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Violences en marge du défilé du 1er mai à Paris

Des véhicules incendiés, des commerces touchés et 109 gardes à vue



Les violences qui ont émaillé le défilé du 1er mai à Paris ont viré à la polémique mercredi en France sur la réponse des forces de l'ordre et du gouvernement, accusé de faiblesse par certains ou, au contraire, d'avoir sciemment laissé faire par d'autres.
Même si le bilan de ces heurts est léger, avec quatre blessés sans gravité dont un policier, les images des dégradations ont complètement pris le pas sur les revendications sociales de cette traditionnelle manifestation syndicale.
Un restaurant McDonald en feu, quelques voitures renversées: près de "1.200 Black blocs", selon une estimation de la police, se sont glissés au sein d'un pré-cortège de 14.500 personnes pour jeter des pavés, incendier deux commerces et casser du mobilier urbain avant d'être chassés à coups de lances à eau et de gaz lacrymogènes.
Mercredi matin, le préfet de police Michel Delpuech a annoncé que 109 personnes étaient en garde à vue sur les 283 arrêtées la veille.
Depuis l'Australie, où il est en visite, le président Emmanuel Macron a condamné une nouvelle fois "avec la plus grande fermeté ce qui s'est passé". "Le 1er mai est la journée des travailleurs, pas la journée des casseurs", a-t-il martelé.
A Paris, le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb a promis, lui, "encore plus de forces de l'ordre" lors des prochaines manifestations prévues contre les réformes de Macron, alors que la France est secouée par une série de contestations sociales, notamment dans le rail.
Mais si l'exécutif se veut inflexible, il n'échappe pas à la critique, entre ceux qui pointent la mise à mal de l'autorité de l'Etat et ceux qui l'accusent d'avoir laissé le champ libre aux casseurs pour jeter le discrédit sur le mouvement social.
Le président des Républicains (droite), Laurent Wauquiez, a dénoncé dans un tweet la "faillite de l'Etat régalien", insistant qu'il était "urgent de rétablir l'autorité".
L'une des porte-parole des Républicains, Lydia Guirous, a directement raillé Emmanuel Macron, qui "continue son road show de banquier d'affaires en Australie en oubliant les Français".
La présidente du Front national (extrême droite), Marine Le Pen, a déploré, elle, que "le pouvoir de gauche fasse preuve d'une mansuétude et maintenant on peut presque dire d'une complicité" à l'égard de "ces milices d'extrême gauche".
A gauche, de nombreuses voix aussi ont regretté que la police ait tardé d'intervenir face aux casseurs dont la présence était pourtant annoncée, certains promettant même un "1er mai en enfer" sur les réseaux sociaux.
Ces individus sont "repérables", a fustigé le patron du syndicat CGT, Philippe Martinez. "Pourquoi nous on le voit, et qu'il ne se passe rien, et que la manifestation d'après ça recommence ?" a-t-il demandé.
"La question c'est à qui sert en fait le crime", a ajouté le chef du Parti socialiste Olivier Faure. "Visiblement les consignes qui ont été données n'étaient pas celles de la fermeté a priori, mais de la fermeté a posteriori", a-t-il ajouté, réclamant la création d'une commission d'enquête parlementaire.
Face aux critiques implicites accusant le pouvoir de passivité stratégique, le préfet de police de Paris Michel Delpuech a assuré que les forces de l'ordre "ne pouvaient pas intervenir sans craindre de faire des dégâts collatéraux" à cause de la présence des Black blocs au sein même du cortège.
"Nous voulions éviter qu'il y ait des blessés, voire des morts", a ajouté le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb.
Philosophe, le Premier ministre Edouard Philippe a estimé pour sa part qu'il y aura "toujours des polémiques". "Soit on bouge trop vite, soit on ne bouge pas assez vite, soit il y a trop de monde, soit il n'y a pas assez de monde", a-t-il dit en saluant "le professionnalisme des forces de l'ordre" qui ont "su répondre avec maîtrise" à "des actes d'une grande violence".

Libé
Jeudi 3 Mai 2018

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