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Violente volte-face ministérielle

Une centaine de jeunes lauréats d' un concours dûment organisé désappointés par le département de la Jeunesse et des Sports




Violente volte-face ministérielle
Peut-on annuler le résultat final d’un concours de la fonction publique deux mois après sa publication, l’organisation d’une session de formation des lauréats et le passage de la visite médicale ? C’est la question à laquelle doit répondre prochainement le tribunal administratif de Rabat suite à une requête déposée dernièrement par les 95 lauréats déboutés du concours de recrutement organisé par le ministère de la Jeunesse et des Sports et dont les résultats ont été annulés au prétexte que son déroulement a été entaché de dysfonctionnements.

« Nous avons décidé de poursuivre le département de la Jeunesse et des Sports devant la justice pour abus de pouvoir. L’argument selon lequel il y a eu des dysfonctionnements ne tient pas la route. Ceci d’autant plus que les responsables de ce département ont attendu deux mois et demi avant d’en annuler les résultats », nous a indiqué l’un des lauréats. Et de poursuivre : « Ce ministère doit même nous indemniser pour  les préjudices et dommages causés par l’annulation de ce concours qui a porté beaucoup de tort aux lauréats. En effet, la majorité d’entre nous ont démissionné de leurs emplois dans le secteur public et privé. Pis, l’une des lauréates a perdu son bébé suite à l’annonce de l’annulation des résultats. Et aujourd’hui, nous vivons tous un véritable calvaire ».   
Selon cette même source, les faits remontent au 13 décembre courant lorsqu’un communiqué dudit ministère a annoncé l’annulation du résultat final du concours suite « aux recours, aux  plaintes et à la pression que le ministère a subie ».

« Ce concours a été organisé le 22 septembre dernier pour l’embauche de 10 ingénieurs, 20 administrateurs (2ème degré), 60 administrateurs (3ème degré) et 5 techniciens (3ème degré). Près de 1.000 candidats l’ont passé.  Le résultat final en a été annoncé le 4 octobre 2019 accompagné d’une observation indiquant que les personnes sélectionnées doivent fournir certaines pièces administratives pour finaliser leur dossier d’embauche», nous a expliqué notre source. Et d’ajouter : « Quelques jours après, nous avons bénéficié d’une session de formation de 12 jours organisée sous l’égide de la direction des ressources humaines. Lors de cette formation qui s’inscrit dans le cadre du programme de la formation continue 2019, nous avons reçu des  cours concernant la structure du ministère, les prérogatives de chacun de ses services, la stratégie et les fonctions ayant trait aux jeunes et au sport, les techniques de communication, les nouvelles technologies et, enfin, le statut de la fonction publique. A la fin de cette formation, nous avons été appelés à passer la visite médicale le 8 novembre alors qu’elle devait avoir lieu entre le 14 et le 19 novembre ».

Selon notre source, les affectations ont été décidées le 4 décembre courant. « Mais à notre grande surprise, la directrice des ressources humaines nous a fait savoir que l’affectation des nouveaux fonctionnaires sera reportée à cause de circonstances urgentes, sans plus ; ce qui nous a mis hors de nous et nous avons refusé de quitter la salle  même si ladite directrice nous a promis de nous contacter au plus tard le 13 décembre pour nous annoncer la date de notre affectation », nous a précisé notre source.
La 12 décembre, El Hassan Abyaba, ministre de la Culture, de la Jeunesse et des Sports, porte-parole du gouvernement, a annoncé que son département avait suspendu la formation des lauréats suite à certains recours déposés et qu’une commission a été mise en place afin de recorriger les copies. Le lendemain, ce fut la douche froide pour les nouveaux recrutés ; le ministère a décidé tout bonnement d’annuler le concours. Depuis, c’est silence radio.

« Aujourd’hui, nous sommes en sit-in depuis quatre semaines et nous ne comptons pas baisser les bras. Nous ne comptons pas non plus repasser le concours. S’il y a eu des dysfonctionnements, c’est au département de la Jeunesse et des Sports d’assumer ses responsabilités et ce n’est pas à nous de payer les pots cassés», a conclu notre source.


 

Hassan Bentaleb
Mardi 24 Décembre 2019

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