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Alger ne sait plus à quel allié se vouer



Boukadoum parti en catastrophe quémander le soutien de Prétoria



Le ministre des Affaires étrangères, Sabri Boukadoum, a effectué une visite de travail de deux jours en Afrique du Sud pour solliciter l’appui de ce pays africain dans la sale guerre que mènent l’Algérie et ses sbires depuis des années contre le Maroc et son intégrité territoriale. En effet, la question du Sahara marocain a été le point principal de cette visite. Selon l’agence de propagande du régime algérien, APS, qui a relayé un communiqué commun, Sabri Boukadoum et la ministre sud-africaine des Relations internationales et de la Coopération, Naledi Pandor, «ont débattu, mardi à Pretoria, de la question du Sahara et réaffirmé leur "plein appui" à la nomination immédiate d'un nouvel envoyé personnel du Secrétaire général des Nations unies» pour le Sahara. Ce poste est vacant depuis la démission de l'ancien émissaire, l'Allemand Horst Kohler, en mai 2019, alléguant des raisons de santé. Cette agence a ajouté que «les deux ministres se sont déclarés "gravement préoccupés par l'escalade des tensions militaires" au Sahara marocain. Et de réaffirmer "leur position qui consiste à parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable, qui assurera l'autodétermination du peuple du Sahara, à travers la tenue d'un référendum libre et équitable, conformément à la résolution 690 (1991) du Conseil de sécurité et des résolutions ultérieures». Commentant cette information, Moussaoui Ajaloui, expert associé à Ames-Center, a souligné dans une déclaration à Libé que l’Algérie est de plus en plus isolée et esseulée sur la scène arabe, africaine et internationale et cherche à donner un nouvel élan à sa diplomatie qui a essuyé des revers ces derniers mois dans l’affaire du Sahara marocain, notamment après la reconnaissance par les Etats-Unis de la souveraineté pleine et entière du Royaume du Maroc sur son Sahara. «Selon certaines sources médiatiques, Sabri Boukadoum s’est rendu en Afrique du Sud pour rencontrer des dirigeants de l’ANC qui ont de bonnes relations avec quelques Démocrates en vue de pousser le nouveau président américain, Joe Biden, à revenir sur la décision de son prédécesseur concernant le Sahara marocain», a expliqué Moussaoui Ajaloui, ajoutant qu’il est peu probable que cela arrive, vu que le sous-secrétaire d'Etat américain en charge des questions du Proche-Orient et de l'Afrique du Nord, David Schenker, avait souligné dans sa visite au Maroc la semaine dernière que les relations entre le Maroc et les Etats-Unis sont stratégiques et institutionnelles. Selon ce chercheur spécialiste des affaires africaines, une autre raison qui pourrait expliquer le déplacement du ministre algérien à Pretoria serait de sauver son poste. L’on sait que la presse algérienne a fortement critiqué Sabri Boukadoum pour son inefficacité et son échec dans la gestion de l’affaire du Sahara marocain et qu’il pourrait être viré de son poste comme c’était le cas du général-major Mohamed Bouzit dit «Youssef», chef de Direction générale de la documentation et de la sécurité extérieure (DGDSE) qui a été démis de ses fonctions il y a quelques jours parce qu’il a échoué dans la gestion des questions régionales comme le dossier libyen et le dossier du Sahara marocain. Il a été vivement critiquée ces dernières semaines, quand son inefficacité a été clouée au pilori de la part même de médias proches du pouvoir. Ce à quoi Boukadoum avait réagi en promettant qu’avec «le retour du président Abdelmadjid Tebboune, l’Algérie va passer à la vitesse supérieure». Par ailleurs, Moussaoui Ajaloui a souligné que les événements qu’a connus l’Algérie ces derniers mois confirment qu’il y a une volonté de liquider toutes les personnalités politiques ou sécuritaires proches de l’ancien chef d’Etat-major algérien, Ahmed Gaïd Salah, qui a lui-même trouvé la mort dans des circonstances obscures quelques jours après l’élection d’Abdelmajid Tebboune à la présidence en décembre 2019. Ces derniers jours, Amar Boussis, ancien président de la Cour de justice militaire, a été tué par des inconnus. Il a occupé plusieurs fonctions au sein de la justice militaire à l'époque de la soi-disant «décennie noire» puis sous le règne de Bouteflika. Et puis, il a été limogé par le général Said Chengriha en mai dernier. Et selon le site Sputniknews, la «‘dégaïdidation’ a également été marquée par la traduction devant la justice militaire de ses plus proches collaborateurs (de Gaïd Salah), notamment le général Wassini Bouazza, ex-patron de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), service de contre-espionnage, et le général Abdelkader Lachkhem qui dirigeait le département transmissions, systèmes d’information et guerre électronique de l’armée. L’adjudant-chef Guermit Bounouira, l’aide de camp de Gaïd Salah, les a rejoints à la prison de Blida après avoir été extradé par la Turquie». Et la même source d’ajouter : «Ses enfants devraient également être poursuivis après la dénonciation de l’homme d’affaires et député Bahaeddine Tliba, lui-même condamné pour des affaires de corruption».

Mourad Tabet
Mercredi 13 Janvier 2021

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