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Vingt blessés dans le premier attentat à Tunis depuis 2015

La kamikaze était une diplômée au chômage




Au moins vingt personnes, dont quinze policiers et deux adolescents, ont été blessées lundi dans un attentat perpétré par une femme kamikaze à Tunis, le premier à secouer la capitale tunisienne depuis 2015.
Aucun des blessés n'est grièvement atteint, a précisé lundi soir à l'AFP le porte-parole de la Sûreté nationale Walid Ben Hkima, soulignant que beaucoup n'avaient été que brièvement hospitalisés.
"C'est une tragédie", a déclaré le président tunisien Béji Caïd Essebsi depuis Berlin. "Nous avons cru que nous avions éradiqué le terrorisme", a-t-il poursuivi mais "le terrorisme est toujours présent au coeur de la capitale".
La kamikaze a déclenché sa charge en milieu de journée "à proximité de voitures de police", sur l'avenue Habib Bourguiba, la principale artère du centre de la capitale, a déclaré à l'AFP le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Sofiène Zaag.
La kamikaze, Mna Guebla, 30 ans, était titulaire d'une licence en anglais des affaires mais n'était pas identifiée comme extrémiste par la justice, a précisé le porte-parole du pôle anti-terroriste, Sofiène Sliti. Selon des médias tunisiens, elle n'avait jamais trouvé d'emploi dans ce secteur, mais travaillait parfois comme bergère pour aider sa famille.
Sur place, une journaliste de l'AFP a pu voir le corps sans vie de la kamikaze, allongée sur le dos, voilée et lunettes noires sur le front. Selon le ministère de l'Intérieur, elle est décédée sur le coup. Son cadavre portait essentiellement la marque de l'explosion sur son flanc gauche.
D'après des sources policières, la kamikaze ne portait vraisemblablement pas de "ceinture d'explosifs" mais "plutôt une bombe artisanale".
Rapidement, d'importants renforts de police sont arrivés sur les lieux et le secteur a été bouclé. Au moins deux personnes ont été interpellées, dont une dans des conditions mouvementées, a constaté la journaliste de l'AFP.
Dans une atmosphère chaotique, de nombreux cafés et boutiques de cette avenue emblématique de la capitale ont rapidement baissé leurs rideaux, selon la même source.
Lundi soir, le centre-ville était désert.
Le groupe parlementaire du parti islamiste Ennahdha a appelé "tous les Tunisiens à s'unir pour faire face au terrorisme".
L'attentat intervient alors que la scène politique tunisienne est déstabilisée par des luttes de pouvoir notamment au sein du parti présidentiel Nidaa Tounès à l'approche d'élections présidentielle et législatives.
"Cet évènement nous rappelle que nous avons d'autres problèmes en Tunisie", a souligné le président Essebsi, déplorant ce climat politique délétère.
L'avenue Bourguiba est l'une des artères les plus fréquentées de la capitale et, peu avant l'explosion, un groupe de personnes y manifestait pour protester contre la mort d'un jeune homme de 19 ans dans des échauffourées avec des agents de la douane, la semaine dernière.
Si aucun décès n'est à déplorer, cet attentat a replongé la capitale tunisienne plusieurs années en arrière.
Il s'agit en effet du premier à secouer Tunis depuis le 24 novembre 2015, quand une attaque suicide, commise là aussi en plein centre, avait visé un bus de la garde présidentielle, tuant 12 agents. Elle avait été revendiquée par le groupe jihadiste Etat islamique (EI).
Cette même année, 60 personnes dont 59 touristes, avaient été tuées dans d'autres attentats contre le musée du Bardo à Tunis, le 18 mars, puis contre une plage et un hôtel près de Sousse, le 26 juin. Ces deux attaques avaient aussi été revendiquées par l'EI.
En mars 2016, des dizaines de jihadistes venus de Libye avaient en outre tenté, sans succès, de s'emparer de postes des forces de sécurité dans la région de Ben Guerdane (sud), près de la frontière libyenne, faisant 20 morts.
Cette vague d'attentats, consécutive à l'émergence d'une mouvance jihadiste comprenant l'EI mais aussi Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), avait gravement nui au tourisme, un secteur vital de l'économie tunisienne.
Elle avait contribué à fragiliser le processus démocratique né de la révolution de 2011 contre le régime de Zine el Abidine Ben Ali.
Depuis le printemps 2016, les autorités tunisiennes se sont félicitées d'un retour au calme, même si des incidents meurtriers persistent, notamment dans les régions montagneuses du nord-ouest, repaire des jihadistes: en juillet, six membres des forces de l'ordre ont été tués dans une attaque revendiquée par Aqmi.
A la faveur de l'accalmie, l'industrie touristique a connu une embellie lors des saisons 2017 et 2018, et la croissance tunisienne s'est raffermie.
Mais l'état d'urgence qui octroie des pouvoirs d'exception aux forces de l'ordre, reste en vigueur sur l'ensemble du territoire depuis l'attentat de novembre 2015. Il a été prolongé d'un mois le 5 octobre dernier.

Mercredi 31 Octobre 2018

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