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Abusivement sucrée l’assertion d’Abou Zaid El Mokrie El Idrissi !


Hassan Bentaleb
Mardi 1 Février 2022

La disparition des abeilles justifiée par la normalisation des relations avec Israël

Abusivement sucrée l’assertion d’Abou Zaid El Mokrie El Idrissi !
“La bêtise humaine consiste à avoir beaucoup d'idées, mais des idées bêtes », cette citation de Henry de Montherlant résume à merveille le cas d’El Mokrie Abouzaid El Idrissi qui multiplie les soi-disant vérités scientifiques sur tout et rien. Ainsi et après avoir qualifié le physicien Stephen Hawking d’« ignare » et que son « intelligence ne dépasse pas celle de l’âne », et avoir déclaré que la National Aeronautics and Space Administration (NASA), puisait dans le Coran des méthodes pour améliorer ses recherches scientifiques, le soi-disant intellectuel et savant islamique récidive avec une découverte scientifique déterminante qui risque de changer le destin de l’humanité.
En effet, El Mokrie Abouzaid El Idrissi soutient que la disparition des abeilles au Maroc, relevée dernièrement par l'Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA), est due à la normalisation des relations avec Israël. Dans une vidéo diffusée sur la chaîne RT, il a déclaré que notre pays vit ce que l’Egypte a déjà vécu après la normalisation de ses relations diplomatiques avec l’Etat hébreu en accusant les pesticides israéliennes d’être à l’origine du déclin des abeilles égyptiennes. Il avance même que l’agriculture constitue une cible de complot. La preuve ? Il n’y a pas de preuve scientifique tangible et irrévocable, comme c’était toujours le cas. L’intervenant se contente des rumeurs ressassées par certains de ses amis ici ou en Egypte. Il va plus loin. Il remet en cause les arguments avancés par l’ONSSA soulignant que ce phénomène est dû à plusieurs facteurs dont, entre autres, la faiblesse des précipitations, la diminution de la quantité et de la qualité de l'alimentation disponible pour les abeilles ou encore l'état de santé des ruchers et les méthodes de prévention suivies. 
Que dit la science ? Selon plusieurs études scientifiques, le syndrome d’effondrement défini par la perte des ouvrières, les reines étant les seules à survivre, date des années 70, avant même la signature du traité de paix israélo-égyptien le 26 mars 1979 à Washington, à la suite des accords de Camp David de 1978. En fait, ce phénomène de disparition ne date pas d’hier et il est connu depuis des siècles. D’autant plus qu’il s’agit d’un phénomène global. En 2008, le taux de décès en France a été de 30%. Ce taux n’a pas changé pour l’année suivante. De nombreux chercheurs soucieux de la situation ont été mobilisés de par le monde. La sonnette d’alarme a été tirée aux Etats-Unis en 2007 après l’enregistrement d’une disparition massive de plusieurs espèces d’abeilles, de plus de 60% des colonies. Les chiffres ont même atteint 90% dans certaines zones au sud et à l’est. Des phénomènes identiques ont été observés en Chine et dans plusieurs pays européens. Le coût de cette perte a été évalué à 15 milliards de dollars aux Etats-Unis.
Dans une interview accordée le 14 octobre 2007 au journal Le Monde, Bernard Vaissière, chargé de recherche à l’INARE, a affirmé que le déclin des abeilles se mesure à l’échelle mondiale. Chez les populations sauvages comme chez l’abeille domestique. «Sur tous les continents, et de plus en plus souvent, les productrices de miel meurent dans des proportions trop importantes à la sortie de l’hiver. En Europe, nombre d’apiculteurs ont dû mettre la clé sous la porte. Aux EtatsUnis, où l’on parle d’un "syndrome d’effondrement des colonies", 25% du cheptel aurait disparu pendant l’hiver 2006-2007. En ce qui concerne les abeilles sauvages (soit mille espèces différentes en France), le doute a subsisté plus longtemps. Mais le débat a été récemment tranché par deux publications scientifiques. La première, parue dans Science en juillet 2006, démontre que les populations en Grande-Bretagne et aux Pays-Bas ont considérablement baissé depuis la fin des années 70. La seconde, émanant de l’Académie des sciences des Etats-Unis, concluait, en octobre 2006, au déclin significatif des pollinisateurs en Amérique du Nord (Canada, Etats-Unis, Mexique)». Concernant les causes de ce phénomène, les scientifiques sont unanimes à considérer ce phénomène comme complexe et provenant de la combinaison et/ou de la conjonction de facteurs multiples tels que certains fongicides qui renforcent la toxicité des pyréthroïdes et néonicotinoïdes, parasites (Varroa Destructor Anderson & Trueman) avec un impact clair sur la santé des insectes pollinisateurs. A cela, s’ajoutent les prédateurs naturels : frelons européens (Vespula crabro L.), ours, souris, araignées, reptiles, amphibiens, pics verts, etc. et l’apparition récente de nouvelles menaces : frelons asiatiques (Vespa veltina Lepeletier), coléoptères (Aethina tumida Murray), etc. Les parasites, les parasitoïdes et les pathogènes (protozoaires, champignons, bactéries, virus) atteignent des abeilles déjà affaiblies par la conjonction des facteurs précités et les rendent d’autant plus vulnérables.
Certains mettent en cause la pollution humaine. En effet, de plus en plus de campagnes sont souillées par la pollution industrielle et chimique déjà très présente en milieu urbain. L’extension de cette pollution a un impact notoire sur l’apiculture car des 20.000 espèces présentes dans le monde, la majorité disparaît progressivement au fil des ans. D’autres facteurs ont été incriminés les uns après les autres, notamment le Gaucho, un insecticide à base d’imidaclopride, puis le Régent à base de fipronil, le Cruiser à base de thiaméthoxan intoxicant progressivement les abeilles.
En outre, un rapport publié le 10 mars 2011 par le Programme des Nations unies pour l’environnement (Pnue) a indiqué que l’évolution des conditions de vie des abeilles domestiques et sauvages est étroitement liée à l’histoire des agrosystèmes où elles vivent et dont elles subissent les pressions : régression et dégradation des espaces naturels et semi-naturels, diminution des surfaces en légumineuses, expansion du maïs (qui ne produit pas de nectar). « Depuis les années 80, il y a eu des baisses de 70% parmi les variétés de fleurs sauvages ‘clés’ », note le rapport. Plus de 20.000 espèces de plantes à fleurs pourraient disparaître ces prochaines décennies si aucune mesure de conservation sérieuse n’est prise, conclut-il. Le grand savant El Mokrie Abouzaid El Idrissi est-il au fait de ces rapports et études scientifiques ? Affaire à suivre. 


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