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​Au fil du temps




​Au fil  du temps
A l’orée de chaque année, certains confrères ne peuvent s’empêcher de sacrifier au sempiternel exercice de la chronique du temps qui passe en comptant les feuilles mortes du dernier automne qu’ils ont vécu, sans pour autant étouffer dans leur cœur les fortes promesses de la vie nouvelle qui pointe le bout de son nez. Un exercice certes difficile, mais qui fait partie intégrante de ce  journalisme que l’on croit nécessaire à l’éclosion et au développement de toute démocratie. Coups de cœur ou de griffes, panégyriques et traits d'humeur avec, ici ou là, un rien d'inquiétude, de ravissement et d'admiration peuplent les colonnes et journaux, dressent le  portrait de notre société, décortiquent les ressorts d’évènements que l’on croit marquants, tout en essayant de nous transporter tout à la fois hors du temps et au cœur de notre temps. Un temps où la politique tient le haut du pavé en tant que pratique où le nécessaire et le possible font parfois bon ménage, mais dont la mémoire ne retient que ce qu’elle veut ou peut.
“Si nous nous souvenions de tout, nous serions la plupart du temps aussi malades que si nous ne nous rappelions rien”, disait à ce propos le psychologue William James. Notre mémoire fonctionne, en effet, de manière sélective. Certains des souvenirs qui l’impriment peuvent y rester  profondément gravés tandis que d’autres s’effilochent rapidement et tombent dans l’oubli.
Que nous restera-t-il donc comme souvenirs de 2017 sinon la perception d’un temps qui nous a manqué, d’un temps après lequel il nous a fallu courir tout le temps, alors que le présent fut immuable et marqué par de nombreux blocages qui ont aiguisé les problèmes et rendu la situation de Monsieur-Tout-le-Monde encore plus intenable ?
Les défis qui s’imposent à notre pays auraient dû nous inciter à mettre nos pendules à l’heure et nous faire vivre au tic-tac d’une même horloge mondiale, mais force est de constater que nous semblons non seulement vivre dans un autre temps mais aussi  gaspiller le nôtre en effets d’annonce et en lancement de projets qui ne voient nullement le jour en temps opportun.
Résultat : les souvenirs que notre mémoire gardera de 2017 ne seront pas roses. Le Hirak d’Al Hoceima, les grèves de la soif à Zagora, les manifestations de Jerada, les mortes de Sidi Bouaâlam, etc.  continueront, en effet, à tarauder nos consciences vu que le traitement qui leur a été réservé fut essentiellement sécuritaire et judiciaire et non pas economique et social comme cela aurait dû être. 
Espérons qu’il n’en sera plus pareil en 2018.

Libé
Lundi 1 Janvier 2018

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