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​L’OMS doute de l’utilité et de la viabilité de la fermeture des frontières

D’autres stratégies seraient plus efficaces pour contrecarrer la propagation du virus




​L’OMS doute de l’utilité et de la viabilité de la fermeture des frontières
Les pays, dont le Maroc, ayant opté pour la fermeture de leurs frontières ont-ils raison de le faire ? La réponse est «Non», laisse entendre l'Organisation mondiale de la santé (OMS) qui a estimé que  les interdictions de voyage international ne peuvent pas rester en place indéfiniment. Maintenir les frontières fermées ne constitue pas une stratégie apte à empêcher la circulation du coronavirus.
Intervenant lors d'une conférence de presse tenue lundi dernier, le docteur Michael Ryan, directeur des situations d'urgence à l'OMS, a affirmé qu’il sera presque impossible pour les pays de maintenir dans un futur proche leurs frontières fermées. Selon lui, les économies doivent reprendre et les populations doivent relancer leurs activités, tout en reconnaissant que chaque Etat devrait prendre en compte individuellement les risques d'ouvrir ses frontières. « A l'heure actuelle, de nombreux pays dans le monde ferment leurs frontières à des ressortissants venant de zones à risque ou imposent des quarantaines et des tests, mais sans stratégie concertée. Seules en tant que telles, [ces mesures] ne sont pas efficaces pour limiter les mouvements du virus, qui se trouve partout", a précisé le responsable de l'OMS. "Mais il est très difficile de définir une politique globale", a-t-il ajouté, soulignant que la nature du risque était déterminée par les situations locales et nationales. 
Plus largement, l’OMS ne soutient que la nécessité pour les nations du monde entier de maintenir des restrictions sanitaires strictes, telles que l’éloignement physique, faisant peu de cas de la conception que l’on fait d’une deuxième vague ou de nouveaux pics. 
Des propos tenus quelques jours avant de la sortie du chef du gouvernement marocain qui a déclaré, lors d’un point de presse organisé le 26 juillet dernier, qu’il n’y aura pas  d’ouverture de frontières dans un avenir proche vu le temps et l’énergie que nécessite la préparation des vols spéciaux en coordination avec les autres pays. Jusqu’à aujourd’hui, le Maroc a accueilli 17.850 Marocains venus à travers 105 vols de RAM, 76 vols de Air Arabia en plus de trois traversées maritimes. En effet, le gouvernement a opté pour une réouverture partielle des frontières, dès  le 14 juillet courant, à ses citoyens bloqués ou résidant à l’étranger de même qu’aux étrangers résidant au Maroc.
Ces derniers ont été autorisés à rentrer sur le territoire uniquement par avion ou bateau. Des ferries ont été mis à disposition, au départ “exclusivement” de Sète (France) et de Gênes (Italie). « Le Maroc pourra changer sa position à tout moment vu l’évolution de la situation au niveau national et mondial. En effet, « il n’y a pas une position fixe et inflexible concernant cette question ou autre », nous a indiqué une source sous le sceau de l’anonymat. Et de poursuivre : « Les positions des autorités marocaines concernant l’usage des bavettes, l’instauration du confinement, entre autres, en disent long sur la flexibilité de la position marocaine». Selon cette source, le Maroc a besoin d’ouvrir  ses frontières pour relancer les activités commerciales et touristiques, mais en même temps, il craint une deuxième vague de propagation du virus.
De son côté, Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l’OMS, a indiqué que les fondamentaux du combat contre le nouveau coronavirus demeurent, à savoir le leadership politique, l’information, l’engagement et l’écoute des communautés. De même, ce n’est qu’en respectant strictement les mesures sanitaires, du port du masque à la distanciation physique avec l’évitement des foules que le monde pourra vaincre le Covid-19.  «Lorsque ces mesures sont suivies, les cas diminuent. Là où elles ne le sont pas, les cas augmentent», a-t-il déclaré.
Et de poursuivre : « Les pays et les communautés qui ont suivi ces conseils avec attention et constance ont obtenu de bons résultats, soit en prévenant des épidémies à grande échelle - comme le Cambodge, la Nouvelle-Zélande, le Rwanda, la Thaïlande, le Viêt Nam et les îles du Pacifique et des Caraïbes - soit en maîtrisant de grandes épidémies - comme le Canada, la Chine, l’Allemagne et la République de Corée », a indiqué le chef de l’OMS. 
La pandémie du Covid-19  a fait plus de 640.016 morts dans le monde depuis fin décembre, selon un bilan établi lundi par l’OMS. Au moins 15.785.641 cas ont été officiellement diagnostiqués dans 196 pays et territoires. «Et la pandémie continue de s’accélérer», a ajouté le Dr Tedros, soulignant qu’au cours des six dernières semaines, le nombre total de cas a presque doublé.
Avec plus de 4 millions de cas, les Etats-Unis sont le pays le plus touché avec 143.663 décès, devant le Brésil (85.238 morts et 2.343.366 cas), le Royaume-Uni (45.738 morts et 298.681 cas), le Mexique (42.645 décès et 378.285 cas), l’Italie (35.102 morts et 245.864 cas) et la France (30.192 décès et 180.528 cas). 

Hassan Bentaleb
Mercredi 29 Juillet 2020

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