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A la recherche de la nouvelle star




Qui sera la grande vedette des Mondiaux? De la nouvelle sensation US Noah Lyles au controversé Christian Coleman en passant par Karsten Warholm ou le trio de sprinteuses Dina Asher-Smith, Shelly-Ann Fraser-Pryce et Elaine Thompson, ils sont plusieurs à pouvoir enflammer la piste du Khalifa stadium à Doha à partir de ce vendredi pour les premiers Championnats du monde de l'après Usain Bolt.
Showman au sourire ravageur, le coureur de Gainseville (Floride) est annoncé comme la future star de l'athlétisme, en mal de vedettes reconnues par le grand public depuis la retraite du légendaire Usain Bolt en 2017, et ces Championnats du monde pourraient marquer le début d'un long règne. A seulement 22 ans, Lyles est déjà le 4e performeur de tous les temps sur 200 m (19 sec 50) qui sera sa seule épreuve individuelle au Qatar. Sans rival sur le demi-tour de piste, le titre de champion du monde lui semble promis. Avant sans doute de s'attaquer aux Jeux olympiques de Tokyo en 2020 au Graal pour tout sprinteur: le 100 m.
Médaillé d'argent aux Mondiaux en 2017, champion du monde indoor sur 60 m (2018) et détenteur du record du monde de la distance (6 sec 34), meilleur performeur mondial depuis 2017 sur la ligne droite: tout semblait réussir à Christian Coleman, étiqueté grandissime favori du 100 m des Mondiaux. Mais la révélation fin août de trois manquements à ses obligations de localisation antidopage a fait l'effet d'une douche froide. Le coureur de 23 ans a finalement été blanchi par l'agence américaine antidopage, auteure d'une erreur, mais sa réputation a fatalement été entachée et il débarque au Qatar lesté d'un boulet dont il se serait bien passé. Sans Noah Lyles, qui se concentre sur le 200 m, et donc sans adversaire à sa mesure, il reste le principal prétendant à la couronne suprême. Mais s'il venait à céder face à la pression, son compatriote et vétéran Justin Gatlin (37 ans) pourrait lui ravir le beau rôle et se succéder à lui-même au palmarès. Gatlin, sacré sous les sifflets en 2017, a déjà été suspendu à deux reprises pour dopage durant sa longue carrière. Pas sûr que l'athlétisme y gagne au change.
Le facétieux Norvégien, médaille d'or en 2017 dans une relative indifférence, a pris une nouvelle dimension cette année en battant à trois reprises le record d'Europe du 400 m haies, porté à 46 sec 92, 2e chrono de l'histoire. Il a réussi le tour de force d'éclipser les deux autres prodiges d'une discipline enfin en pleine effervescence après des années de vache-maigres, le Qatarien Abderrahman Samba et l'Américain Rai Benjamin, qui semblent aussi capables de menacer le vieux record du monde de Kevin Young (46 sec 78 en 1992). La probable présence de ces trois cracks en finale pourrait offrir une course d'anthologie.
Triple championne d'Europe en 2018 (100 m, 200 m, 4x100 m), la sprinteuse britannique Dina Asher-Smith espère bien confirmer son nouveau statut sur le plan mondial à 23 ans. La partie ne s'annonce pourtant pas facile face aux deux Jamaïcaines Elaine Thompson, double championne olympique en 2016 (100 m, 200 m), et Shelly-Ann Fraser-Pryce, elle aussi double médaillée d'or aux JO (100 m en 2008 et 2012), revenue à son meilleur niveau après une absence pour cause de maternité.
La Vénézuélienne a frappé très fort le 6 septembre en établissant la 2e meilleure performance de l'histoire sur le triple saut (15,41 m). Si la couronne mondiale devrait logiquement lui revenir, celle qui a échoué à seulement 9 centimètres du record du monde semble capable d'effacer la marque de l'Ukrainienne Inessa Kravets (15,50 m) qui tient depuis le 10 août 1995.

Le dopage encore et encore...

Christian Coleman, EPO au Kenya, suspension de la Russie... Pour l'athlétisme c'est le sparadrap du capitaine Haddock: les affaires de dopage ont pollué ces dernières semaines l'approche des Mondiaux
Plus encore, la page du plus gros scandale, dévoilé en 2014, n'est toujours pas tournée: l'ancien président de la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF) Lamine Diack attend son procès en France, soupçonné d'avoir été au coeur d'un vaste scandale de corruption à partir de contrôles positifs étouffés.
Grand favori du 100 m des Mondiaux, l'Américain, vice-champion du monde en titre, a été visé par une enquête de l'Agence antidopage américaine (Usada) avant d'être blanchi le 2 septembre.
L'Usada lui reprochait d'avoir manqué trois fois à ses obligations de localisation antidopage en moins d'un an: mais l'agence s'était trompée sur une date, faisant passer la période à plus d'un an à quelques jours près.
Coleman a admis plusieurs négligences mais a tout de même réglé ses comptes avec l'Usada, s'estimant "victime" d'une affaire qui n'aurait pas dû être rendue publique et entache sa réputation. "C'est une honte (...) ils demandent aux athlètes de suivre un règlement qu'ils ne comprennent pas eux-mêmes!"
"Je travaille dur, je bois de l'eau (...) et travaille encore plus dur le lendemain. De cette façon je n'ai jamais été contrôlé positif et ça n'arrivera jamais", s'est-il défendu.
Comme un rituel, l'IAAF a fermé la porte lundi à un retour de la fédération russe pour la douzième fois depuis sa suspension en novembre 2015 et les révélations d'un vaste scandale de dopage institutionnel.
Après avoir rempli un à un les critères depuis quelques mois (reconnaissance publique, paiement des frais liés au scandale), la Russie semblait sur la bonne voie.
Mais de nouveaux rebondissements ont rendu sa situation de nouveau précaire: la fédération est accusée d'avoir aidé le sauteur en hauteur Danil Lysenko à justifier des contrôles antidopage manqués grâce à de faux documents. Surtout, l'Agence mondiale antidopage (AMA) enquête sur une possible falsification des données du laboratoire de Moscou - au coeur du système de dopage entre 2011 et 2015 - transmises à l'AMA et à l'Unité d'intégrité de l'athlétisme (AIU) pour leurs investigations.
Le pays roi de la course longue distance a de nouveau été épinglé par un reportage de la télévision allemande ZDF dimanche, affirmant images à l'appui qu'au moins deux athlètes présents aux Mondiaux ont été dopés à l'EPO, et que la fédération (AK) couvrait des cas de dopage.
A deux doigts de l'exclusion des Jeux de Rio en 2016, le Kenya estime avoir introduit des mesures qui commencent à porter leurs fruits avec la création d'une agence nationale antidopage (Adak), la mise en place d'un laboratoire accrédité par l'AMA en 2018 et l'adoption d'une loi antidopage.
"Depuis la création de l'agence nationale antidopage, la fédération ne réalise plus en aucune façon de contrôle antidopage, et n'a accès à aucun résultat de contrôle. Les accusations qui veulent qu'AK ait pu couvrir des cas positifs sont donc a minima ridicules", a réagi AK lundi. Etiqueté comme pays à risque, le Kenya a dû laisser à la maison le vainqueur surprise du 5.000 m des sélections et son dauphin, tous les deux n'ayant pas subi assez de contrôles inopinés cette saison.
En réaction au vaste scandale des années Diack, un organisme au fonctionnement indépendant a été lancé en avril 2017 pour enquêter et sanctionner les cas de dopage, de corruption ou de fraude: l'Unité d'intégrité de l'athlétisme (AIU).
L'AIU a connu plusieurs avancées notamment sur le financement de l'antidopage par le secteur privé sur les grands marathons, et multiplie les procédures dont les différentes étapes sont désormais rendues publiques.
"Je pense pouvoir dire que nous avons fait de grands progrès depuis deux ans grâce à l'accent mis sur le travail d'enquête et d'intelligence, explique à l'AFP le directeur de l'AIU Brett Clothier. Nous sommes également beaucoup mieux implantés dans beaucoup d'endroits à travers le monde."
L'organisme va procéder à 700 prélèvements sanguins avant les Mondiaux pour compléter les données du passeport biologique des athlètes, avant de réaliser environ 500 contrôles en marge des compétitions.

Vendredi 27 Septembre 2019

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