
"C'est une extension des actes terroristes qui ont frappé tous les Etats et toutes les villes", a déclaré à l'AFP Pam Ayuba, le porte-parole du gouverneur de l'Etat du Plateau en faisant référence aux insurgés qui multiplient les violences notamment dans le nord et le nord-est du pays.
Les explosions se sont produites vers 18H00 (17H00 GMT) jeudi sur un marché de Jos, près d'une gare routière où une attaque du même type avait tué au moins 118 personnes en mai dernier. L'attentat avait été revendiqué par le leader de Boko Haram, Abubakar Shekau. L'Etat du Plateau avait reçu des renseignements selon lesquels une nouvelle attaque était possible, selon le porte-parole.
Il a exclu que ces attentats soient directement liés au contexte électoral, alors que l'opposition et le pouvoir tenaient ces derniers jours leurs primaires pour choisir leur candidat à la présidentielle de février 2015.
Située à la frontière du Sud chrétien et du Nord musulman du Nigeria, la ville de Jos a été visée plusieurs fois par des attaques du groupe islamiste Boko Haram, qui enchaîne à un rythme quasi-quotidien les raids meurtriers dans le Nord.
Les explosions ont eu lieu sur un marché de Jos près d'une station de bus, où une attaque du même type avait tué au moins 118 personnes en mai dernier.
Mercredi à Kano, la plus grande ville du nord du pays, la police a arrêté une fille de 13 ans munie d'une ceinture d'explosifs, ont annoncé jeudi à l'AFP une source sécuritaire et un témoin.
Accompagnée d'un homme, la jeune fille s'est présentée dans un dispensaire de la banlieue de Kano, éveillant les soupçons quelques heures après le double attentat-suicide perpétré par deux femmes, qui a fait quatre morts le même jour sur un marché aux tissus de la ville.
"Nous avons alerté la police qui s'est immédiatement déplacée et a interpellé" l'homme et la jeune fille, a témoigné une infirmière. "En les fouillant, la police a découvert des explosifs cachés sous son hijab, confirmant nos soupçons. Les policiers les ont ensuite emmenés". La source sécuritaire a expliqué que la jeune fille faisait partie du commando kamikaze qui avait visé le marché aux tissus.
Boko Haram utilise de plus en plus souvent des jeunes filles pour ses attaques suicides, à travers tout le nord du Nigeria.
Selon des experts, l'utilisation de ces kamikazes, volontaires ou forcées, démontre la volonté du groupe islamiste d'intensifier le climat de terreur dans ces régions.
En novembre dernier, plus de 120 personnes étaient mortes dans une attaque de Boko Haram contre la grande mosquée de Kano, en pleine prière du vendredi.
Par ailleurs, des islamistes présumés ont tué 11 personnes en attaquant mercredi soir la ville de Gajiganna, dans l'Etat de Borno (nord-est), l'un des plus durement touchés par les violences.
Cette localité isolée se trouve à une vingtaine de km de Maiduguri, fief historique de Boko Haram.