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Une grosse ombre au tableau du ministère et de ses AREF

Les enseignants contractuels n’en démordent pas




Grève et sit-in au programme

«La lutte continue». Tel est le slogan des enseignants contractuels qui se préparent à entamer une série d’actions pour protester contre leur statut de contractuels. En effet, une grève d’une semaine est prévue du 18 au 23 mars prochain et elle sera accompagnée d’un sit-in de quatre jours à Rabat.
«La situation s’est envenimée davantage», nous a indiqué Mustapha Amouze, membre de la Commission des médias et de la communication au sein de la Coordination nationale des enseignants contractuels. Et d’expliquer : «Les enseignants contractuels font l’objet de provocation ces jours-ci. A titre d’exemple, des enseignants appartenant à la promotion de 2016 et relevant de l’Académie régionale d'éducation de l'Oriental qui n’ont pas perçu leur salaire. Idem pour certains enseignants relevant de l’Académie régionale de Casablanca, toutes promotions confondues. Des enseignants ont failli être licenciés à Settat n’eût été l’intervention de la Coordination nationale des enseignants contractuels. Certains directeurs des Académies nous mettent la pression en publiant des statistiques sur le nombre d’enseignants qui ont signé le contrat annexe alors que la réalité est tout autre. Un nombre minime voire infime a accepté de signer». A souligner que les enseignants issus de la promotion 2016 travaillent au grand jour mais au noir puisque leurs contrats sont arrivés à terme et n’ont pas été renouvelés automatiquement comme le stipule le contrat initial. «Les Académies n’ont pas rempli leur part du contrat puisque ce dernier leur fait obligation d’organiser l’examen de capacité professionnelle préalablement au renouvellement des contrats. Mais il n’y a pas que ce désengagement de leur responsabilité qui est mis à l’index. Les Académies n’ont pas non plus honoré leur engagement concernant l’accompagnement des enseignants et la formation continue. L’ensemble de ces éléments nous a poussés à ne plus faire confiance à nos interlocuteurs et à prendre leurs promesses avec beaucoup de réserve», nous a précisé Mustapha Amouze dans une précédente édition.   
Outre ces provocations émanant des académies, certaines déclarations ont également jeté de l'huile sur le feu. C’est le cas de cette personnalité politique de l’opposition qui a déclaré que l’Etat doit licencier les 55.000 enseignants contractuels et embaucher de nouveaux. «Heureusement que son parti s’est désolidarisé de ses propos et a demandé une réunion avec le ministre de l’Education nationale pour discuter de ce sujet», nous a affirmé notre source.
Du côté de ce département, c’est silence radio. «Pas de gestes d’apaisement, pas de tentatives de dialogue ni contact. Le ministère agit comme si on n’existait pas. D’ailleurs, lors de la dernière réunion entre le ministre de tutelle et les syndicats, notre dossier n’a pas été abordé du tout. Ils ont évoqué les dossiers des professeurs titulaires sans mentionner notre cas alors qu’ils nous considèrent comme de soi-disant professeurs titulaires», nous a indiqué Mustapha Amouze. En fait, la réunion, tenue lundi 25 février  dernier avec les syndicats de l'enseignement affiliés à la CDT, l’UGTM, la FDT et l’UMT et à la Fédération nationale de l'enseignement, le ministre de tutelle s'est engagé à préparer un projet relatif au règlement fondamental des fonctionnaires de l'Education nationale en précisant que le débat autour du projet sera ouvert le 25 mars prochain. Interpellé sur le dossier des contractuels, le ministère a souligné qu'il s'agit d'une "décision du gouvernement".  Il a déjà déclaré devant la Chambre des conseillers que "la titularisation intervient après deux ans d’exercice, à travers un concours de qualification professionnelle qui permet l'intégration au sein des AREF et la promotion au deuxième échelon, deuxième grade de l'échelle 10". Pour sa part, le porte-parole du gouvernement a affirmé le 21 février dernier que "le statut des cadres du corps enseignant au niveau des AREF leur accorde les mêmes droits que les fonctionnaires des administrations publiques en termes de salaire, d'avancement, de reclassement, de couverture médicale et de prévoyance sociale, ainsi que le droit à la retraite, à l'appartenance syndicale et aux mutations".
Les relations avec le département de l’Education nationale se sont détériorées davantage avec la volonté des Académies régionales de faire signer aux enseignants des contrats annexes qui n’ont jamais été évoqués ni de près ni de loin dans les contrats initiaux. Ceci d’autant plus que la date d’entrée en vigueur de ces contrats annexes remonte à septembre dernier. Ce qui suscite des doutes sur le véritable objectif qui sous-tend pareils contrats qui paraissent être non pas des compléments au contrat initial mais plutôt de nouveaux contrats en bonne et due forme » et une manière détournée que les Académies ont trouvée pour imposer une titularisation qui a été rejetée catégoriquement par les enseignants contractuels.

Hassan Bentaleb
Vendredi 1 Mars 2019

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