Facebook
Rss
Twitter







Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

Washington exhorte les Houthis à la désescalade

Des “millions de civils” en danger selon l'ONU



Les Etats-Unis et l'ONU ont exprimé mardi leur inquiétude face à l'avancée de rebelles houthis dans le nord du Yémen, qui mettrait en danger selon eux des millions de civils. Les rebelles houthis, soutenus par l'Iran, tentent de s'emparer depuis plus d'un an de la ville de Marib, riche en pétrole et dernier bastion du pouvoir dans le nord du Yémen en guerre. Après une accalmie, ils ont repris le 8 février leur offensive contre les forces gouvernementales, appuyées par une coalition dirigée par l'Arabie saoudite. Tim Lenderking, émissaire des Etats-Unis pour le Yémen, a exhorté les Houthis à "mettre fin à leur avancée". Le diplomate a été récemment nommé par le président américain Joe Biden, qui souhaite voir le conflit prendre fin. L'offensive pourrait "pousser l'infrastructure humanitaire déjà fragilisée, au-delà de son point de rupture", a déclaré Tim Lenderking à Washington devant la presse, avant son déplacement dans la région. "Mettre fin à cette guerre à travers une solution politique durable est le seul moyen de mettre fin à la crise humanitaire qui a ravagé la population yémenite", at-il affirmé. Les Nations unies s'alarment également des conséquences de l'offensive. "Je suis très inquiet de l'escalade militaire à Marib", a tweeté le secrétaire général adjoint de l'ONU pour les Affaires humanitaires, Mark Lowcock. "Un assaut sur la ville mettrait deux millions de civils en danger, avec des centaines de milliers de personnes potentiellement forcées de fuir et des conséquences humanitaires inimaginables." Le haut diplomate a annoncé qu'il discuterait de la situation jeudi avec le Conseil de sécurité de l'ONU, appelant à "désamorcer" la crise au lieu "d'ajouter encore plus à la misère du peuple yéménite". Cette escalade intervient au moment où les Etats-Unis ont annoncé l'arrêt de leur soutien à l'Arabie saoudite au Yémen et le retrait mardi des Houthis de leur liste des "organisations terroristes", afin de ne pas entraver l'acheminement de l'aide vers les territoires qu'ils contrôlent. A Genève, le Bureau de coordination des Affaires humanitaires de l'ONU (Ocha) a annoncé la tenue d'une conférence des contributeurs pour l'aide au Yémen le 1er mars, disant espérer lever "4,2 milliards de dollars". Les combats autour de Marib ont fait des dizaines de morts et de blessés dans les deux camps ces derniers jours, selon des responsables militaires du gouvernement yéménite. Les Houthis communiquent rarement sur leurs pertes mais des funérailles collectives de combattants ont été organisées mardi à Sanaa, à 120km à l'ouest de Marib. Les Houthis se sont emparés de la capitale en 2014, déclenchant cette guerre qui a plongé le pays dans la pire crise humanitaire au monde selon l'ONU. Ils se sont depuis accaparés la quasitotalité du nord du pays. Ces dernières heures, "les rebelles ont pu avancer à l'ouest et au nord de Marib", a déclaré un responsable militaire à l'AFP. Les forces gouvernementales ont mobilisé des centaines de combattants sur divers fronts autour de Marib. Mardi matin, la coalition militaire a annoncé l'interception d'un drone piégé lancé par les Houthis vers l'aéroport international d'Abha (sud-ouest de l'Arabie saoudite), qui a fait l'objet de plusieurs attaques ces derniers jours. Les rebelles ont eux fait état sur leur chaîne Al-Massirah de 13 frappes aériennes de la coalition près de Marib au cours des dernières 24 heures, sans donner de bilan. "Allez aussi loin que vous le souhaitez dans vos illusions, mais il n'y aura pas de solution sans un véritable dialogue avec Sanaa", a tweeté un haut responsable rebelle Mohammed Ali al-Houthi. La ville constituait jusqu'alors un refuge pour de nombreuses personnes ayant fui les combats dans ce pays dévasté par la guerre, avec des dizaines de milliers de morts, des millions de déplacés et une population constamment au bord de la famine. Selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), environ 650 familles ont dû fuir lors de la recrudescence des violences à Marib. "Si les combats se dirigent vers des zones habitées ou les sites de déplacés, nous verrons la population fuir à nouveau vers des endroits à l'est et au sud de la ville avec encore moins de ressources", a déclaré à l'AFP la porte-parole de l'OIM pour le Yémen, Olivia Headon. Mais selon Maged al-Madhaji, directeur du Centre d'études stratégiques de Sanaa, "les Houthis ne reculeront pas, ils profitent de l'élan politique mondial contre les Saoudiens (...) Il n'y a pas de conditions politiques plus idéales pour les Houthis", en référence notamment au revirement de la politique américaine depuis l'arrivée de Joe Biden à la Maison Blanche. La prise de Marib par les Houthis porterait un coup dur au pouvoir mais aussi à l'Arabie saoudite qui l'épaule depuis 2015, car le nord du Yémen, frontalier du royaume, serait alors entièrement aux mains des rebelles. "Marib est la grande prise politique et économique dont les Houthis rêvent", observe Maged al-Madhaji.

Libé
Mercredi 17 Février 2021

Lu 250 fois

Nouveau commentaire :

Votre avis nous intéresse. Cependant, Libé refusera de diffuser toute forme de message haineux, diffamatoire, calomnieux ou attentatoire à l'honneur et à la vie privée.
Seront immédiatement exclus de notre site, tous propos racistes ou xénophobes, menaces, injures ou autres incitations à la violence.
En toutes circonstances, nous vous recommandons respect et courtoisie. Merci.


Flux RSS