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Clap de fin pour la retraite des parlementaires




Un accord a été obtenu sur la mise en application d'une série de mesures pour la liquidation définitive du régime de retraite des parlementaires à l'issue d'une réunion tenue mercredi dernier à la Chambre des représentants entre le président de celle-ci, Habib El Malki, et les présidents des groupes et du groupement parlementaires, et ce en présence de responsables de la Caisse de dépôt et de gestion (CDG).

Commentant cette décision, Aziz Khamrich, professeur de droit public à la Faculté de droit de Settat, a mis l’accent sur deux points de vue diamétralement opposés en ce qui concerne les retraites des parlementaires et des ministres. Selon lui, il y a un courant qui considère que les ministres et les parlementaires ont«le droit de bénéficier de pensions mensuelles après la fin de leur service ou de leur mandat», puisqu’ils ont cotisé aux caisses qui gèrent ces retraites. Il y a, par contre, un autre courant qui qualifie, selon cet expert en droit administratif, ce genre de pensions de «rente et de gaspillage des deniers publics».

Aziz Khamrich a affirmé à ce propos que «la crise et la croissance des dépenses publiques ont exigé que l’Etat cède la gestion des secteurs publics stratégiques et vitaux au profit du secteur privé dans le cadre de la gestion déléguée». Dans ce contexte marqué par la crise économique et sociale, le régime de retraite des parlementaires qui pèse lourdement sur le budget de l’Etat, constitue une source «d’enrichissement illégal, tant que le parlementaire n'est pas un fonctionnaire et n'est pas soumis au statut général de la fonction publique, notamment le Dahir du 24 février 1958, mais exerce un mandat volontaire consistant à contrôler l’action du gouvernement, à contribuer à l'élaboration des lois et à évaluer les politiques publiques, et il reçoit un salaire mensuel tout au long de son mandat électoral», a-t-il expliqué dans une déclaration à Libé.

D’après ce professeur universitaire, les protestations se sont multipliées et les voix se sont élevées réclamant la suppression de ce régime surtout après que le parti majoritaire (à savoir le PJD, ndlr) a gelé les salaires et réformé la Caisse marocaine des retraites (CMR)», soulignant que «le parti majoritaire, que ce soit lors de son premier ou de son deuxième mandat, a pris une série de décisions impopulaires et mis en œuvre sa politique catastrophique. Il a même faussé le jeu politique et n'a présenté au peuple marocain qu'un discours misérabiliste puisant dans le jargon animalier».

Aziz Khamrich a fortement critiqué le fait que l'ancien chef du gouvernement (Abdelilah Benkirane) bénéficie «d'une retraite confortable à laquelle il n'a même pas contribué par un seul dirham»,tout en appelant à «la répartition équitable des richesses» et à «la rationalisation de la gestion du budget de l'Etat et à la lutte contre les salaires imaginaires, les privilèges et l'économie de la rente de manière globale et non partielle, afin de mettre en œuvre la disposition constitutionnelle qui relie la responsabilité à la reddition des comptes».

T. Mourad

T. Mourad
Dimanche 18 Octobre 2020

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1.Posté par Amina le 19/10/2020 13:06
Tout à fait juste. Je salue docteur khamrich pour ses prises de positions visant à stopper cette hégémonie. Le régime de retaite en place, passe par des difficultés qui vont être augmentées aussi bien par la masse de départ à la retraite que par les retraites anticipées que, les années à venir vont connaître. En plus des difficultés à résoudre les paramètres de fonctionnement et de diversité entre la CMR, la RCAR, la CNSS et la CIMR qui joue le rôle d'un régime supplémentaire dans le privé.
Aussi, il est souhaitable, de permettre à la société
civile et aux associations de retraités, l’opportunité de participer aux discussions par le système de propositions, au Parlement au lieu des pétitions.

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