 et 2014, le commerce du Maroc avec le reste du continent a augmenté en moyenne de 13% par an (3,7 milliards de dollars), dont 42% avec l'Afrique subsaharienne, ce qui représente 6,4% du commerce du pays sur cette période.
 La pomme de discorde entre le Maroc et l’Afrique du Sud est l’affaire du Sahara. Said Moufti, directeur de projet à l’Institut Royal des études stratégiques (IRES) avait écrit que les relations entre Rabat et Pretoria se sont détériorées depuis le début des années 2000. « Toutefois, à partir de l’année 2000, ces relations et ces échanges ont connu un net ralentissement, en raison de l’attitude ambivalente de Pretoria vis-à-vis de la question du Sahara, ambivalence qui traduisait les divergences entre radicaux et pragmatiques au sein de l’ANC. En effet, du fait de son engagement idéologique révolutionnaire, le gouvernement de l’ANC avait pris, dès son installation au pouvoir, la décision de principe de reconnaître la fantomatique RASD ; décision qu’il devait mettre sous le boisseau pendant plusieurs années, devant la vive réaction du Maroc et de nombre de ses amis ».
En 2004, l’ancien président de l’Afrique du Sud, Thabo Mbeki,a encore enfoncé le clou quand il a reconnu le pseudo-RASD.
Même si le président sud-africain a assuré que la position de son pays n’a pas changé à propos de l’entité fantoche, Benhamou a estimé que Jacob Zuma sait pertinemment qu’il y a un changement dans l’affaire du Sahara, que plusieurs pays ont retiré leur reconnaissance de la pseudo-RASD et que le Maroc est devenu un acteur important dans le continent africain notamment après le retour de Rabat à sa famille africaine au début de cette année.
Selon Benhamou, Zuma a indiqué d’une façon directe dans son interview que son pays peut changer de position à propos de l’affaire du Sahara, même s’il a reconnu qu’il y a des radicaux au sein du parti de l’ANC qui pourraient s’opposer à ce changement, étant donné qu’ils ont « noué des intérêts avec le régime algérien et qu’ils ne sont pas prêts à les sacrifier ».
 

T. Mourad
Mercredi 6 Décembre 2017

Lu 936 fois


1.Posté par Zouaghi le 07/12/2017 00:02 (depuis mobile)
Sujet intéressant et très bien écrit

Nouveau commentaire :

Votre avis nous intéresse. Cependant, Libé refusera de diffuser toute forme de message haineux, diffamatoire, calomnieux ou attentatoire à l'honneur et à la vie privée.
Seront immédiatement exclus de notre site, tous propos racistes ou xénophobes, menaces, injures ou autres incitations à la violence.
En toutes circonstances, nous vous recommandons respect et courtoisie. Merci.

Actualité | Monde | Société | Régions | Horizons | Economie | Culture | Sport | Ecume du jour | Entretien | Vidéo | Expresso | En toute Libé | L'info | People | Editorial | Post Scriptum | Billet | High-tech | Vu d'ici | Scalpel | TV en direct | Chronique littéraire | Billet | Portrait | Au jour le jour | Edito









Votre navigateur ne supporte pas le format iframe
Votre programme TV avec Télé-Loisirs