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Dix ans de QSI au PSG: Nasser Al-Khelaïfi a pris de l’étoffe



Discret mais déterminé, le Qatarien Nasser Al-Khelaïfi, qui incarne depuis dix ans un Paris Saint-Germain de plus en plus puissant, a pris du galon parmi les dirigeants du football européen en se retrouvant meneur inattendu du front anti-Super Ligue. Issu d’une famille de pêcheurs de perles, celui que tout le monde en France appelle simplement “Nasser” a transformé le club en grand d’Europe, même s’il navigue toujours en quête du plus gros des trésors, la Ligue des champions. Salué en France pour son équanimité, à l’image du bouillant président montpelliérain Louis Nicollin, pourtant très différent, qui le trouvait “classe”, “humble” et “supérieurement intelligent”, “NAK”, 47 ans, a étendu sa réputation à l’Europe avec l’épisode de l’éphémère Super Ligue. Cette initiative tuée dans l’oeuf en 48 heures a offert un triomphe au président parisien, qui s’est posé en défenseur du football en refusant de rejoindre cette rébellion menée par 12 grands clubs européens. En récompense, il a été nommé à la tête de l’Association européenne des clubs (ECA) à la sortie de cette crise, à la place du discrédité Andrea Agnelli (Juventus), l’un des leaders de la mutinerie contre l’UEFA. Sort-il grandi de cette crise? “Non”, répond-il à l’AFP, “les gens qui me connaissent savent que je ne me mets jamais en avant pour ce genre d’honneurs. L’intérêt collectif, pour tout le monde, voilà ce qui est important à mes yeux”. “Je travaille avec l’ECA depuis des années”, rappelle l’ancien 995e mondial au classement ATP, “au nom de l’intérêt du football européen et aussi avec la Ligue 1 pour l’intérêt du football français.” Devenu plus influent, il reste discret, voire secret. Al-Khelaïfi se fait rare dans les médias, et reste toujours souriant et affable en privé, dans d’impeccables costumes en Europe ou dishdashas au Moyen-Orient. Depuis son arrivée en 2011, il s’exprime en français. Et s’il arrive toujours que les réseaux sociaux moquent son accent ou ses tournures de phrase, cette “délicatesse” était saluée par feu le président Nicollin. En affaires, Al-Khelaïfi sait se montrer inflexible, et a réussi des gros coups, comme arracher Neymar au puissant FC Barcelone contre la somme record de 222 millions d’euros. Seul point faible évoqué dans l’entourage du PSG, dont il est le patron depuis le rachat du club par le fonds souverain QSI en 2011, il donnerait “trop de pouvoir à certains joueurs”. Pour le reste, il sait trancher comme le montre le débarquement sans ménagement à l’été 2016 de son entraîneur Laurent Blanc, la mise à l’écart des joueurs “rebelles” Hatem Ben Arfa et Adrien Rabiot, ou le recadrage en règle de la superstar Neymar au moment de ses envies de départ à l’été 2019. Al-Khelaïfi jouit d’une relation privilégiée avec l’Emir du Qatar, nourrie par une passion commune pour le tennis et le football. Souvent en déplacement aux quatre coins du monde, il est également l’artisan majeur du développement international de la marque Paris SG. Son rôle dépasse le PSG: ministre sans portefeuille, il a été l’un des hommes-clés de la candidature qatarie à l’organisation du Mondial-2022, et dirige le géant des médias beIN, l’un des diffuseurs de la Ligue des champions. Il est aussi président de la Fédération asiatique de tennis. Mais en dix ans en France, il a aussi traversé des tempêtes, dans le business, le sport et les prétoires. S’il a finement négocié avec les instances du fair-play financier, il a subi quelques terribles échecs sur le terrain, notamment la fameuse “remontada” contre le Barça (4-0, 1- 6) en 2017 et a eu des démêlées avec la justice. Al-Khelaïfi attend son procès en appel en Suisse dans une affaire de droits TV impliquant l’ex-numéro 2 de la Fifa, après avoir été relaxé en première instance fin octobre 2020. Par ailleurs, il a été mis en examen en France pour “corruption active” dans l’attribution au Qatar des Mondiaux-2019 d’athlétisme - une affaire toujours en cours d’instruction. Mais le dirigeant s’attache surtout à montrer qu’il est un joueur collectif et que son club joue le rôle de locomotive. “Nous avons aussi aidé la Ligue 1 à se développer à l’international, ce qui a profité à tous les clubs et au football français dans son ensemble”, explique-t-il. “Nous avons contribué à notre manière à la promotion de la ville de Paris dans le monde. Paris c’est le PSG, et le PSG c’est Paris”, conclutil. Et Paris, c’est aussi “Nasser”.

Libé
Mardi 1 Juin 2021

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