Ahmed Réda Chami à propos du projet de loi de Finances : “Le gouvernement se trompe”


Nezha Mounir
Mardi 3 Avril 2012

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«Je pense que le gouvernement se trompe ». Ahmed Réda Chami, membre du Conseil national de l’USFP et de la commission des Finances et du développement économique à la Chambre des représentants, n’y est pas allé du dos de la cuiller. Invité, hier, de l’émission « Les matins luxe » de Luxe Radio, il a fait ressortir les nombreuses failles de l’actuel projet de loi de Finances. « Franchement s’il y avait quelque chose à changer dans ce projet avant de le déposer au Parlement, c’est bien l’impact de la sécheresse sur la croissance économique», a-t-il déclaré avant de rappeler que « lorsque le gouvernement sortant avait élaboré ce projet, il n’avait pas de visibilité sur les pluies. Là, les pluies ne sont pas tombées et donc on sait très bien que cela va avoir un impact terrible sur l’agriculture. L’actuel gouvernement prévoit environ deux milliards comme aides aux agriculteurs qui sont touchés, alors qu’il en faut six ». Il pourrait donc être obligé de réduire les investissements pour prendre ces quatre milliards et les consacrer  à l’agriculteur afin  de sauver une partie de la valeur ajoutée  agricole. Réda Chami estime la valeur ajoutée agricole produite par l’élevage à 40 % et précise que « si on apporte une aide vraiment ciblée à cette activité-là, elle touchera ces 40 % ». Concernant la céréaliculture, il a noté que lorsqu’on prend compte de « toutes les cultures, que ce soit celles d’automne ou du printemps, elle représente plus de 40 % et non seulement 20 % de la production agricole» comme certains le prétendent.
A titre d’illustration de l’unanime levée de boucliers contre l’actuel projet de loi de Finances, l’ancien ministre du Commerce et des Nouvelles technologies a rappelé qu’au sein de la commission parlementaire, « on est tellement alignés, majorité comme opposition » à telle enseigne qu’il dit avoir fait une boutade le premier jour en prenant la parole pour dire « vive la majorité » qui a si sévèrement critiqué le texte qui leur a été soumis « qu’on on n’aura vraiment plus rien à faire en tant qu’opposition ».
A propos du Fonds de solidarité dont la création est prévue par le projet de loi de Finances, il a annoncé qu’un amendement sera déposé par l’USFP pour que le nombre d’entreprises mises à contribution soit élargi et concerne toutes celles qui réalisent des bénéfices égaux ou supérieurs à 50 millions de DH. En outre, il estime que le fait de mettre deux milliards dedans sur une seule année  n’est pas suffisant et « ça manque de continuité ». « Moi, j’aurais évalué les besoins sur cinq ans et voir comment les couvrir et non le contraire. »
L’autre sujet abordé par Réda Chami concerne la fiscalité. « On attendait une véritable réforme fiscale »  destinée à «assurer davantage de revenus à l’Etat », à travers l’élargissement de l’assiette fiscale, une meilleure justice sociale, une taxation là où il le faut et une orientation des investissements vers les secteurs les plus productifs et à forte valeur ajoutée. Quand on taxe la plus-value immobilière à 20 % et le revenu du travail à 30 %, il y a un problème. Il faut donc revoir tout cela », a-t-il conclu.

Nezha Mounir
Mardi 3 Avril 2012
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