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L’opposition ittihadie appelle le gouvernement à revoir en profondeur sa stratégie en matière d’économie sociale et solidaire, en l’inscrivant dans une vision globale de développement, fondée sur la justice sociale, l’équité territoriale et la participation citoyenne effectiveLa séance mensuelle de questionnement sur la politique générale, tenue lundi dernier à la Chambre des représentants et consacrée à l’économie sociale et solidaire, a été marquée par une intervention forte et critique du Groupe socialiste-Opposition ittihadie. Ayant pour thème le rôle de l’économie sociale et solidaire dans le tissu productif national en tant que mécanisme de développement social et territorial, cette intervention a mis en lumière, selon l’opposition ittihadie, les limites structurelles de l’approche gouvernementale dans ce domaine stratégique.
Le Groupe socialiste a, d’abord, tenu à saluer la prestation de l’équipe nationale lors de la Coupe d’Afrique des nations. A cet égard, il a souligné l’esprit combatif, la discipline collective et le niveau technique affichés par les Lions de l’Atlas, estimant que cette performance reflète l’évolution positive du football national. Dans ce cadre, le Groupe socialiste a rappelé le message de félicitations adressé par S.M le Roi Mohammed VI aux membres de l’équipe nationale, dans lequel le Souverain a mis en avant la détermination et le sens du sacrifice des joueurs, tout en considérant ces participations comme des étapes essentielles pour tirer les enseignements nécessaires et préparer l’avenir.
Ensuite, abordant le cœur du débat, le Groupe socialiste a rappelé que l’économie sociale et solidaire repose sur des valeurs universelles, à savoir la solidarité, la coopération, la complémentarité, l’équité et le mérite, qui sont historiquement enracinées dans la culture marocaine.
Ces valeurs, a-t-il souligné, ont structuré pendant des siècles l’organisation des activités professionnelles, les échanges commerciaux, la gestion collective des ressources naturelles, notamment l’eau, ainsi que la constitution de réserves alimentaires et agricoles.
Pour l’opposition ittihadie, cet héritage aurait dû constituer un socle solide pour bâtir un modèle moderne et performant de l’économie sociale et solidaire, à même de répondre aux défis contemporains du développement. Or, le Groupe socialiste estime que le gouvernement n’a pas su traduire ce capital historique et culturel en politiques publiques cohérentes et efficaces.
Le Groupe socialiste a également exprimé un profond malaise face à ce qu’il considère comme un fossé persistant entre le discours officiel et la réalité vécue par les acteurs de l’économie sociale et solidaire. Selon lui, ce secteur ne peut se développer de manière isolée, indépendamment du contexte économique général du pays.
A ce titre, l’opposition usfpéiste a dressé un tableau préoccupant de la situation économique nationale, évoquant une croissance jugée insuffisante, une productivité en deçà des attentes, une faible participation des femmes à l’activité économique, ainsi qu’une détérioration du pouvoir d’achat dans un contexte de hausse continue des prix.
Le Groupe socialiste a également relevé la persistance du chômage, particulièrement chez les jeunes, et les tensions croissantes sur les finances publiques, accentuées par l’augmentation de l’endettement et les difficultés rencontrées dans la mise en œuvre des grands chantiers structurels.
Le Groupe socialiste a aussi pointé du doigt ce qu’il considère comme une mauvaise appréciation, par les décideurs publics, des enjeux et du potentiel politique, économique et social de l’économie sociale et solidaire. Cette carence dans l’analyse aurait, selon le Groupe, conduit à l’adoption de politiques et mesures souvent déconnectées des réalités quotidiennes des citoyens.
Plus grave encore, il a dénoncé l’émergence d’une nouvelle catégorie d’acteurs profitant pleinement des mécanismes d’incitation, de financement et de couverture juridique, dans un contexte marqué par le chevauchement des compétences et les conflits d’intérêts. Cette situation aurait favorisé, selon le Groupe socialiste, une «culture de l’opportunisme» au détriment de la construction de bases économiques solides à même de traiter les blocages structurels de l’économie nationale.
Pour le Groupe socialiste, l’économie sociale et solidaire aurait pu jouer un rôle central dans le renforcement de la cohésion sociale, la réduction des inégalités sociales et territoriales et la lutte contre toutes les formes d’exclusion, tout en regrettant que le gouvernement n’ait pas pleinement exploité les opportunités offertes par ce secteur pour intégrer progressivement les activités relevant de l’économie informelle dans un cadre structuré, porteur de dignité, de protection sociale et de perspectives de développement durable.
L’opposition ittihadie a insisté sur la dimension humaine et solidaire de ce modèle économique, estimant qu’il constitue une alternative crédible à une approche purement marchande du développement, en particulier dans les zones rurales et les territoires marginalisés.
En outre, le Groupe socialiste a rappelé que, selon la conception marocaine de l’économie sociale et solidaire, les coopératives, les mutuelles et les associations en constituent les piliers fondamentaux. Ces structures, a-t-il souligné, jouent un rôle essentiel dans la création de valeur ajoutée, la génération de revenus stables et la promotion de l’autonomie économique des populations, notamment des femmes et des jeunes.
Concluant son intervention, l’opposition ittihadie a appelé le gouvernement à revoir en profondeur sa stratégie en matière d’économie sociale et solidaire, en l’inscrivant dans une vision globale du développement, fondée sur la justice sociale, l’équité territoriale et la participation citoyenne effective. Pour le Groupe socialiste-Opposition ittihadie, seule une approche cohérente, ancrée dans les réalités économiques et sociales du pays, permettra de faire de l’économie sociale et solidaire un véritable levier de transformation et de progrès.
Mourad Tabet










