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De Tevez à Riquelme, Ramon Maddoni, la science du détecteur de talents




La star argentine du foot Carlos Tevez? "Je suis allé le chercher à Fort Apache", un quartier malfamé de Buenos Aires, pour 800 euros, se souvient Ramón Maddoni, un des chasseurs de talents les plus prestigieux d'Argentine.
Outre Tevez (passé par Manchester United puis City, et par la Juventus Turin), cet ancien négociant en viande a ramené dans ses filets Fernando Redondo (Real Madrid, Milan AC), Esteban Cambiasso (Inter Milan), Juan Pablo Sorin (PSG, Juventus) et une centaine d'autres.
Au bord d'un terrain de foot du quartier de Villa del Parque, dans la capitale argentine, il montre du doigt un joueur à la frêle silhouette, un Messi miniature, qui drible trois adversaires avant de marquer. "Regarde ce gamin, c'est un phénomène", assure ce descendant d'Italiens, 77 ans, vêtu d'un survêtement bleu et jaune, les couleurs de Boca Juniors, son principal client.
"Ici, la pépinière fonctionne à plein régime, mais même le plus doué doit apprendre", prévient-il. Dans son bureau, il a encadré les maillots de clubs argentins, étrangers ou de la sélection, offerts par les joueurs qu'il a découverts.
Sur deux terrains en ciment, des garçons de 6 à 12 ans s'entraînent et s'époumonent pour célébrer les buts inscrits. Le maestro argentin sourit et assène: "Tu as vu celui-ci, le petit blond? Il a du ballon. Il faut encore lui apprendre à mieux défendre et à jouer à une touche de balle".
Cheveux blancs, des lunettes aux larges montures encadrent des yeux aiguisés. Il est également entraîneur à Boca Juniors, le club le plus populaire d'Argentine. Cette légende du football argentin a été recrutée en personne par l'ancien président de Boca Juniors, Mauricio Macri, aujourd'hui président de la République.
A Villa del Parque, il est chez lui. Tout le monde le salue et l'embrasse. Il passe sa vie au bord des terrains. Et quand il rentre chez lui, il regarde encore du football à la télévision.
"Fernando Gago (AS Rome, Real Madrid), on me l'a amené à 6 ans. Je l'ai baptisé +Pintitita+ (le beau gosse) pour son élégance, un sacré joueur. Juan Riquelme (Barcelone) je l'ai découvert à 8 ans", dit-il avec un grand sourire empreint de fierté.
Avant de se consacrer au football, il jouait au poker et son argent passait dans les paris sur les courses de chevaux. "Ce travail m'a sauvé la vie, à 37 ans, j'étais en pleine dépression après mon divorce", se souvient-il.
Le sauveur? "C'est José Batista qui m'a convaincu", le père de Sergio Batista, champion du monde avec Diego Maradona en 1986.
Il a d'abord formé des jeunes talents à Argentinos Juniors, le club formateur de Maradona. Puis pour le compte de Boca Juniors.
Son secret? "Je vois tout de suite si un gamin est bon, ou pas. En fonction de son attitude sur le terrain, de son toucher de balle".
Maddoni s'éloigne un instant du terrain, il boit un café, et y retourne d'un pas lent. Il n'arrive pas à se défaire d'une mauvaise grippe et vient d'être opéré d'un rein. Mais pas question de raccrocher ou même de prendre un congé, il pourrait laisser filer l'oiseau rare.

 

Mercredi 11 Avril 2018

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