Libération







Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

Adaptation de l’administration publique marocaine à la crise de la pandémie de Covid-19

L’approche innovante par la résilience




Adaptation de l’administration publique marocaine à la crise de la pandémie de Covid-19
 L’étendue de la pandémie du COVID-19 a montré une autre fois qu’à tout moment, un agent pathogène émergent, mortel et hautement transmissible pourrait présenter un risque de propagation dans le monde, surtout en raison de l'interconnexion de la population mondiale et avoir des conséquences catastrophiques sur les économies nationales et régionales.
Les conséquences du COVID-19 ont poussé les Etats à mettre en œuvre diverses mesures pour  aider leurs communautés pendant cette crise. Ces mesures ont eu avec le temps des impacts différents selon les pays. La Chine a appliqué le système de «gestion fermée 24h / 24», l'Italie a déclaré l'alerte «zone rouge» dans le pays, la France a annoncé l’interdiction  des rassemblements et les Etats-Unis ont mis en place des zones de confinement. Pour sa part, le Royaume du Maroc a été très intelligent dans ses mesures prises en choisissant la position de la «résilience» à une pandémie dont il n’était pas bien préparé, en comptant sur ses propres moyens et sur la mobilisation de tous les acteurs institutionnels et non institutionnels. Le choix de Sa Majesté le Roi Mohammed VI de prioriser la protection de la vie de la population malgré l’impact économique provient d’une réflexion innovante selon laquelle la préparation aux situations de catastrophes n'est pas un exercice statique ou binaire (préparé ou non préparé), mais un état dynamique reflétant un monde en constante évolution.
A cet effet, dans le cadre des mesures préventives prises pour faire face à la situation exceptionnelle liée au risque de propagation du nouveau coronavirus (Covid-19) sur le territoire national, le ministère de l’Intérieur a décidé, dès samedi 14 mars et jusqu’à nouvel ordre, d’interdire tous les rassemblements publics de plus de 50 personnes.
Il a été également décidé d’annuler tous les événements et rencontres sportifs, culturels et artistiques et ce à partir du 20 mars, date de la déclaration de l’état d’urgence sanitaire via le décret 2.20.293, les mesures se sont orientées vers un confinement large de la population avec des dérogations très strictes.
Dans ce contexte, l’administration publique marocaine s’est adaptée d’une manière parallèle aux mesures décrétées par les autorités publiques pour protéger les fonctionnaires et les citoyens d’une part et garantir la continuité du service public d’autre part.
Ainsi, le gouvernement a progressivement pris une série de mesures concernant deux domaines essentiels relatifs au secteur public. Le premier domaine concerne les mesures de prévention et de précaution prises en faveur des employés de l’administration publique, des collectivités territoriales et des établissements publics. Le deuxième domaine est relatif à la mise en œuvre des services numériques dans le cadre du développement du télétravail dans les services publics.
A propos des mesures prises en faveur des employés de l’administration publique, des collectivités territoriales et des établissements publics, la circulaire n°1/2020 du ministère de l’Economie, des Finances et de la Réforme de l’Administration datée du 16 mars 2020 a mis en place 22 mesures réparties en cinq ensembles :
1. Des mesures de précaution et de sensibilisation générales qui comprennent le respect total des mesures préventives édictées par les autorités publiques, la sensibilisation par tous les moyens des fonctionnaires au sujet de la pandémie et des moyens de protection, de propreté et de précaution et la mise en place de cellules de veille dans chaque organisme ayant pour mission de veiller au respect de toutes les mesures décrites dans la circulaire.
2. Eviter au maximum les rassemblements de masse en vue d’endiguer la propagation de la pandémie. Ceci concerne le report de tous les concours de recrutement et d’aptitude professionnelle, ainsi que les sessions de formations, les séminaires et les événements. De plus, il a été décidé de ne plus accorder d’ordres de missions à l’étranger et de minimiser celles à caractère national. Aussi, il a été ordonné de fermer toutes les annexes des administrations publiques concrnant la restauration, la prière, etc.
3. La réorganisation des services publics pour éviter au maximum le contact physique avec les citoyens, et ce en utilisant les services en ligne et les solutions numériques. De plus, des permanences et des alternances de présence seront organisées au sein des services publics, tout en respectant les mesures de précaution et d’hygiène.     
4. La mise en place de mesures pour protéger les fonctionnaires et alléger la charge de travail. Ces mesures consistent à autoriser certaines catégories à pratiquer le télétravail. Elles ont permis d’octroyer aux fonctionnaires des autorisations administratives exceptionnelles en respectant la réglementation en vigueur.En plus les fonctionnaires qui étaient en mission à l’étranger ont dû observer une période de confinement de deux semaines. Ces mesures ont été accompagnées de permanences dans les services publics avec la possibilité d’alternance de présence.
5. La mobilisation des prestataires des services de propreté dans les administrations publiques pour renforcer et généraliser les mesures d’hygiène et de désinfection dans les bâtiments et les voitures de service.
Par rapport au deuxième domaine relatif à la mise en œuvre des services numériques dans le cadre du développement du télétravail dans les services publics, le gouvernement marocain a annoncé les mesures via deux circulaires du ministère de l’Economie, des Finances et de la Réforme de l’Administration.
La première circulaire n° 02/2020 datée du premier avril 2020 a été destinée à la promotion des services numériques de la gestion du courrier administratif. Dans ce cadre, plusieurs solutions numériques ont été adoptées pour faciliter la gestion du courrier et ce, dans le but de garantir la continuité du travail de l’administration et la diminution des échanges de courriers et des documents en format papier qui constituent un facteur de propagation de la pandémie.
 A cet effet, l’Agence du développement du numérique (ADM) a développé trois plateformes destinées à la gestion numérique des correspondances administratives : le bureau d’ordre numérique, le parafeur numérique et le service électronique du courrier administratif. Dans le but de garantir l’adaptation à ces solutions numériques, un groupe de travail composé d’éléments de l’Agence du développement dumérique et du département de la réforme de l’administration a été constitué, et ce dans le but d’accompagner les organismes publics pour  intégrer ces services.
Dans la même perspective, la circulaire n°03/2020 du 15 avril 2020 relative au télétravail vient de renforcer la résilience de l’administration publique marocaine par rapport à la pandémie du COVID-19.  A cet effet, pour développer et diversifier les outils disponibles pour la pratique du télétravail dans le secteur public en vue d’assurer sa continuité , tout en garantissant la sécurité des fonctionnaires et des citoyens, la circulaire a été accompagnée d’un guide détaillé et moderne. Ce guide contient essentiellement les pratiques et les normes à respecter par l’administration et le fonctionnaire en termes de garantie de la sécurité du travail en relation avec les systèmes d’informations et la protection des informations personnelles des citoyens.
En conclusion, il faut dire que l’administration publique a démontré une grande capacité d’adaptation à la pandémie du COVID-19 en choisissant l’approche de résilience :  «protection des citoyennes et des citoyens ainsi que des fonctionnaires, tout en garantissant la continuité du service public». Il faut savoir que cette approche a été développée depuis quelques années dans le cadre de la transformation numérique qui fait partie du Plan national de la réforme de l’administration (2018-2021). Dans ce contexte, le Département de la réforme de l’administration a réalisé un schéma directeur de la transformation numérique des services administratifs accompagné d’un projet de loi sur l’administration numérique.

Par Elhazziti Mohammed Anouar
Vendredi 17 Avril 2020

Lu 2079 fois

Nouveau commentaire :

Votre avis nous intéresse. Cependant, Libé refusera de diffuser toute forme de message haineux, diffamatoire, calomnieux ou attentatoire à l'honneur et à la vie privée.
Seront immédiatement exclus de notre site, tous propos racistes ou xénophobes, menaces, injures ou autres incitations à la violence.
En toutes circonstances, nous vous recommandons respect et courtoisie. Merci.

Actualité | Monde | Société | Régions | Horizons | Economie | Culture | Sport | Ecume du jour | Entretien | Archives | Vidéo | Expresso | En toute Libé | L'info | People | Editorial | Post Scriptum | Billet | Rebonds | High-tech | Vu d'ici | Scalpel | Chronique littéraire | Billet | Portrait | Au jour le jour | Edito | Sur le vif