Facebook
Rss
Twitter







Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

​Privés de rentrée scolaire comme de l'accès aux soins médicaux, paramédicaux et psychologiques

Les apprenants en situation de handicap mis au ban de l'école



    Les apprenants en situation de handicap relevant des centres spécialisés seront exclus de la prochaine rentrée scolaire prévue le 7 septembre prochain.  Et pour cause : le ministère de la Solidarité et du Développement social et le directeur de l’Entraide nationale ont décidé de reporter, à une date ultérieure,  l’ouverture de ces centres. 
« C’est une décision absurde et étrange à la fois », nous a confié d’emblée Abdelmalek Asrih, coordinateur national  de la Plateforme de coordination des coalitions œuvrant dans le domaine du handicap. Selon lui, ladite décision a été prise de manière unilatérale et à l’improviste. « Personne ne sait sur quelle base cette décision a été prise. Sachant que ces centres spécialisés sont restés ouverts l’année dernière malgré la propagation du Covid-19 et ont bien fonctionné. On se demande pourquoi fermer ces centres aujourd’hui et pourquoi priver ces enfants de leur droit à la scolarisation alors que cette dernière fait partie intégrante du système éducatif national », nous a-t-il déclaré. Et de s’interroger : « Les enfants de ces centres seront les seuls concernés ou l’ensemble des enfants à besoins spécifiques ? ». 
En effet, la scolarité de ces derniers  se fait de trois manières différentes selon le type et le degré du handicap avec la possibilité de passer d'un niveau à l’autre en fonction de l'évolution de la situation de handicap de l'enfant. Ainsi, un enfant peut être scolarisé soit au niveau d’une classe avec des enfants normaux; soit dans une classe intégrée dans un établissement scolaire, regroupant uniquement des enfants du même type de handicap ou soit dans un centre spécialisé à vocation de prise en charge des enfants en situation de handicap.
Notre source ajoute que ces enfants ne seront pas privés que de leur droit à la scolarité mais aussi des services médicaux, paramédicaux et psychologiques offerts par ces centres. « Je ne sais pas si le département de la Solidarité et du  Développement social a pensé ou non  aux centaines de familles qui ne bénéficient pas des bourses pour handicap et qui s’acquittent des cotisations mensuelles pour éduquer leurs enfants dans ces centres. Idem pour les enfants qui poursuivent leurs études dans les écoles publiques et qui bénéficient des services médicaux et psychologiques de ces centres », s’est-elle demandée. 
Mais, il n’y a pas que le fondement de cette décision qui pose problème, la source de cette décision suscite aussi des interrogations. « Pourquoi le ministère de la Solidarité et du Développement social procède-t-il à l’élaboration d’une telle décision alors qu’il est censé gérer seulement le Fonds de cohésion sociale en collaboration avec d’autres départements notamment le ministère des Finances?», s’est interrogé Abdelmalek Asrih.
En effet, les attributions dudit département dans la promotion de l'éducation des enfants en situation de handicap consistent uniquement à coordonner avec toutes les parties concernées par l'éducation et la formation des personnes en situation de handicap, en particulier le ministère de l'Education nationale et de la Formation professionnelle, afin de mettre en place des stratégies, des politiques et des programmes dans ce domaine, de développer des programmes d'études, en coopération avec le ministère de l'Education nationale et de la Formation professionnelle, de développer les lois et les textes réglementaires régissant ce domaine, d’encourager les initiatives des associations pour  créer  des centres,  de les équiper,  de les appuyer ou de les réglementer, de créer des liens de coopération à l'intérieur et à l'extérieur du Maroc pour développer la qualité des prestations de ces centres et de coopérer avec toutes les parties pour développer les compétences du personnel de ces centres.
« La situation demeure confuse puisque même le ministère de l’Education nationale ne dispose pas d’une vision claire à ce sujet », nous a-t-il expliqué. Et d’ajouter : « Cela atteste du désarroi qui entoure ce dossier et révèle sa place sur l’agenda ministériel ». 
La fermeture temporaire desdits centres aura également des conséquences, selon notre interlocuteur, sur des centaines de postes d’emploi. « Ces centres créent du travail pour les experts, les spécialistes, les éducateurs et autres. A titre d’exemple, un centre ou une école qui accueille 350 enfants handicapés crée 50 postes d’emploi. Pourtant, malgré l’importance de ces postes de travail créées, aucune information n’a filtré sur le sort du personnel de ces centres », nous a précisé notre source.   
Le coordinateur national  de la Plateforme de coordination des coalitions œuvrant dans le domaine du handicap estime que le report de la rentrée scolaire pour les enfants handicapés risque d’amplifier l’inquiétude chez les enfants en situation de handicap et chez leurs familles ainsi qu’auprès des ONG. « Cette décision est un coup de massue asséné à nos efforts de sensibilisation et de communication sur l’utilité et l’importance de l'éducation et de l'enseignement des enfants en situation de handicap dans le processus d’intégration sociale des personnes en situation de handicap.   Nous avons beaucoup investi auprès des familles et de leurs enfants pour les convaincre de rejoindre les bancs de l’école et avec un tel report, tous ces efforts risquent de fondre comme neige au soleil », a-t-il conclu.  

Hassan Bentaleb
Lundi 31 Août 2020

Lu 293 fois

Nouveau commentaire :

Votre avis nous intéresse. Cependant, Libé refusera de diffuser toute forme de message haineux, diffamatoire, calomnieux ou attentatoire à l'honneur et à la vie privée.
Seront immédiatement exclus de notre site, tous propos racistes ou xénophobes, menaces, injures ou autres incitations à la violence.
En toutes circonstances, nous vous recommandons respect et courtoisie. Merci.



Flux RSS