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Abdellah Souhir, président du REMESS

La pandémie a négativement impacté toutes les composantes de l’économie sociale et solidaire


Abdellah Souhir, président du Réseau marocain de l’économie sociale et solidaire (REMESS), présente, dans une interview à la MAP, sa vision sur le secteur, les difficultés dont il souffre ainsi que les actions à entreprendre, selon lui, afin de renforcer l’apport des composantes de l’ESS dans le développement socio-économique.
​Créé en 2006 à Salé, le REMESS dispose de 11 pôles dans tout le Maroc qui regroupent associations, coopératives, mutuelles et syndicats professionnels. Il a pour objectif notamment de promouvoir l’ESS et sa territorialisation, développer le commerce équitable, promouvoir la finance solidaire et appuyer les initiatives locales de création d’activités génératrices de revenus.



Quel état des lieux faites-vous aujourd’hui de l’économie sociale et solidaire au Maroc ?
En dépit de l’histoire longue de l’ESS au Maroc, cette économie demeure fragile devant les chocs. Malheureusement, au moment où cette économie a commencé à prendre de l’élan grâce aux stratégies étatiques et à la dynamique des acteurs, la pandémie Covid-19 a négativement impacté toutes les composantes de l’ESS plus particulièrement les coopératives et les associations et un peu moins les mutuelles puisque la majorité sont publiques. Si les associations ont essayé tout de même de s’activer dans les efforts de lutte contre la pandémie, les coopératives, quant à elles, se sont trouvées sclérosées économiquement, ce qui a induit de fortes difficultés de continuité et par voie de conséquence une perte de pouvoir d’achat des coopérateurs et coopératrices engendrant une forte vulnérabilité pour subvenir à leurs besoins et ceux de leurs familles.

Comment l’ESS contribue aux efforts de lutte contre les répercussions néfastes de la crise actuelle qui a fortement impacté l’activité économique et l’emploi?
Si les mutuelles ont continué à fonctionner presque normalement, du côté des associations, c’est l’heure de la mobilisation en dépit de la faiblesse des moyens et l’assèchement des sources de subventions et de financement et la rareté des appels à projets destinés à cette catégorie surtout dans le cadre de la coopération internationale ou des institutions et établissements nationaux. Ainsi, les associations sont à ce jour des acteurs de sensibilisation dans toutes les villes et douars et sur tout le territoire, elles apportent aussi des aides aux personnes et aux familles qui ont subi de plein fouet les effets néfastes de la pandémie. Par ailleurs, beaucoup d’associations ont utilisé les technologies d’information et les webinaires pour mettre en œuvre leurs projets en cours. Pour les coopératives, dont le nombre avoisine les 27.000, l’heure est à la survie.

En effet, dans le sillage des circonstances exceptionnelles que traverse l’économie marocaine en général et les secteurs agricole et artisanal en particulier, la pandémie du Coronavirus a paralysé et immobilisé ce secteur à cause des capacités financières faibles, des difficultés de bénéficier des lignes de crédits garantis mises en place suite aux recommandations du Comité de veille économique, l’annulation de tous les salons et les expositions locales ou internationales avec comme conséquence la baisse de la commercialisation domestique et internationale surtout durant la période de confinement, pénurie de matières premières (ex : l’argan) et donc une diminution de la production, etc. Résultat: difficulté de résistance des coopératives face à ladite crise voire cessation d’activités avec perte importante des revenus pour des milliers de coopérateurs et coopératrices. En dépit de tout cela, plusieurs organismes ont pris des initiatives pour soutenir les coopératives, notamment les militants de l’ESS, afin d’atténuer les effets de la crise. Tout d’abord à travers la mise en place de plateformes électroniques pour renforcer les capacités de commercialisation via ce canal comme solution plus adaptée au nouveau contexte.

Il s’agit en outre de l’encouragement des coopératives à avoir des identités visuelles et logos et enfin une forte campagne d’encouragement de “consommer local et national pour encourager le Made in Morocco”.

Quelles sont, à votre avis, les mesures et actions qui doivent être mises en place pour renforcer les différentes structures de l’ESS leur permettant de jouer pleinement leur rôle de générer une croissance inclusive et durable et renforcer la résilience face aux crises ?
En plus des initiatives précitées, à notre avis, une forte institutionnalisation de l’ESS, l’instauration d’une bonne gouvernance à commencer par l’adoption de la loi cadre de l’ESS seront d’un grand apport pour permettre à cette économie de jouer pleinement son rôle. Par ailleurs, un bon ciblage de l’action de l’Etat envers ses organisations permettra de renforcer leur dynamique. Enfin, l’encouragement des initiatives locales est fortement demandé.

Libé
Jeudi 19 Novembre 2020

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