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Biden s'attaque aux forages de pétrole et de gaz aux Etats-Unis





Déterminé à mettre en oeuvre son plan pour le climat, Joe Biden devait annoncer mercredi des mesures contre les forages de gaz et de pétrole sur les terres fédérales américaines, selon plusieurs médias et un mémo de la Maison Blanche. L'administration du président démocrate a rédigé un texte imposant un moratoire sur l'octroi de nouvelles concessions pour des forages pétroliers et gaziers sur les terres et les eaux appartenant au gouvernement, d'après le Washington Post. Si le moratoire n'aura pas d'impact sur les concessions déjà accordées, il permettra à Joe Biden de tenir une de ses promesses de campagne. Les Etats-Unis devraient aussi s'engager à préserver l'intégrité de 30% des terres et des eaux fédérales d'ici 2030, afin d'enrayer la perte de la biodiversité, selon plusieurs médias américains. Près d'un quart des émissions de dioxyde de carbone aux Etats-Unis proviennent d'énergie produite sur des terrains fédéraux, note un rapport gouvernemental de 2018. Et l'octroi de concessions pétrolières, gazières, ou d'extraction de charbon a généré près de 11,7 milliards de dollars de revenus pour le gouvernement américain en 2019, selon les chiffres du département de l'Intérieur. Avec cette série de mesures, Joe Biden se rapproche ainsi de manière concrète de son objectif d'abandon progressif des énergies fossiles, et d'une neutralité carbone dans le secteur énergétique d'ici 2035 et dans l'ensemble de l'économie d'ici 2050. Mais certaines associations environnementales, comme l'ONG Oceana, souhaitent que le nouvel hôte de la Maison Blanche aille encore plus loin, transformant le moratoire sur les forages en une interdiction permanente. "En protégeant de façon pérenne nos côtes de forages polluants en pleine mer et en privilégiant des sources renouvelables d'énergie, comme l'éolien en mer, on peut simultanément combattre le changement climatique et garantir une économie verte pour nos littoraux", explique Diane Hoskins, porte-parole d'Oceana sur le sujet. Le projet présidentiel a aussi provoqué de vives critiques dans l'industrie des énergies fossiles. "Limiter l'exploitation (d'énergies fossiles)sur les terres et les eaux de l'Etat ce n'est rien de moins qu'une politique visant à «importer davantage de pétrole »", lance Mike Sommers, président de la plus grande fédération des professionnelles de l'industrie pétrolière et gazière aux Etats-Unis. "La demande en énergie va continuer à s'accroître, notamment avec l'amélioration de la situation économique, et nous pouvons choisir de produire cette énergie ici aux Etats-Unis ou de dépendre de pays étrangers hostiles aux intérêts américains", poursuit-il. Joe Biden devrait donner au changement climatique le statut de "priorité de sécurité nationale" et reconstituer un groupe d'experts en science et technologie chargé de le conseiller, indique un mémo de l'exécutif consulté par l'AFP. Il annoncera aussi un sommet sur le climat réunissant des dirigeants internationaux aux Etats-Unis le 22 avril, jour de la Terre et date du cinquième anniversaire de la signature de l'accord de Paris, selon la même source. Ce sera l'occasion pour la première puissance mondiale de "s'asseoir à la table des discussions avec les autres" afin de faire avancer la lutte contre le réchauffement climatique, avant que se tienne la grande conférence de l'ONU sur le climat (COP26) au Royaume-Uni en novembre, souligne David Waskow du World Resources Institute. L'expert s'attend à ce que les Etats-Unis rehaussent leurs objectifs environnementaux, avec comme horizon potentiel une baisse de 50% des émissions totales de gaz à effet de serre d'ici 2030, par rapport aux niveaux de 2005. Le président démocrate doit par ailleurs présenter au Congrès le mois prochain son plan de 2.000 milliards de dollars pour le climat, censé placer durablement les mesures vertes au coeur de l'économie américaine. Il pourrait cependant faire face aux réticences des élus républicains, même si un accord bipartite reste envisageable. "Il ne faut pas oublier que des Etats comme le Texas et le Wyoming ont aussi un fort potentiel éolien", indique Sherri Goodman, qui a travaillé sur les questions environnementales sous l'administration Obama. "L'accélération de la fonte des glaciers, de la banquise, l'effondrement du permafrost (sols gelés en profondeur) et l'augmentation des températures soulignent l'importance de la reconnaissance du climat comme élément essentiel de notre politique étrangère", ajoute-t-elle


Libé
Mercredi 27 Janvier 2021

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