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Les opérateurs casablancais obligés de payer la casse




Les opérateurs casablancais obligés de payer la casse
“Le port est entièrement paralysé, il n’y a que des mouettes partout», a martelé un agent de douane du port de Casablanca.
La grève du transport, qui dure depuis six jours déjà, a paralysé le trafic du port de la capitale économique. Décrétée lundi dernier à l’initiative de certains syndicats, elle vise à s’opposer à la mise en place du nouveau Code de la route qui attend son approbation par la deuxième Chambre du Parlement.
Depuis le début du mouvement, le nombre de containers  stockés n’a cessé d’augmenter  sous l’effet  d’un flux continu des navires attendant avant d’accoster et décharger. Cette grève devient la préoccupation centrale des importateurs et exportateurs, des transitaires,  des syndicalistes, des douaniers et  la population de la métropole. Les grues ont pris leurs congés et les containers ne cessent de s’entasser.  Peu de  des transitaires devant les guichets de recouvrements, tous les grévistes se sont regroupés devant leurs bureaux. Sur place, on trouve deux voitures des forces auxiliaires. Certains jeunes Casablancais ne ratent pas cette occasion pour prendre leur petit déjeuner composé essentiellement de fruits de mer cuits dans un plat communément appelé« mkilla».
La grève du transport routier a eu un impact considérable sur le port de Casablanca, en provoquant le site de Marsa Maroc. De même, les responsables du secteur maritime estiment que la perte s’élève à quatre-vingts millions de dirhams par heure.
Par ailleurs, la grève a perturbé  la circulation au niveau de tous les accès du port de la métropole. Aucun camion n’y circule et  aucune voiture à l’exception des véhicules des agents de douane.
 «Le port de Casablanca accueille chaque  jour plus de 900 containers dont le tiers contient des marchandises fragiles destinées à la consommation et dont la date de péremption est très limitée», précise Abdallah Hamouchi, secrétaire général de la Fédération  démocratique nationale des transporteurs des marchandises au sein du port. Malgré plusieurs tentatives, les hauts responsables du port de Casablanca restent injoignables depuis le lancement de cette grève. Et donc, rien ne filtre pour le moment. Le flou persiste toujours.
Sur le plan local,  le port de Casablanca joue un rôle-clé dans  l’économie. Avec un nombre de quinze mille propriétaires de camions, il assure  un emploi direct de plus de 30000 personnes, soit plus de deux personnes par camion. À cela s’ajoutent des activités annexes. Les dépenses de chaque camion avoisinent 600 dirhams par jour. Rappelons que le transport maritime assure 98% des échanges extérieurs du Maroc. Alors que 72% du trafic portuaire est assuré par les ports de Casablanca, Mohammedia et Jorf Lasfar. Les marchandises en vrac représentent 83% du tonnage total.  En revanche, les services de douane ont continué à fonctionner normalement. Les recettes douanières du port de Casablanca sont estimées à 236 millions de dirhams pendant les trois premiers jours de la grève.  «Les recettes douanières ne seront pas affectées que si la grève se prolonge», annonce un haut responsable douanier.
Selon Miloud Mdiaorat, secrétaire général du syndicat national  des propriétaires des engins, le port de Casablanca reçoit chaque jour plus 1000 camions containers, plus de 200 camions à benne et plus de 300 remorques. Sur le plan national, le transport routier reste prépondérant puisqu’il représente 75% du trafic de marchandises et 95% du transport de voyageurs.
«Nous sollicitons l’abrogation de ce code et la restructuration de l’infrastructure», souligne le même responsable syndical tout en ajoutant que «nous voulons éliminer les parasites du secteur pour que nos héritiers vivront tranquilles».
Devant le refus de dialogue de la part du gouvernement, certains syndicalistes sollicitent une intervention Royale pour normaliser la situation.

Ahmed Hasnaoui
Samedi 11 Avril 2009

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