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Anne Hidalgo, la maire socialiste de Paris qui vise l’Elysée

Je ne fais pas partie des gens nés dans le milieu du pouvoir mais j’ai eu la chance de bénéficier de cette promesse républicaine, cette égalité réelle à travers l’école


Anne Hidalgo, la maire socialiste de Paris qui vise l’Elysée
La socialiste Anne Hidalgo, maire de Paris confortablement réélue en 2020 mais à l'image clivante, met en avant ses origines modestes et sa gestion municipale, notamment écologique, pour se placer dans la course à la présidentielle française d'avril.

A 62 ans, celle qui affirmait il y un an n'avoir aucune ambition présidentielle s'est lancée dimanche, notamment sous la pression de son parti où elle est une figure en tant que dirigeante de la première ville de France, bastion socialiste depuis 20 ans.

 "Je suis née en Espagne d'un papa électricien et d'une maman couturière", rappelle cette native de San Fernando à la pointe sud de l'Espagne. Arrivée en France, à Lyon, à l'âge de deux ans, Ana devient Anne et obtient la nationalité française à 14 ans.

"Je ne fais pas partie des gens nés dans le milieu du pouvoir" mais "j'ai eu la chance de bénéficier de cette promesse républicaine", "cette égalité réelle à travers l'école", explique-t-elle.

Dans un pays centralisé comme la France où les Parisiens sont souvent caricaturés comme riches, arrogants ou méprisants envers la province, elle aime se présenter comme populaire. "Je suis l'émanation du peuple de Paris" et "non une incarnation de l'élite parisienne", "montée" de Lyon à Paris "pour le boulot, comme beaucoup de Parisiens".

Elue de Paris depuis 2001, elle est devenue maire en 2014 et a été largement réélue en 2020, portée par une plateforme de gauche. Même si elle ne les a pas directement gérées, elle a été aux premières loges pendant les épreuves qui ont frappé Paris, comme les attentats de 2015, l'incendie de Notre-Dame ou les manifestations des Gilets jaunes.

Dans un entretien au quotidien britannique The Guardian, elle comparait son office à piloter un catamaran par un vent de force 7 à 9 sur l'échelle de Beaufort, juste en dessous de la tempête.

Interdiction des voitures diesel d'ici 2024, piétonnisation d'une partie des quais de Seine, multiplication des pistes cyclables, limitation de la vitesse à 30km/h: elle a peu à peu fait de son engagement "vert" sa marque de fabrique.

Au niveau national, c'est d'ailleurs "la transition écologique, la transformation de notre modèle économique et énergétique" qu'elle veut mettre au coeur de sa campagne, assurant avoir réduit les émissions polluantes parisiennes en 2018 par rapport à 2014.

"On m'a caricaturée en +antibagnole+, alors que je suis antipollution", écrit-elle dans son livre "Une femme française", à paraître le 15 septembre, alors que la circulation est devenue difficile dans Paris, notamment pour les banlieusards des villes voisines.

Mais elle est aussi critiquée sur la multiplication anarchique des vélos et trottinettes, sa politique de travaux publics, la saleté des rues, la prolifération des rats ou la hausse de la délinquance.
"Madame Hidalgo est responsable de l'explosion de la délinquance des mineurs à Paris", a par exemple déclaré vendredi Rachida Dati, figure de la droite parisienne.

Ses critiques dénoncent aussi son  autoritarisme. "J'ai le même caractère que mon père, explosif !", disait-elle en 2013. Mais cette féministe note aussi que souvent "l'autorité d'un homme devient l'autoritarisme d'une femme".
Ses soutiens défendent au contraire "son écoute" et sa "capacité à rassembler".

Elle "a une capacité à comprendre les difficultés des Français", analyse le premier secrétaire du PS Olivier Faure. C'est "une force tranquille", dit-il, reprenant le fameux slogan de François Mitterrand, grand figure tutélaire du Parti socialiste, lors de sa première campagne présidentielle victorieuse en 1981.

Ses partisans saluent aussi la "stature internationale" de celle qui a géré pendant quatre ans le réseau des plus grandes villes du monde et qui a obtenu l'attribution des JO à Paris en 2024.

"Quand John Kerry (envoyé spécial des Etats-Unis pour le climat) vient à Paris, c'est Anne Hidalgo qu'il rencontre", se félicitent ses proches.

Mais elle peut aussi faire montre d'un langage fort peu diplomatique, lorsque par exemple en mai 2016 elle lance aux journalistes à Londres à propos du futur président américain, qui n'est pas encore élu, "M. Trump est tellement stupide, mon dieu !".

Libé
Dimanche 12 Septembre 2021

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