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Abdelkrim Benatiq :Vous êtes un capital essentiel, nécessaire voire crucial capable de proposer un certain nombre de réponses à plusieurs défis à venir

L’Université de Printemps dédiée aux jeunes MRE




Petite par sa superficie mais grande par son histoire, la commune rurale de «Foum Jemaâ», située dans le Moyen Atlas, à une centaine de kilomètres de Béni Mellal, a accueilli mercredi après-midi, sous un soleil aussi rayonnant que le sourire des participants, l’ouverture, en grande pompe, de la seconde édition de l'Université de printemps. Dédié exclusivement aux jeunes Marocains résidant à l’étranger, cet évènement culturel est organisé par le ministère délégué chargé des Marocains résidant à l'étranger et des Affaires de la migration, en partenariat avec le Conseil de la région de Béni Mellal -Khénifra et l’Université Sultan Moulay Slimane.

Si le lancement de ce programme qui s’inscrit dans la stratégie du ministère en faveur des Marocains résidant à l’étranger, destinée au renforcement des liens des Marocains du monde avec leur pays d’origine, le Maroc, a été donné à «Foum Jemaâ», ce n’est pas le fruit du hasard comme l’a rappelé Abdelkrim Benatiq, ministre délégué auprès du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, chargé des Marocains résidant à l’étranger et des Affaires de la migration. « Ce choix de la région n’a pas été aléatoire. Il est porteur de nombreuses significations historiques. Cette région, ainsi que d’autres, a toujours été un rempart, un modèle de coexistence des Marocains juifs et musulmans», a-t-il souligné. Et de préciser : « Une coexistence exemplaire ayant donné naissance à d’importants échanges commerciaux. D’ailleurs, le choix de la région fait référence au thème de cette université « Le Maroc de la diversité, terre du vivre-ensemble » ».

Outre un modèle de coexistence et de diversité, la région d’Azilal dont «Foum Jemaâ» fait partie, est également considérée comme une sorte de livre ouvert sur le passé, et les nombreux combats menés par le pays et ses glorieux combattants. « Je me souviens de la symbolique historique de la région, comme d’autres, dans toutes les batailles pour récupérer nos terres sahariennes», se remémore Abdelkrim Benatiq, avant de préciser : «Oui, il y avait une grande participation des habitants de la région d’Azilal aux plus grandes batailles pour faire face aux séparatistes soutenus par des forces étrangères. Ils ont fait preuve de beaucoup de courage. Certains sont toujours présents parmi nous. Tandis que d’autres se sont sacrifiés pour la patrie et y ont laissé leur vie ».

Après la séquence nostalgique, le discours d’Abdelkrim Benatiq s’est tourné vers l’avenir, en mettant en avant l’importance d’une approche stratégique dont l’Université de printemps fait partie intégrante et qui a vu le jour en 2009. « L’expérience des universités a commencé il y a une décennie. A l’époque, la seule université qui existait était celle de Tétouan. Dès qu’on lançait l’ouverture des candidatures, nous recevions des milliers de demandes de nos jeunes qui souhaitaient y participer. Mais la capacité d’accueil ne dépassait pas les 120 places», a-t-il rappelle. «Nous avons pensé dès le départ à ouvrir les portes de ces universités pour un grand nombre de jeunes Marocains résidant à l’étranger. Aujourd’hui, nous sommes passés de 220 à 500 places», s’est-il réjoui, tout en remerciant ses partenaires, sans qui « nous n’aurions pas été capables de réaliser ce que nous considérons comme un exploit historique, un service nécessaire au profit de nos jeunes résidant à l’étranger».

Ce service considéré comme nécessaire par le ministère de tutelle, durera cinq jours, du 10 au 14 avril. Une période pendant laquelle l’Université de printemps tentera d’atteindre trois objectifs distincts. A savoir, la préservation de l’identité des Marocains du monde, la protection de leurs droits et acquis ainsi que le renforcement de leur contribution au développement de leur pays. Comment ? Tout simplement via un programme aussi riche que varié, qui devrait permettre à plusieurs dizaines de jeunes étudiants marocains provenant de plusieurs pays d’accueil, âgés entre 18 et 25 ans, de participer aux côtés d’étudiants de l’Université Sultan Moulay Slimane, à des conférences et débats encadrés par des conférenciers et des professeurs. Ces activités seront axées sur les thématiques suivantes : «Le Maroc pluriel, terre du vivre-ensemble», «Le patrimoine immatériel du Maroc» et «L’intégrité territoriale du Royaume».

En parallèle, un ensemble d’ateliers seront organisés. Des ateliers censés favoriser le partage et l’échange des expériences entre les participants. Côté ludique, des sorties et des visites de terrain pour rapprocher davantage les bénéficiaires du patrimoine de la région de Béni-Mellal-Khénifra seront également à l’ordre du jour. Un beau programme en perspective afin que « nos jeunes restent toujours en contact avec toutes les références qui constituent la personnalité marocaine et ainsi renforcer leur attachement, entre autres, à l’islam modéré et aux spécificités marocaines», souligne
Abdelkrim Benatiq. Et d’ajouter : « Et aussi pour découvrir toutes les réalisations du Maroc depuis des années et qui en font un modèle au niveau des institutions politiques ainsi que sur les plans social, économique et de développement ».

Bref, la seconde édition de l’Université de printemps ambitionne d’être une expérience unique en son genre, ancrée à tout jamais dans la mémoire collective de ses participants. Impactant de fait leur personnalité, tout en contribuant à mettre en exergue le vivre-ensemble et promouvoir l’interculturalité. Une caractéristique qui se nourrit des cultures arabo-islamique, amazighe et saharo-hassanie enrichies des affluents africain, andalou, hébraïque et méditerranéen qui ont transcendé l’histoire du Maroc.

Pour finir, le ministre délégué auprès du ministre des Affaires étrangères et de
la Coopération internationale chargé des Marocains résidant à l’étranger et des Affaires de la migration a tenu à rappeler l’importance qu’ont les jeunes MRE aux yeux de leur pays d’origine. «Vous êtes un capital essentiel, nécessaire voire crucial capable de proposer un certain nombre de réponses à plusieurs défis à venir. Vous êtes un pilier essentiel pour le travail du ministère. Vous êtes un axe stratégique pour notre avenir. Vous, les jeunes de demain, avez la mission de continuer à constituer un capital fort pour la réalisation des grands projets au Maroc», a-t-il indiqué.

Après cet argumentaire avancé par le ministre, il semble évident que les jeunes générations des MRE constituent un enjeu primordial pour le Maroc. Une évidence corroborée par les recommandations issues de l’étude menée par le ministère sur les besoins et attentes des jeunes Marocains du monde. Il en ressort, en effet, que bon nombre d’entre eux s’identifient aux fondamentaux et référentiels de la culture de leur pays d’origine ainsi que ceux du pays de résidence, tout en exprimant avec fierté un fort attachement au Royaume. A cet attachement, le ministère a mis en place une nouvelle offre culturelle qui tend à répondre aux besoins et attentes des MRE. En sus des universités culturelles qui se déclinent aussi sous forme d’une université d’été, des activités culturelles et artistiques sont soutenues et mises en œuvre en coordination avec les représentations diplomatiques, les postes consulaires du Royaume ainsi que le tissu associatif marocain à l’étranger.

Des activités élaborées dans les pays d’accueil et récemment renforcées par des tournées théâtrales ainsi que la création de centres culturels marocains à l’étranger.


 

Nadia Hadi : L’ occasion de se comparer aux jeunes Marocains qui viennent d’ autres pays et de coordonner ensemble les actions à venir

Nadia Hadi ne perd pas de temps. Attablée à l’heure du déjeuner en compagnie de plusieurs autres participants à l’Université de printemps, cette Marocaine d’origine, âgée de 21 ans, qui poursuit en Belgique ses études supérieures à la Haute école de la province de liège (HELP), ne cache pas son enthousiasme ni sa joie de participer à cet évènement dont l’écho lui est parvenu par d’autres participants «Ce sont des amis à moi qui ont été là l’année dernière qui m’avaient conseillée de m’inscrire. J’ai été convaincue parce qu’ils m’avaient assuré que c’était une belle expérience, à travers laquelle on pouvait faire des rencontres avec d’autres étudiants marocains du reste du monde», a-t-elle confié.

Si elle a été convaincue uniquement par l’aspect relation humaine qui caractérise cet événement, c’est parce que Nadia Hadi a ses habitudes au Maroc «chaque année», a-t-elle affirmé avec un large sourire. Toutefois, celle qui avoue préférer la plage à la montagne, et notamment Tanger, voit en l’Université de printemps une occasion de « se comparer au jeunes Marocains qui viennent d’autres pays. Et parler de l’avenir et ce qu’on projette de faire. Découvrir de nouvelles mentalités», a-t-elle souligné. A priori, Nadi Hadi éprouve un fort attachement à son pays d’origine, du coup, pour elle, cet évènement ne va pas tant renforcer ce lien qui est déjà très solide. «Je pense qu’il n’y a pas moyen de le renforcer davantage. En réalité, je suis plus intéressée par les autres pays, notamment ceux d’où viennent les nombreux participants ». Et de conclure : « Cela dit, je suis également ici pour visiter des villes que je n’ai jamais vues, par exemple Béni Mellal, où je n’y ai jamais mis les pieds. »

Karim Senhaji Lyamani : Pouvoir apprendre plus sur le Maroc, mon pays d’ origine, moi qui suis né à l’étranger

La région de Béni Mellal, Karim Senhaji Lyamani, lui non plus, n’a jamais eu la chance de la découvrir auparavant. Du haut de ses 21 ans, il étudie à l’école de commerce HEC Montréal. Originaire de Meknès, il est né et vit au Canada. Mais la distance qui sépare Montréal de sa ville d’origine, n’a jamais réussi à rompre le lien affectif qui le lie à son pays. «De temps en temps, on vient au Maroc. Comme cet été», a-t-il précisé. L’Université de printemps, il s’y est inscrit via Facebook. «J’ai lu, j’ai regardé et je me suis renseigné un peu. J’ai envoyé par la suite ma candidature. Elle a été retenue. Et voilà. Je suis ici», a-t-il indiqué de manière limpide. Limpide aussi est sa conception de l’évènement et ses  attentes : «Apprendre plus sur les Marocains qui résident à l’étranger. Moi par exemple, je suis du Canada, il n’y a pas beaucoup de Marocains. Il y en a beaucoup plus en Europe. Et donc, c’est pour pouvoir les rencontrer ici». Et d’ajouter :«C’est aussi pour pouvoir apprendre plus sur le Maroc. Même si je suis né à l’étranger ça reste nos origines. Ce sont les origines de mes parents».

L’Université de printemps se révèle être ainsi l’occasion idoine de partir à la découverte de l’inconnu. Mais pas uniquement la région de Béni Mellal. Vous l’aurez compris, les relations humaines et la rencontre des autres revêtent également une grande importance aux yeux des jeunes MRE lors de cette édition de l’Université de printemps.


 

Libé
Vendredi 12 Avril 2019

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