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Entretien avec le ministre de l'Emploi et de la Formation professionnelle




Entretien avec le ministre de l'Emploi et de la Formation professionnelle
Jamal Rhmani : «Notre souci est de maintenir les postes d'emploi»
Le taux de chômage
a observé une baisse en 2008. La crise financière mondiale pourra, cependant, impacter
négativement
le Maroc. Le textile
et l'automobile sont déjà considérés comme deux secteurs vulnérables qui nécessitent
des mesures
d'accompagnement. Dans l'entretien qui suit, Jamal Rhmani analyse la situation du marché de
l'emploi, dresse
l'état des lieux
du dialogue social
et le fonctionnement de son département.

Libé : Quelle est la situation actuelle du marché de l'emploi au Maroc ?

Jamal Rhmani : Depuis quelques années, le Maroc s'est engagé dans une politique d'emploi basée sur cinq piliers. Le premier porte sur la modernisation du tissu productif national à travers le lancement de grands projets tels que le Plan Emergence, le Plan Azur, le Plan Vert…
Le deuxième axe se concrétise par le développement de l'intermédiation sur le marché du travail à travers la création de l'ANAPEC et sa dynamisation.
Les pouvoirs publics ont également déployé un effort important dans la mise en place de mesures de promotion de l'emploi, et à ce stade, je cite les dernières mesures lancées en 2005 qui sont IDMAJ, TAEHIL et MOUKAWALATI. Le quatrième pilier de la politique relative à la promotion de l'emploi s'est concrétisé par l'amélioration de la gouvernance du marché de travail à travers la création d'un Observatoire national de l'emploi et le lancement d'études prospectives. A cela s'ajoute évidemment le développement du programme de la formation professionnelle.
Cette politique nous a permis d'observer une baisse tendancielle du taux de chômage. Ainsi il est passé de 13.6% en 2000 à 9.8% en 2007 avec une création annuelle moyenne de 151.000 emplois, et c'était la première fois qu'on enregistre un taux de chômage au-dessous de 10%. Au cours de l'année 2008, cette tendance baissière a pu être conservée grâce aux efforts déployés par tous les acteurs concernés. Ainsi le taux de chômage était de 9.6% au premier trimestre et 9.1% au second alors que le troisième trimestre a connu une certaine augmentation pour se stabiliser autour de 9.9%. Cette augmentation a été enregistrée notamment dans le milieu rural puisque le taux de chômage est passé de 3.5% au troisième trimestre 2007 à 3.9% au troisième trimestre 2008.
En attendant les résultats de l'enquête du HCP pour avoir le taux de chômage de l'année 2008, nous espérons qu'on terminera l'année au-dessous de 10% et qu'on le restera en 2009 malgré les effets de la crise économique.

Quelles sont les mesures prises pour atténuer l'impact de la crise sur les secteurs vulnérables au Maroc ?

L'impact de la crise économique qui a touché en premier lieu les pays développés commence à se faire sentir au niveau des entreprises marocaines agissant en tant que sous-traitant des donneurs d'ordres étrangers, notamment dans les secteurs du textile et des équipements automobiles. Dans le souci de maintenir les postes d'emploi, et d'aider ces secteurs à garder un niveau de compétitivité raisonnable,   le gouvernement a entamé des concertations avec les professionnels et les syndicats de ces deux secteurs pour mettre en place un plan d'urgence permettant de surmonter la crise. Ce plan prévoit une série de mesures dont notamment le soutien financier et professionnel et l'allégement des charges sociales.
Il est à noter que ces mesures seront destinées d'abord aux entreprises qui respectent la législation sociale, et que le ministère de l'Emploi et de la Formation professionnelle veillera à la sauvegarde des droits des salariés notamment en matière de sécurité sociale.

Que proposiez-vous pour donner un nouveau souffle au dialogue social ?

Je pense que le dialogue social n'a pas besoin d'un nouveau souffle mais seulement d'une priorisation des points inscrits à l'ordre du jour pour pouvoir avancer plus vite. En effet, l'ordre du jour de la session d'octobre a été élargi suite à la demande des partenaires sociaux et économiques et de ce fait, il fallait plus de temps pour pouvoir examiner et discuter tous les dossiers proposés. Néanmoins, sur un nombre important de dossiers des consensus ont été dégagés. C'est le cas pour les élections professionnelles de 2009 qui constituent une phase primordiale dans le processus d'instauration du dialogue social au sein de l'entreprise. Par ailleurs, sur d'autres sujets, la concertation est bien avancée, et les perspectives de consensus sont prometteuses. 

Peut-on dire que la convergence est atteinte entre les différentes composantes du ministère de l'Emploi, de la Formation professionnelle et la protection sociale ?

C'est un peu tôt pour parler de la convergence entre les différentes composantes du ministère. Cependant, il y a lieu de signaler que des avancées considérables ont été réalisées. En effet, le processus de convergence et de synergie a été lancé en janvier 2008 à Marrakech lors de la rencontre qui a réuni pour la première fois tous les responsables centraux et régionaux du ministère et de ses établissements sous tutelle, et depuis une série de mesures ont été prises. A ce titre, je vous cite la coordination entre le corps des inspecteurs du travail et celui des inspecteurs de la CNSS et entre l'ANAPEC et la CNSS, notamment dans le cadre du programme « Idmaj».
La coordination entre l'ANAPEC et l'OFPPT, notamment pour le programme « TAEHIL » est un autre exemple qui illustre les efforts menés avec persévérance pour plus de convergence. La nomination de points focaux genre au niveau du ministère et des établissements sous tutelle et le lancement d'un projet d'institutionnalisation de l'approche genre s'inscrivent également dans cette même approche.

Quels sont les projets à caractère législatif à l'ordre du jour de votre département ?

Tout d'abord, il faut noter qu'au cours de 2008 un nombre important de décrets portant notamment sur la revalorisation du salaire minimum, l'extension des allocations familiales au secteur agricole et l'organisation des élections professionnelles, a été adopté. D'autres tels que la loi sur le travail domestique ou la loi portant réforme du régime des accidents du travail et des maladies professionnelles sont en cours d'adoption.
De nouveaux projets de loi ont été préparés par le ministère et feront l'objet de concertation courant 2009. Il s'agit de la loi relative à l'instauration d'une indemnité pour perte d'emploi, la  loi organique de la grève, la loi relative aux syndicats professionnels ainsi que la loi régissant les activités à caractère purement traditionnel.

Propos recueillis par Mohamed Kadimi
Samedi 31 Janvier 2009

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