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Des techniques pour ralentir de 20 ans la disparition de la Grande barrière de corail


Libé
Vendredi 7 Mai 2021

Rendre les “nuages brillants” et permettre aux coraux de mieux supporter la chaleur sont deux techniques susceptibles de ralentir de vingt ans la disparition de la Grande Barrière en raison du réchauffement climatique, selon des scientifiques australiens.

Le site du nord-est de l’Australie, inscrit en 1981 au patrimoine mondial de l’Unesco, risque de “se dégrader rapidement” dans les cinquante prochaines années en raison du changement climatique, selon une étude publiée dans le journal Royal Society Open Science. “Les récifs coralliens sont parmi les écosystèmes les plus vulnérables au climat”, a rappelé à l’AFP l’auteur principal de cette étude, Scott Condie. “Selon des projections modélisées, la proportion de coraux au sein du récif de la Grande Barrière de corail pourrait chuter audessous de 10% d’ici 20 ans”, a-til estimé.

Il est cependant possible de ralentir ce déclin en adoptant des programmes de grande ampleur à l’échelle planètaire, a souligné M. Condie, chercheur principal au sein de l’agence scientifique nationale australienne (CSIRO). La Grande Barrière de corail a déjà connu trois épisodes de blanchissement en cinq ans alors que la moitié a disparu, depuis 1995, en raison de la hausse de la température de l’eau. M. Condie et les autres auteurs de cet article ont modélisé l’impact que pourrait avoir la technique consistant à rendre les “nuages brillants”, testée pour la première fois l’an passé au-dessus de la Grande barrière. Elle consiste à projeter des cristaux de sel dans les nuages pour les rendre plus brillants et ainsi refroidir les eaux situées autour du récif. Ils ont également modélisé des mesures de lutte contre une espèce d’étoile de mer prédatrice qui se nourrit de coraux et proliférant avec le blanchiment qui oblige les gros poissons à migrer loin de la zone.

“Les résultats laissent penser que combiner ces mesures pourrait retarder le déclin de la Grande Barrière de corail de deux décennies ou plus”, a déclaré M. Condie. Il est “urgent” d’agir, a affirmé le scientifique tout en reconnaissant que cela nécessite des travaux “bien plus importants que ce qui a été réalisé jusqu’à présent ainsi que d’immenses investissements”. Cette modélisation part du principe que les températures mondiales n’augmenteront pas au-delà de 1,8 degré d’ici 2100, ce qui oblige les gouvernements à respecter les engagements pris dans le cadre de l’accord de Paris sur le climat.


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