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"Adapter les politiques publiques à la famille contemporaine n’est pas un simple impératif social ; c’est une condition de la justice sociale, de la solidarité nationale et de la préparation de l’avenir. Car en comprenant mieux la famille d’aujourd’hui, c’est la société marocaine de demain que nous préparons", a dit M. Benmoussa lors d'une conférence-débat, organisée par le Haut-Commissariat au plan (HCP) pour présenter les résultats de l'Enquête nationale sur la famille (ENF 2025).
Les résultats de cette enquête, a-t-il fait savoir, mettent en évidence une recomposition progressive des modèles familiaux, marquée par la prédominance croissante des structures centrées sur le noyau parental et le recul des formes de cohabitation élargie.
Ces résultats confirment, par ailleurs, que la famille demeure au cœur de la société marocaine, en tant qu’espace de solidarité, de protection et de transmission intergénérationnelle des valeurs, tout en étant confrontée à de nouvelles formes de vulnérabilité, a indiqué M. Benmoussa.
Revenant sur quelques chiffres de ladite enquête, le Haut-Commissaire au plan a noté que 73% des ménages relèvent du modèle familial nucléaire, contre moins de 61% en 1995, ce qui indique une polarisation accrue du groupe domestique autour du noyau parental.
Selon lui, l'augmentation des couples sans enfant vivant avec eux, de 3,4% en 1995 à 9,4% en 2025, est largement portée par l’essor des "nids vides" et le vieillissement.
M. Benmoussa a également fait état du recul de la proximité résidentielle et de la reconfiguration des solidarités. Il a relevé que la dynamique matrimoniale est traversée par un recul déclaré du projet de mariage et par des contraintes matérielles marquées.
"Parmi les célibataires, près de 52% ne souhaitent pas se marier, principalement les hommes. L’âge moyen au premier mariage atteint 26,3 ans pour les femmes et 33,3 ans pour les hommes. Entre 1995 et 2025, les mariages entre apparentés ont reculé, passant de 29,3% à 20,9%. Le mariage dans la même commune est en recul, signe d’une plus grande mixité sociale et géographique", a précisé le Haut-Commissaire au plan.
M. Benmoussa a aussi fait savoir que l'enquête révèle que la famille demeure le principal cadre de vie des seniors et que la mobilité sociale intergénérationnelle demeure élevée, mais elle semble davantage portée par la transformation de la structure économique que par l’égalité des chances.
"Afin de mieux appréhender les interactions entre transformations familiales, conditions de vie, travail et division sexuée des activités domestiques et professionnelles, le HCP a veillé à lancer simultanément, en plus de l’ENF, des enquêtes sur le niveau de vie des ménages, sur la main-d’œuvre et sur l’emploi du temps. On s’oriente vers une approche plus globale qui permettrait des croisements et des recoupements à même d’aider à une meilleure compréhension de phénomènes complexes et à l’élaboration et à l’adaptation de politiques publiques en relation avec ces sujets", a-t-il expliqué.
Le recoupement des enseignements de l’ENF 2025 avec ceux de l’Enquête nationale sur le niveau de Vie 2025/2026, actuellement en cours, est essentiel pour relier les transformations des structures familiales à leurs implications concrètes sur les conditions de vie, a fait valoir M. Benmoussa.
Concernant le recoupement avec l’Enquête nationale sur la main-d’œuvre 2026, il est indispensable pour relier les transformations familiales aux conditions d’emploi, a-t-il jugé, ajoutant que les résultats de l’ENF 2025 montrent que le report du mariage, la baisse de la fécondité, les stratégies de cohabitation et le recours aux aides intrafamiliales sont étroitement liés aux contraintes économiques.
Quant au recoupement entre l’ENF 2025 et l’Enquête sur l’emploi du temps 2026, actuellement en cours de lancement sur le terrain, il permettrait de relier les transformations familiales aux usages concrets du temps au sein des ménages, d’après le Haut-Commissaire au plan.
Avec un échantillon probabiliste de 14.000 ménages, construit sur la base des districts de recensement du RGPH 2024, l’ENF 2025 s’est appuyée sur un plan de sondage destiné à garantir la représentativité de l’ensemble des régions et des catégories sociales du Royaume.
La collecte s’est déroulée du 5 mai au 24 septembre 2025, en mode CAPI, renforçant la qualité par l’intégration de contrôles automatiques et facilitant le suivi et la détection précoce d’anomalies.
Ladite enquête a été élaborée selon un cadre conceptuel harmonisé, articulant des dimensions démographiques, sociales, économiques et culturelles. Ses modules couvrent notamment la composition des ménages, les dynamiques conjugales, la fécondité, les solidarités intergénérationnelles, les réseaux familiaux, les parcours familiaux, les perceptions et valeurs autour de la famille, la mobilité sociale, ainsi que l’usage du numérique dans les relations familiales.










