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​Le dilemme des maisons menaçant ruine à Casablanca

Un problème grave pour les habitants, une course contre la montre pour les responsables




​Le dilemme des maisons menaçant ruine à Casablanca
A chaque fois qu'un logement insalubre s'effondre dans la ville de Casablanca, le débat entre les acteurs locaux et les habitants est relancé sur l'avenir des maisons menaçant ruine et les approches adoptées pour résoudre ce dilemme qui menace la sécurité publique locale.
L'année en cours a enregistré plusieurs effondrements de maisons menaçant ruine à Casablanca notamment dans la préfecture des arrondissements de Casablanca-Anfa qui a connu, en juillet dernier, l'effondrement de trois immeubles au quartier Bourgogne faisant 23 morts.
Ces incidents ont accéléré le rythme des démolitions comme en atteste la destruction récente de quelque 39 maisons menaçant ruine à Arsat Ben Slama dans la préfecture des arrondissements de Casablanca-Anfa.
Cette opération de démolition de bâtisses menaçant ruine entre dans le cadre du projet de l'Avenue Royale, qui tarde depuis un quart de siècle à relier la Mosquée Hassan II à la Place des Nations unies, sous la supervision de la Société nationale d'aménagement communal (Sonadac), a déclaré à la MAP, le chef de service de la communication à la préfecture des arrondissements de Casablanca-Anfa, Mostafa Qouassem.
Quelque 185 ménages ont déjà bénéficié d'un nouveau logement et le reste sera bientôt relogé dans les délais les plus courts possibles, a-t-il souligné, notant qu'une partie de ces familles qui ne sont pas encore relogées ont été accueillies dans des espaces aménagés spécialement pour ces ménages. 
Avec le concours et le soutien de l'ensemble des parties prenantes au projet et dans le cadre d'une approche participative et sociale, le comité provincial des bâtisses menaçant ruine a pu reloger plus de 1463 familles de près de 5732 personnes (22% du total des familles concernées) et présenter des propositions de relogement au profit de près de 2400 familles de plus de 10.000 personnes.
Pour sa part, le directeur général de la Sonadac, Saad Laachfoubi, a fait savoir que dans le cadre du projet de l'Avenue Royale qui date du siècle dernier et suite à une expertise effectuée par le Laboratoire public d'essais et d'études (LPEE), un travail de recensement des populations qui résident dans des constructions menaçant ruine (CMR) a été opéré par l'autorité locale. Et d'ajouter que dans ce cadre, une convention pour le relogement des habitants des CMR a été signée au niveau de la région du Grand Casablanca concernant près de 9.250 ménages, sur la période 2014, 2015 et 2016, soulignant que sur les 6.801 ménages, qui résident au niveau de la préfecture d'arrondissement de Casablanca-Anfa, près de 4.000 ménages seraient résidents dans la zone d'intervention de la Sonadac.
Pour faire face à cette situation et reloger de manière urgente et prioritaire ces populations, Sonadac a signé d'autres conventions avec des promoteurs privés pour mettre à la disposition de ces populations les appartements disponibles, a-t-il dit.
Au niveau de la préfecture des arrondissements de Casablanca-Anfa, un suivi particulier est porté à ce dossier et des réunions de coordination hebdomadaires sont tenues au siège de ladite préfecture présidées par le gouverneur, en présence de l'ensemble des intervenants, et ce pour présenter l'état d'avancement des opérations de relogement et les éventuels points de blocage.
L'avancement des opérations de relogement des résidents des CMR au niveau de la préfecture des arrondissements de Casablanca-Anfa, (périmètre Sonadac compris) a profité au 28 novembre dernier, à 6.801 ménages, près de 35 % des ménages (ou 38 % de la population concernée) qui sont soit relogés de manière définitive, soit disposent d'une offre de logement.
Quelque 1.456 ménages (soit près de 5.700 personnes) ont été relogés de manière définitive et près de 950 ménages disposent d'une offre et finalisent actuellement leur dossier de relogement.
A ce titre, sur les 4.000 ménages concernés par Sonadac, l'état d'avancement, au 28 novembre dernier, montre que 1.213 ménages (soit près de 4.500 personnes) ont été relogés de manière définitive et près de 887 ménages disposent d'une offre et finalisent actuellement leur dossier de relogement. 
Dans le même contexte, Sonadac, en concertation étroite avec les autorités locales, poursuit son effort de relogement en recevant les ménages concernés pour les accompagner et leur affecter un logement et ce, en fonction du stock mis à disposition et des priorités dictées par la situation sur le terrain. Ainsi, près de 100 ménages supplémentaires seront relogés d'ici la fin de l'année, selon M. Laachfoubi.
Depuis le démarrage de l'opération CMR, les autorités locales ont aménagé des sites d'accueil transitoires d'une capacité totale de près de 150 ménages (650 personnes), qui, en fonction des disponibilités, sont proposés aux populations concernées, avec tous les services d'accompagnement nécessaires. A nos jours, près de 150 ménages ont transité par ces sites avant d'être relogés de manière définitive. 
En plus des efforts déployés par la Sonadac et dans le cadre d'une convention pour le relogement des habitants des constructions menaçant ruine, signée en avril dernier au niveau de la région du Grand Casablanca pour la période 2014-2016, plus de 4.250 autres ménages sont pris en charge par la société Idmaj Sakane qui prévoit plusieurs opérations de relogement au niveau de la commune urbaine de Mejjatia Ouled Taleb. 
En vertu de cette convention, la commune urbaine de Casablanca prend en charge la destruction de 1.127 bâtisses, alors que la Sonadac en démolira 1.053, situées sur le tracé de l'Avenue Royale.
Selon les statistiques de la wilaya du Grand Casablanca, plus de 9.000 ménages sont concernés par ce programme, 2180 maisons seront démolies et 6338 maisons ont été soumises à l'expertise du Laboratoire public d'essais et d'études (LPEE).
Ces chiffres montrent l'ampleur de la problématique à laquelle sont confrontés les autorités locales, les élus et tous les acteurs civils au niveau de la région du Grand Casablanca. 
Pour les acteurs associatifs, ce programme a connu des anomalies dans sa mise en œuvre notamment dans la valeur des offres en plus des retards dans la livraison des appartements, une problématique qui a engendré d'autres problèmes liés aux récalcitrants qui veulent profiter des mêmes avantages que les chefs de familles. 
A ce propos, le secrétaire général de la Fédération des associations de l'ancienne Médina, Moussa Sirajeddine a souligné, dans une déclaration à la MAP, que les alternatives suggérées consistent en des maisons de 46 m2 se situant dans la banlieue de la ville pour une valeur de 200.000 dirhams notant que ces maisons relèvent de la catégorie du logement social à un prix de 140.000 dirhams. Et de souligner que l'ampleur du problème et de sa gravité nécessitent des efforts des autorités locales et des responsables concernés pour trouver des solutions efficaces et appropriées et protéger les familles, ajoutant que le traitement de ce dossier doit impérativement tenir compte du côté social. 
Toutes ces données, qui mettent en exergue l'ampleur de ce dilemme qui touche la paix sociale dans la plus grande ville du Royaume, ont poussé à réfléchir à trouver des solutions d'urgence. Ces solutions sont incluses dans le projet de développement du Grand Casablanca (2015-2020) dont la cérémonie de lancement a été présidée par S.M le Roi Mohammed VI en septembre dernier à Casablanca.
Ce plan de développement a donné au volet socioculturel une grande importance, un volet qui a trait à l'amélioration des conditions de vie des habitants (2,6 milliards de DH) et qui accorde un intérêt particulier aux catégories sociales en situation de précarité et aux personnes à besoins spécifiques et ce en complémentarité avec les programmes de l'INDH.
Ce plan de développement prévoit également des actions pour veiller au respect de l'environnement et du cachet identitaire de la mégalopole marocaine, cœur battant de l'économie nationale.  

MAP
Vendredi 12 Décembre 2014

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