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Ancelotti, entraîneur tout en rondeur retrouve de la hauteur

Entre ces souvenirs et ses attaches familiales, le technicien italien avait toutes les raisons de retrouver un jour la Maison blanche



Ancelotti, entraîneur tout en rondeur retrouve de la hauteur
“Carlo ne s’énerve jamais”: signée Paolo Maldini, la phrase résume la personnalité de l’entraîneur Carlo Ancelotti, adepte du management doux qui reprendra la saison prochaine les rênes du Real Madrid pour reconstruire l’équipe après une saison blanche, la première depuis 2015. Après une courte expérience à Everton, “Il Mister” italien retrouve à 61 ans un club qu’il a déjà entraîné deux ans (2013-2015) et qui paraît davantage à la hauteur de son palmarès: trois Ligues des champions et un sacre national dans quatre des cinq grands championnats où il a exercé (Italie, Angleterre, France, Allemagne). Ne manque que la Liga... Une collection de trophées accumulée grâce à un style tout en flegme et retenue, que seul son fameux sourcil gauche levé trahit à l’occasion. La méthode, qui a fait ses preuves, a moins fonctionné ces dernières années, en témoignent ses points de chute à Naples puis Everton, des clubs d’un standing inférieur aux habitudes de l’Italien après son échec -relatif- à la tête du Bayern Munich où il a remporté la Bundesliga en 2017 en prenant la succession de Pep Guardiola.

“Carletto” avait été éjecté de Bavière après une sèche défaite 3-0 contre le PSG en phase de groupes de Ligue des champions en 2017. Il s’était mis à dos une partie du vestiaire, en particulier les anciens, Franck Ribéry, Arjen Robben et Thomas Müller. Une première pour Ancelotti réputé pour sa proximité avec ses joueurs. Maldini, l’ancien capitaine de l’AC Milan, a décrit par le passé son entraîneur d’alors comme un “gentil gros ours” incapable de coups de sang: “Ça ne peut arriver que quand il mange car une fois qu’il tient une fourchette, il faut une armée pour l’arrêter!” Ce calme, cette bonhomie, et aussi une immense expérience avaient valu à Ancelotti le soutien et l’affection des poids lourds du Real lors de son premier passage, dont Cristiano Ronaldo. Cela n’avait pas suffi en 2015 à sauver sa tête après une fin de saison décevante du club espagnol, qu’il a pourtant guidé en 2014 vers sa dixième C1, la tant attendue “Decima”.

Entre ces souvenirs et ses attaches familiales —son épouse est hispano-canadienne—, Ancelotti avait toutes les raisons de retrouver un jour la Maison blanche. D’autant que son remplaçant, l’Espagnol Rafael Benitez, n’avait pas convaincu. Et qu’avec Zinédine Zidane, l’adjoint de l’Italien pendant une saison, c’est finalement un entraîneur au style similaire à celui d’Ancelotti qui a mené le Real à un triplé historique en Ligue des champions (2016-2018). De fait, l’expérimenté Italien au physique empâté, à l’épaisse chevelure plus sel que poivre et aux traits d’humour ravageurs, a appliqué la même recette gagnante dans tous ses précédents clubs, où il a souvent endossé le costume de pacificateur. Au Real (2013-2015), ses talents de diplomate ont aidé à panser les plaies d’un vestiaire mis à feu et à sang par son prédécesseur, José Mourinho. Au Paris SG, où il signe en décembre 2011, il a échoué la première année à remporter le championnat de France avant d’y parvenir en 2013. Surtout, le technicien s’était échiné à aplanir les tiraillements dans l’effectif, se montrant souple avec les stars comme Zlatan Ibrahimovic et paternaliste avec les espoirs comme Marco Verratti. A Chelsea, propriété de l’exigeant magnat russe Roman Abramovitch, il a décroché le titre de champion d’Angleterre en 2010 dès sa première année et même réalisé un doublé inédit avec la Cup, avant d’être remercié en 2011. Le club de sa vie reste cependant l’AC Milan, où l’enfant de Reggiolo, dans le nord de l’Italie, s’est révélé. D’abord joueur de l’ombre entre 1987 et 1992 puis entraîneur entre 2001 et 2009, le technicien a passé 13 ans dans le club lombard, où il s’est rompu à la diplomatie -et aux intrigues- de couloir. Comme joueur, ce milieu besogneux a gagné deux Ligues des champions (1989 et 1990) sous les ordres du légendaire Arrigo Sacchi. Comme entraîneur, il a dépoussiéré le palmarès des Rossoneri avec une Coupe d’Italie en 2003, un titre de champion en 2004 et deux Ligues des champions en 2003 et 2007, outre une finale homérique perdue en 2005 contre Liverpool.

Avant Milan, Ancelotti a joué à Parme puis à la Roma et a été international à 26 reprises. Et ses expériences sur le banc l’ont mené à la Reggiana (où il a débuté, en Série B, en 1995), à Parme et à la Juventus, où il ne s’est pas imposé entre 1999 et 2001. Il a également été adjoint de son mentor, le sélectionneur italien Arrigo Sacchi, au Mondial-1994, achevé à la troisième place.

Libé
Vendredi 4 Juin 2021

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