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Dans son message de félicitations au nouveau président algérien, S.M le Roi réitère la main tendue du Maroc

Abdelmajid Tebboune œuvrera-t-il dans le sens de l’Histoire ?




S.M Mohammed VI a adressé un message de félicitations à Abdelmadjid Tebboune, suite à son élection à la magistrature suprême de l’Algérie.
Dans ce message, le Souverain a exprimé ses sincères félicitations et ses vœux de plein succès au président algérien dans ses hautes missions.
S.M le Roi a également réitéré son précédent appel pour ouvrir une nouvelle page dans les relations entre les deux pays voisins, sur la base de la confiance mutuelle et du dialogue constructif.
« C’est une chose très importante que le Souverain a réitérée dans son message au nouveau président algérien », a souligné Moussaoui Ajlaoui, expert associé à AMES-Center, dans une déclaration à Libe. Et de préciser que c’est la troisième fois que le Souverain tend la main aux voisins de l’Est.
En effet, S.M Mohammed VI avait affirmé, le 31 juillet dernier dans son discours du Trône, l’engagement sincère du Maroc « à garder la main tendue en direction de nos frères en Algérie, fidèles en cela aux liens de fraternité, de religion, de langue et de bon voisinage, qui unissent depuis toujours nos deux peuples frères ».
Le Souverain avait également appelé dans son discours du 6 novembre 2018 à l’occasion du 43ème anniversaire de la Marche Verte à «la normalisation des relations maroco-algériennes » et « au dialogue direct et franc avec l’Algérie sœur, afin que soient dépassés les différends conjoncturels et objectifs qui entravent le développement de nos relations ».
A cet effet, le Souverain avait proposé la création d’un mécanisme politique conjoint de dialogue et de concertation.
Pourtant, la question que tout le monde se pose aussi bien en Algérie qu’au Maroc est la suivante : Est-ce que le nouveau président algérien pourra s’émanciper du joug de l’institution militaire et sécuritaire et œuvrer à la normalisation des relations avec le Maroc ?
Les déclarations qu’il a faites durant la campagne électorale, ainsi que celles qu’il a accordées à la presse juste après l’annonce des résultats du scrutin présidentiel contesté par la majorité du peuple algérien laissent entendre qu’il pourrait  suivre la ligne politique officielle entretenue par l’institution militaire et sécuritaire depuis des années et marquée par une haine viscérale envers le voisin de l’Ouest.
Rappelons que durant la campagne électorale, Abdelmajid Tebboune, qui fut Premier ministre d’Abdelaziz Bouteflika, avait attaqué le Maroc et exigé pour relancer le dialogue entre les deux pays, que celui-ci fasse son mea-culpa et demande pardon aux Algériens, parce qu’il avait pris sa décision souveraine de fermer ses frontières après l’attaque terroriste commise en 1994 à Marrakech par des ressortissants algériens.
« Certes, les déclarations d’Abdelmajid Tebboune relatives aux relations maroco-algériennes ont été très négatives durant la campagne électorale », a souligné Moussaoui Ajlaoui, estimant  qu’« il ne faut pas juger le nouveau président sur la base des déclarations qu'il a faites pendant cette campagne ». Selon lui, il faudra attendre les mois prochains pour voir s’il y aura un changement substantiel dans la politique étrangère de l’Algérie envers le Maroc allant dans le sens de l’Histoire et, par là, dans celui des intérêts communs aux deux peuples.
Par ailleurs, notre interlocuteur a reconnu que l'élection d’Abdelmajid Tebboune signifie que « l’ancien régime algérien garde sa mainmise sur la vie politique, en dépit de la révolte du peuple algérien entamée depuis février dernier pour changer ce système ».
Pour ce spécialiste des relations maroco-algériennes, la faible participation du peuple algérien à ces élections, en particulier dans la plupart des grandes villes, affaiblit politiquement le nouveau président et rétrécit largement sa marge de manouvre. « Ses décisions et ses déclarations seront largement tributaires de l'establishment militaire et sécuritaire algérien », a conclu Moussaoui Ajlaoui.

Frontière fermée depuis un quart de siècle

La frontière entre le Maroc et l’Algérie est fermée depuis 1994 et les relations entre les deux pays sont au plus bas puisque la dernière rencontre entre leurs chefs d’Etat remonte à 2005.
Sans revenir sur les raisons qui ont sous-tendu cette fermeture, ni sur la désignation de celui ou de celle qui l’a ordonnée et mise en application, il faut noter que cette décision a induit un gâchis économique dont les deux peuples continuent à payer le lourd tribut.
En effet, malgré leur potentiel économique, le Maroc et l’Algérie perdent annuellement entre 1 et 2% de leurs points de PIB et leurs opérateurs économiques d’importantes opportunités d’échanges et, partant, davantage de possibles gains de productivité et de croissance.
Autre fait paradoxal, l’axe Alger-Rabat est au centre d’une Union du Maghreb arabe dont l’un des objectifs est la libre circulation des biens et des personnes ainsi que l’harmonisation des règlements douaniers afin d’instaurer une zone de libre-échange à même de booster fortement les économies de l’ensemble de la sous-région.
Dans une conjoncture internationale où la stratégie des blocs régionaux constitue désormais l’un des outils de prédilection usités pour faire face aux défis que la mondialisation implique, la fermeture des frontières terrestres des deux pays apparaît ainsi comme une position irrationnelle qui empêche toute mise en commun des potentialités et des forces de chacun des deux pays frères en vue de  profiter des opportunités que leur proximité géographique offre et d’instaurer la nécessaire stabilité que tout développement autocentré exige.
Toute coopération fondée sur la réciprocité et sur des échanges gagnant/gagnant, passe, en effet,  par une liberté de circulation créatrice de stabilité et de prospérité ; les échanges et la paix, comme le rappelait avec force Montesquieu, se renforçant mutuellement.
H.T

Mourad Tabet
Mardi 17 Décembre 2019

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1.Posté par Nasser le 17/12/2019 12:45 (depuis mobile)
Le Maroc ne présente aucun intérêt particulier pour l'Algérie. Il faut laisser les choses comme elles sont.

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