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Les intervenants, lors d’une table ronde organisée à cette occasion par l’Académie du Royaume du Maroc, en partenariat avec l’ambassade de Pologne au Maroc, sous le thème "De la tolérance à l’hospitalité", ont souligné que la visite effectuée par le pape Jean-Paul II au Maroc en août 1985 demeure riche en enseignements et symboles, dont le rappel constitue un devoir moral et une nécessité pratique pour la société humaine contemporaine.
Revenant sur le 40ème anniversaire de cette visite, le Secrétaire perpétuel de l’Académie du Royaume du Maroc, Abdeljalil Lahjomri, a insisté sur la nécessité de valoriser la mémoire comme levier pour l’avenir plutôt que de se limiter à un simple retour au passé.
Il a affirmé que cette visite a incarné l’attachement du Maroc à la vertu du dialogue en tant que nécessité civilisationnelle pour instaurer la paix sociale et renforcer la confiance entre les communautés culturelles et spirituelles.
M. Lahjomri a souligné à ce propos l’attachement continu de Sa Majesté le Roi Mohammed VI à promouvoir la diplomatie spirituelle, à consolider les choix de modération et de tolérance, et à renforcer le rôle du Maroc en tant qu’espace de construction de ponts dans un monde de plus en plus complexe et tendu.
Pour l’ambassadeur de Pologne à Rabat, Tomasz Orłowsk, cette visite fut une rencontre unique entre les dirigeants de deux instances spirituelles, le Commandeur des croyants et le Chef suprême de l’Eglise catholique, notant que ce moment a constitué la consécration d’une position courageuse de la part du Souverain d’un royaume à l’identité forte et profondément ancrée dans une histoire prestigieuse.
Le diplomate a ajouté que Feu SM Hassan II avait exprimé une vision à long terme visant à construire des passerelles d’échange et à valoriser les points communs entre les mondes chrétien et musulman, sur les plans spirituel et politique, en s’arrêtant sur l’invitation du défunt Souverain à "tisser les fils de l’amour", un travail exigeant pour promouvoir les valeurs du dialogue et du respect.
Il a dans ce sens souligné l’importance de maintenir la flamme vivace et d’investir profondément dans l’apprentissage de l’art du vivre-ensemble et de la tolérance, comme mission vitale de la diplomatie culturelle dans le domaine de l’éducation, assurant que la Pologne et le Maroc, en tant que pays émergents en Europe et en Afrique, offrent des modèles accomplis en matière de transformation économique et sociale.
Le diplomate polonais a proposé l’organisation d’une prochaine rencontre à Cracovie, où le pape Jean-Paul II a étudié et a été nommé archevêque, afin de mieux explorer la contribution maroco-polonaise au renforcement de la coexistence et de la compréhension mutuelle entre les peuples chrétien et musulman.
Pour sa part, le penseur, écrivain et essayiste Mohamed Noureddine Afaya, est revenu sur l’année 1980, date de la visite de Feu SM Hassan II au Vatican, comme prélude à la dynamique de dialogue ayant balisé le terrain pour la visite du Pape Jean-Paul II au Maroc.
Il a considéré que cette initiative incarnait une demande urgente d’engager un dialogue sérieux afin de briser les stéréotypes et de se libérer des jugements erronés qui empoisonnent les relations entre les peuples et les individus.
M. Afaya, également membre de l’Académie du Royaume du Maroc, a expliqué que lorsque le Pape a embrassé le sol marocain à son arrivée à l’aéroport, il embrassait en réalité une parcelle du "Royaume de Dieu" ouvert à l’horizon de l’humanité.
Il a estimé que l’essence de cette visite résidait dans un acte de résistance qui, en combinant Raison et Foi, se réfère historiquement à la contribution précieuse de la philosophie d’Averroès (Ibn Roshd) à la réalisation de cette réconciliation nécessaire.
Notant que l’approche d’Ibn Roshd concernant les vérités religieuse et rationnelle était pionnière en termes de distinction entre deux domaines, méthodologiquement différents mais convergents dans l’objectif, il a souligné que le Maroc a prouvé que l’ouverture à des traditions spirituelles autres n’est pas un geste isolé, mais s’inscrit plutôt dans le prolongement d’une volonté pérenne et durable, comme en témoigne l’accueil du pape François en mars 2019.
De son côté, le parlementaire et Secrétaire d’Etat polonais aux Affaires étrangères, Marcin Bosacki, a mis l’accent sur la contemporanéité des enseignements que renferme la visite du Pape Jean-Paul II au Maroc, qualifiant ce moment de "percée" dans l’histoire des relations entre chrétiens et musulmans.
Il a fait remarquer que la position du Maroc au carrefour des continents et des cultures lui a permis de jouer un rôle de médiateur entre les trois religions monothéistes, avec l’espoir de bâtir la paix comme valeur suprême, assurant que la lutte contre l’extrémisme est une responsabilité collective.
Le responsable polonais a rappelé des aspects du parcours spirituel du défunt pape à Cracovie, ville où prévaut une tradition ancienne de tolérance religieuse et de pluralisme culturel, source d’inspiration pour ce personnage qui a placé la défense de la liberté de conscience et la dignité de l’homme au centre de tout enseignement religieux.
Et de conclure que le discours du Pape devant la jeunesse marocaine à Casablanca constituait un appel à incarner et à diffuser les valeurs de clémence et de tolérance, en consacrant la protection de la liberté humaine comme vecteur de construction du monde de demain.







