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Des thèses opposées et des mystères




Des thèses opposées et des mystères

Ce procès verra s'affronter la défense de Geneviève Lhermitte et les parties civiles, essentiellement
le père des cinq enfants assassinés et le Dr Schaar.
La défense. Les défenseurs de Geneviève Lhermitte, Mes Xavier Magnée et Dany Spreutels, espèrent emporter l'acquittement de leur cliente. Ils invoqueront l'article 71 du Code pénal qui absout l'accusé qui aurait agi sous l'emprise d'une contrainte irrésistible.
«Geneviève Lhermitte était exaspérée, il faudra dire qui étaient les exaspérants », martèlent-ils depuis le début. Cet axe de plaidoirie paiera-t-il ? Les jurés sont seuls maîtres de l'issue du procès. Geneviève Lhermitte compte faire de son procès une « tribune » pour exprimer publiquement - elle qui avait tant de mal à verbaliser sa souffrance auprès de ses proches - ses récriminations à l'égard de son mari et du Dr Schaar.
L'accusation. L'acte d'accusation de l'avocat-général Pierre Rans est un résumé objectif des faits.
Il laisse une large place aux considérations des psychiatres et psychologues. Geneviève Lhermitte, même si elle est reconnue coupable, devrait bénéficier de larges circonstances atténuantes : l'absence d'antécédents, l'état anxio-dépressif dans lequel elle se trouvait.
Bouchaïb Moqadem. Le papa des enfants assassinés veut obtenir « des explications et une punition », selon son avocat MeAmrani. M. Moqadem a rendu visite plusieurs fois à son épouse en prison, sans jamais aborder les événements tragiques du 28 février 2007.
Geneviève Lhermitte, qui persévérait à lui envoyer de sa prison des mots d'amour, a finalement décidé de divorcer. Le jugement l'y autorisant est frappé d'appel par M. Moqadem.
Le Dr Schaar. Il est taxé de tous les maux par Geneviève Lhermitte alors que sa présence à la maison de Nivelles (qu'il avait financée) était très limitée. L'accusée reconnaît qu'elle profitait des apports financiers du Dr Schaar et a déclaré, lors de ses premières dépositions, comme auprès des psychiatres, s'être inquiétée de la disparition de cette manne financière, si Schaar venait à mourir ou à prendre sa pension. Même s'il n'est pas dans le box des accusés, ce procès sera aussi le sien ; la défense de Lhermitte l'ayant désigné comme la cause du passage à l'acte de la mère prétendument « parfaite ».
Les inconnues. L'analyse des experts psychologues et psychiatres n'est fondée que sur le seul récit de Geneviève Lhermitte, truffé de mensonges. Ils ont refusé de procéder à une confrontation avec les récits de Bouchaïb Moqadem et du Dr Schaar, dans le souci de « préserver la confiance de Geneviève Lhermitte ».
Quant aux faits, de nombreuses inconnues subsistent. L'enquête de la PJ de Nivelles n'a ainsi pas pu certifier que l'accusée avait bel et bien volé les couteaux du crime le jour du drame (les caissières ne l'ont pas aperçue ; les vidéos restent muettes), ce qui laisse entière la question de la préméditation.
Le récit, extrêmement détaillé, que donne Geneviève Lhermitte des faits, n'est aussi que le produit de son seul témoignage.
Casting. Outre Mes Magnée et Spreutels pour Geneviève Lhermitte, d'autres gros calibres du barreau seront à la barre. Me Amrani pour Bouchaïb Moqadem, Me de Quevy pour le Dr Schaar, Mes Callewaert, de Gallant et Kauten pour la famille Moqadem.

Les écoles des petites victimes dans l'attente

Aucune commémoration ou action spéciale n'est prévue à Nivelles, au moment où s'ouvrira le procès de Geneviève Lhermitte.
Le bourgmestre Pierre Huart n'a reçu qu'une seule demande, celle de… barrières pour canaliser le flux des journalistes attendus.
Dans les deux écoles où la famille Moqadem-Lhermitte avait ses cinq enfants, à savoir le collège Sainte-Gertrude et l'institut Saint-Michel, c'est la discrétion qui s'impose.
« Nous avons planté un arbre et répondu aux questions des jeunes lors de la commémoration en février, nous explique Gilbert Brancart, directeur du secondaire de Sainte-Gertrude.
Pour le reste, c'est vrai qu'il y a des blessures qui restent, mais les interrogations actuelles des jeunes sont traitées au cas par cas, éventuellement via la collaboration que nous avons avec le centre PMS.
Certaines jeunes ont d'ailleurs pris l'habitude de s'adresser directement à ce centre en cas de problème.»
Et tandis qu'à l'institut Saint-Michel, on ne souhaite faire aucun commentaire, un professeur nous résume la pensée de ses collègues : « Une certaine lassitude s'est installée, voire un ras-le-bol face à l'ampleur que prend cette affaire dans les médias.
Comme si on essayait d'influencer les jurés qui vont devoir se pencher lundi sur ce pénible dossier…
Pour le reste, chacun a, je pense, son opinion personnelle, sans qu'une école ait encore le devoir d'apporter des réponses.
En fait, j'ai l'impression qu'on n'attend plus qu'une seule chose, c'est que cette affaire soit jugée. »

Libé
Dimanche 21 Décembre 2008

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