Depuis le coup d’envoi de ce rendez-vous continental, le 21 décembre, l’activité commerciale liée aux produits dérivés connaît un engouement marqué, porté aussi bien par les Marocains que par les visiteurs étrangers.
"La demande s’est nettement intensifiée depuis le début de la compétition", observe Karim, vendeur de maillots au marché de Bab Lhad à Rabat. "Les commandes ont littéralement décollé. Les supporters veulent afficher leurs couleurs sans attendre, au rythme des matchs et des performances. Certains reviennent plusieurs fois dans la journée, simplement pour découvrir les nouveaux modèles".
A Rabat comme dans d’autres villes, le constat est partagé. Maillots officiels ou répliques, drapeaux nationaux, écharpes et bracelets alimentent un marché saisonnier en pleine effervescence. Les ateliers de confection et les entreprises locales redoublent d’efforts pour suivre la cadence.
Cette année, la concurrence est particulièrement vive. Si les drapeaux et les maillots restent des valeurs sûres, certains articles se distinguent nettement. Le long cap rouge brodé à la main aux couleurs du Royaume s’impose comme un produit phare, notamment auprès des Marocains résidant à l’étranger.
Les tarbouchs brodés continuent également de séduire par leur dimension authentique. Autre succès notable : les vestes et capuchons aux couleurs de l’équipe nationale, prisés pour affronter l’hiver tout en affirmant son soutien.
La CAN 2025 agit aussi comme un puissant catalyseur pour le commerce digital. Sur les réseaux sociaux, les initiatives entrepreneuriales se multiplient et la promotion de produits dérivés s’intensifie, en particulier autour de tenues adaptées aux conditions climatiques.
"C’est une période d’effervescence, mais surtout une opportunité économique majeure", souligne le responsable d’une boutique en ligne spécialisée. "Nous avons renforcé nos effectifs par des recrutements temporaires, réorganisé nos stocks et optimisé la logistique. La CAN n’est pas seulement un événement sportif, c’est une véritable machine économique".
Cette dynamique s’était amorcée avant même le coup d’envoi. Les consommateurs recherchent de plus en plus des produits différenciés (designs variés, personnalisations avec noms, initiales ou ornements distinctifs). Une manière d’affirmer son identité dans les tribunes, les fan zones ou les cafés.
La psychologie du supporter joue ici un rôle central. Pour beaucoup, acheter un maillot ou un drapeau dépasse le simple geste patriotique. C’est un rituel, une façon de s’immerger dans la compétition avant même d’entrer au stade.
"Les supporters achètent plusieurs maillots, pour eux, leurs enfants ou leurs proches. C’est devenu un acte presque collectif. Et ces tenues se portent désormais bien au-delà des jours de match", confirme Youssef, gérant d’une boutique de sport à Kénitra.
Dans ce contexte, même les petites entreprises locales tirent leur épingle du jeu. Les circuits de distribution de proximité se réorganisent, les stocks augmentent et les commerçants ajustent leurs offres, souvent à travers des promotions ciblées.
Si les marges unitaires restent parfois modestes, l’effet volume compense largement, notamment lors des rencontres à forte affluence et durant la phase de groupes.
Les commerçants adaptent aussi leur stratégie au rythme de la compétition. "Nous nous y préparions depuis plusieurs semaines, mais avec le début effectif des matchs, tout s’est accéléré", explique Youssef. "Chaque couleur, chaque taille, chaque accessoire devient stratégique".
Ce marché n’est toutefois pas sans risques. Surproduction, contrefaçon et forte dépendance aux performances sportives peuvent rapidement déséquilibrer l’offre.
"Lorsqu’une sélection est éliminée prématurément, certains articles deviennent difficiles à écouler", prévient Youssef. Les commerçants en sont conscients, mais assument ce pari, misant sur l’émotion collective qui précède souvent le coup d’envoi.
Au-delà de la seule logique marchande, la CAN 2025 se veut un accélérateur de l’économie locale. Dans les villes hôtes, la circulation monétaire s’intensifie, l’activité commerciale repart et l’emploi temporaire progresse.
Le marché des produits dérivés devient ainsi le reflet de la passion sportive, mais aussi le révélateur de la capacité d’un événement continental à structurer la vie économique urbaine.
Etals, boutiques et ateliers se transforment alors en véritables scènes à ciel ouvert. Le textile devient spectacle, la couleur se fait émotion, et l’acte d’achat prend une dimension collective. Pour les commerçants, chaque article exposé est une petite victoire. Il s’agit d’une preuve que, bien avant que les projecteurs ne s’allument dans les stades, l’économie a déjà trouvé son tempo.
Par Sarah Rahal (MAP)









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