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Afrique du Sud : Comment lutter contre la pénurie de médecins ?




Le programme de coopération entre l’Afrique du Sud et Cuba, pour la formation des médecins a été un cuisant échec. Pourtant, le gouvernement sud-africain continue d'envoyer des étudiants en médecine à Cuba et de les affecter ensuite dans des hôpitaux sud-africains. Il est peut-être temps de s’inspirer du Brésil qui a dénoncé son programme de formation médicale avec Cuba.
Le président brésilien, Jair Bolsonaro, a été choqué par le programme national « Plus de médecins » parrainé par l’ancienne présidente Dilma Rousseff et supervisé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Bolsonaro a déclaré: «Nous avons conditionné la continuité du programme More Doctors à un test de capacité, à un paiement intégral des salaires aux professionnels cubains, et à la liberté d'amener leurs familles».

Les missions médicales,
un business lucratif


Tous les médecins cubains sont employés par leur gouvernement. Ceux qui restent au pays perçoivent des salaires bien inférieurs à 100 dollars par mois. Ceux autorisés par la dictature communiste à quitter l’île génèrent des milliards de dollars pour l’Etat cubain. C’est d’ailleurs l’une des plus importantes sources de devises du pays. Ces «missions médicales» des Cubains sont financées par le gouvernement du pays hôte ou par les pays donateurs qui envoient des fonds à l’OMS. Selon Mary O’Grady du Wall Street Journal, «l’argent est censé servir à payer les salaires des travailleurs cubains. Mais ni l’OMS ni aucun pays hôte ne rémunèrent directement ces derniers. Les fonds sont déposés sur le compte de la dictature et le médecin ne reçoit qu’une allocation lui permettant de survivre avec la promesse d’en recevoir un peu plus à son retour chez lui. » Cuba est l’un des pays où le contrôle de l’Etat sur l’économie est omniprésent. Selon l’indice de liberté économique de la Heritage Foundation, Cuba se classe au 178ème rang sur 180 pays, juste devant  le Venezuela et la Corée du Nord. Le travailleur moyen gagne environ 30 dollars par mois et le régime communiste refuse toute évolution vers une véritable liberté politique ou économique.

La coopération avec Cuba
a montré ses limites


En 1996, le gouvernement sud-africain a mis en place son propre programme de formation de médecins en coopération avec Cuba afin de réduire la pénurie chronique de médecins qualifiés et d'éviter le coût supposé élevé de leur formation en Afrique du Sud. Le Dr. Aaron Motsoaledi, ministre de la Santé, affirme d’ailleurs  que les universités sud-africaines n’ont actuellement pas la capacité de former  plus de médecins. Ainsi, le gouvernement poursuit son programme de coopération en tentant simplement de le ralentir.
Face à la pénurie chronique de médecins qualifiés, il faut arrêter d'envoyer les étudiants dans un pays lointain et despotique où le type de maladies rencontrées est différent. Le gouvernement sud-africain devrait plutôt permettre à davantage de professionnels étrangers de la santé  de pratiquer la médecine en Afrique du Sud ; augmenter le nombre de postes disponibles dans les écoles de médecine gérées par le gouvernement ; et permettre au secteur privé de former des médecins.

Le secteur privé pour remédier
à la pénurie de médecins


Malgré la croissance démographique et l'augmentation considérable du fardeau de la maladie imputable au VIH/sida et à la tuberculose, le gouvernement n'a que légèrement augmenté le nombre de places de médecins stagiaires dans les écoles de médecine publiques par rapport aux années 1970.
Selon Martin Veller, président du Comité sud-africain des doyens médicaux, «les facultés de médecine de l’association sud-américaine diplôment environ 1.800 étudiants par an». Depuis les années 1970, période au cours de laquelle environ 1.200 étudiants obtenaient leur diplôme par an, la population a plus que doublé, passant de 24,3 millions à 57,7 millions. De plus, la population vieillissante nécessitera davantage de traitements pour les affections chroniques à l'avenir. La pénurie de médecins ne pourra donc que s'aggraver. Notre système de santé publique peu performant aggrave ce problème car il pousse nos médecins à s’expatrier.
Les raisons fréquemment invoquées pour expliquer l'exode du personnel qualifié du secteur de la santé publique sont les bas salaires, les charges élevées de travail, les  médiocres environnements de travail et le peu de possibilités de progression et d’évolution.
Le gouvernement refuse toujours d'autoriser le secteur privé à former des médecins et interdit aux futurs docteurs d'accomplir leurs stages communautaires et leurs stages médicaux dans le secteur privé, ce qui allégerait le fardeau des budgets publics. Les hôpitaux privés sud-africains sont reconnus mondialement pour leur excellence et leur haute qualité des soins. Les établissements d’enseignement privés gérés en coopération avec des hôpitaux privés attireraient des enseignants et conférenciers de renommée internationale. Un tel bassin de compétences permettrait d'attirer des étudiants étrangers dans les établissements du pays, et, une fois qualifiés, ces derniers pourraient continuer à travailler en Afrique du Sud.
Les écoles de médecine privées ne résoudraient peut-être pas la pénurie au niveau du personnel médical du jour au lendemain, mais elles contribueraient à augmenter le nombre de professionnels de la santé dotés des compétences requises pour relever les défis de la santé en Afrique du Sud. Les étudiants souhaitant devenir médecins ne doivent pas nécessairement être envoyés dans une « prison » communiste.

* Analyste pour the Free Market Foundation
Article publié en collaboration
avec Libre Afrique

Par Jasson Urbach *
Mercredi 26 Décembre 2018

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