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Commémoration aujourd’hui du 15ème anniversaire des attentats de Casablanca

Une vigilance à toute épreuve pour déjouer les sinistres desseins terroristes




Le Maroc commémore aujourd’hui le 15ème anniversaire des attentats terroristes qui ont frappé Casablanca en 2003 faisant une quarantaine de morts et une centaine de blessés.
Leurs cibles ont été soigneusement choisies : un hôtel et un restaurant accueillant des clients étrangers, le bâtiment de l'Alliance israélite, le cimetière juif de la ville ainsi que le consulat de Belgique à Casablanca.
Leurs auteurs : des jeunes issus du bidonville de Sidi Moumen. Quatorze Casablancais qui ont fait  rentrer le nom de leur quartier dans la postérité de la plus sombre des manières. Agés de 20 à 23 ans, ils avaient mené une série d'attaques suicide dans toute la ville.
Pour la première fois de son histoire, le Maroc venait d’être ainsi touché par des attentats terroristes qui, le temps d'une soirée, ont ciblé plusieurs points de la ville.
Au restaurant "La Casa de Espana", un vigile s’est fait poignarder à l'entrée de l'établissement et les terroristes, sitôt  à l’intérieur de l’établissement, déclenchèrent leurs bombes. Vingt personnes sont tuées, en majorité des Marocains musulmans qui dinaient paisiblement.
A l'hôtel Farah, c'est un vigile et un portier qui décédèrent suite aux explosions.
L'ancien cimetière israélite de Casablanca fit également partie des cibles. L'un des terroristes se fit exploser à une centaine de mètres des lieux, près d'une fontaine, tuant trois personnes. Une autre attaque a visé un restaurant italien dont le patron était de confession juive, tandis qu'un autre  terroriste se fit exploser près du consulat belge en emportant deux policiers avec lui.
Une attaque n'a néanmoins pas fait de victimes : Deux terroristes se firent exploser dans un centre social hébraïque, fermé ce jour-là.
L’hydre était donc tapie à Casablanca, prête à commettre le plus abject et le plus vil des actes : celui de donner la mort à autrui sans raison aucune, ni justification  valable.
N’eussent été la vigilance à toute épreuve des forces de sécurité et la mobilisation de tous les Marocains, elle aurait pu frapper davantage et peut-être de plus en plus fort.
La mobilisation doit donc demeurer au même diapason qu’elle a été depuis lors pour faire échec aux tristes desseins des terroristes, fussent-ils des fous d’Allah ou de simples fous furieux.

Devoir de mémoire

L’estafilade est toujours là. Aussi apparente et aussi abjecte qu’elle l’a toujours été depuis les évènements tragiques du 16 mai 2003. 
Les nombreux démantèlements de cellules terroristes en gestation par les services de sécurité sont là pour nous rappeler que le danger continue à nous guetter, qu’il ne faut pas que nous baissions la garde et que nous avons l’obligation de continuer à combattre par tous les moyens légaux, les idéologies qui prônent la haine, la violence et le terrorisme. 
Rien, en effet, ne peut justifier l’indicible. Surtout quand il s’édulcore de ces déviances abjectes. Encore faut-il essayer d’analyser les conditions sociopolitiques qui ont permis à cette idéologie de naître, en gardant à l’esprit que les facteurs sociologiques sont des phénomènes complexes, qui ne sont pas nés du jour au lendemain, mais des processus dynamiques qui s’accumulent au fil du temps. Ceci d’autant plus que dans sa version terroriste, l’extrémisme participe d’une idéologie du prosélytisme et de l’exclusion dont la propagande exploite la misère et l’ignorance d’autrui pour pousser à l’irréparable. Mais, contrairement à d’autres formes de terrorisme, celui que nous vivons aujourd’hui et qui intervient sous le couvert de la religion, prend pour cible les symboles de la modernité et du progrès, s’attaque aux institutions et édifices publics et n’exclut personne. Les terroristes ne croient ni en l’Etat, ni à la patrie. Pour eux, la mort n’est rien d’autre qu’un simple fait de propagande. L’être humain en soi n’a de valeur que comme chair à canon qui ne coûte presque rien pour ses commanditaires hormis une promesse de paradis éventuel. C’est, tout au plus une arme de destruction qui  cause énormément de dégâts et permet d’installer un climat de peur, d’instabilité et de terreur. D’où l’absolue nécessité d’immuniser le tissu social et la vie politique contre toute forme d’extrémisme. L’école, la mosquée, l’espace associatif et partisan, bref tous les champs de l’action sociale doivent être investis par les forces du progrès et de la modernité. Ce n’est ni en profanant le religieux, ni en sacralisant le profane que l’on pourrait régler les questions du développement. C’est par l’effort collectif et quotidien et par la démocratie qu’on y arrivera. Chacun doit donc choisir son camp. Avec courage et en toute connaissance de cause.

H.T
Mercredi 16 Mai 2018

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