Dans un Liban en deuil, l'atmosphère est tout autre. A Beyrouth, des secouristes fouillent toujours les décombres à la recherche de victimes des frappes menées simultanément par Israël sur plusieurs régions libanaises mercredi.
Ces attaques font peser un "grave danger sur le cessez-le-feu et les efforts menés en faveur d'une paix durable", a souligné le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, à la veille de négociations prévues entre Iraniens et Américains au Pakistan.
Après Paris et Londres, la cheffe de la diplomatie de l'Union européenne, Kaja Kallas, a martelé que la trêve de deux semaines convenue entre Washington et Téhéran devait "inclure le Liban".
Ce pays "ne doit pas être la victime expiatoire d'un gouvernement (israélien, NDLR) contrarié parce qu'un cessez-le-feu a été trouvé entre les Etats-Unis et l'Iran", a estimé le chef de la diplomatie française Jean-Noël Barrot.
Plus de 200 morts
Ces frappes, en particulier celles menées sans avertissement sur des zones résidentielles au coeur de Beyrouth, ont fait plus de 200 morts et un millier de blessés, selon un nouveau bilan du ministère de la Santé.
L'armée israélienne indique avoir notamment tué le secrétaire du chef du Hezbollah, Naïm Qassem.
Et elle a poursuivi jeudi ses frappes sur le sud du pays, faisant au moins cinq morts, d'après les autorités libanaises.
Le Hezbollah, qui n'avait plus revendiqué d'attaque contre Israël depuis le début de la trêve, a annoncé de son côté avoir répliqué par des roquettes sur Manara, une localité israélienne bordant le Liban.
Ces "violations sapent l'esprit du processus de paix", avait déploré mercredi le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, médiateur dans le conflit au Moyen-Orient, pour qui la trêve s'applique "partout, y compris au Liban". Ce que démentent Israël et Washington.
"Si l'Iran veut que cette négociation capote à cause" du Liban "qui n'a rien à voir avec eux, et dont les Etats-Unis n'ont jamais dit qu'il faisait partie du cessez-le-feu, c'est leur choix", a lancé le vice-président américain JD Vance.
Mais pour Téhéran, ce cessez-le-feu au Liban est une "condition essentielle" de la trêve.
La situation reste par ailleurs confuse autour du détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique quasi fermée par l'Iran depuis le début de la guerre et dont la réouverture était une condition du cessez-le-feu.
Les Gardiens de la Révolution iraniens ont annoncé jeudi que les navires devaient emprunter deux tracés proches des côtes iraniennes, selon eux pour éviter des mines.
Paris a estimé qu'il serait "illégal" d'instaurer un péage dans ce goulet en eaux internationales.
Peu avant, la porte-parole de la Maison Blanche avait averti qu'il serait "inacceptable" que l'Iran bloque à nouveau le détroit, après qu'un média iranien a annoncé sa fermeture, pas confirmée par les autorités.
Mercredi, quelques navires ont franchi le détroit par lequel transite habituellement 20% de la consommation mondiale d'hydrocarbures.
Sur les marchés, la bouffée d'espoir qui avait accompagné l'annonce d'une trêve n'a pas duré. Les prix du pétrole remontaient d'environ 2% jeudi matin, toujours en-dessous de 100 dollars le baril, après avoir chuté d'environ 15% mercredi.










