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Une centaine de migrants disparus en Méditerranée

A Rome, un nouveau mini-sommet du sud de l'UE face au défi migratoire




Entre 90 et 100 migrants sont portés disparus en Méditerranée après le naufrage de leur embarcation de fortune au large de la Libye, a indiqué mardi soir la marine libyenne, se basant sur le récit de survivants.
L'embarcation, un canot pneumatique, transportait plus d'une centaine de personnes, mais seules 17 d'entre elles, dont des femmes, ont pu être secourues, a déclaré le général Ayoub Kacem, porte-parole de la marine.
Les survivants sont restés plusieurs heures accrochés à des bouts du canot jusqu'à l'arrivée des secours.
Le naufrage a eu lieu au large de la ville d'al-Khoms, à une centaine de kilomètres à l'est de la capitale libyenne, a précisé M. Kacem.
La marine libyenne a ajouté avoir secouru 267 autres migrants de diverses nationalités africaines qui étaient à bord de deux embarcations en détresse au large de la ville de Zawiya, à une cinquantaine de kilomètres à l'ouest de Tripoli.
Des femmes ainsi que 17 enfants figurent parmi les migrants secourus, a précisé M. Kacem, déplorant le manque de moyens et le mauvais temps qui ont compliqué, selon lui, les opérations de secours.
Durant le weekend dernier, dix migrants avaient péri et plus d'une cinquantaine d'autres, parmi lesquels de jeunes enfants, avaient disparu au large de la Libye, selon un bilan recueilli par plusieurs organismes auprès des survivants.
En 2017, au moins 3.116 migrants sont morts ou portés disparus en tentant de traverser la Méditerranée pour rejoindre l'Europe, dont 2.833 au large de la Libye, selon un décompte de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).
Mais les tentatives de traversée sont en forte baisse depuis l'été, après les efforts italiens pour empêcher les migrants de prendre la mer, à la suite d'accords avec autorités et milices libyennes.
Par ailleurs, les dirigeants de sept pays du sud de l'Union européenne se sont  retrouvés   hier à Rome pour afficher leur unité et évoquer une nouvelle fois le défi migratoire auquel beaucoup d'entre eux sont confrontés.
Il s'agit de la quatrième rencontre sous ce format, initié en septembre 2016 par le Premier ministre grec Alexis Tsipras. Deux autres réunions ont suivi en 2017, à Lisbonne en janvier et à Madrid en avril.
Au menu des discussions: l'avenir de la zone euro, la promotion d'une vision protégeant la croissance, l'emploi et les investissements, la préparation des élections européennes de 2019 avec les listes transnationales et le projet du président français Emmanuel Macron de consultations populaires... et surtout la situation migratoire.
Pour l'Italie, l'année 2017 a été celle d'un tournant: le pays est passé d'un flux toujours plus massif au premier semestre aux prémices d'une immigration choisie, au prix d'accords controversés en Libye qui ont limité les arrivées à 119.000, soit 35% de moins qu'en 2016.
En Espagne en revanche, des Algériens et des Marocains sont venus grossir les arrivées sur les côtes, passées de 6.000 en 2016 à près de 23.000 migrants en 2017.
En Grèce, l'accord entre l'Union européenne et la Turquie a limité le nombre d'arrivées à 28.800 personnes, soit six fois moins qu'en 2016.
Parallèlement, le nombre de migrants morts et disparus en mer Méditerranée est passé de près de 5.000 en 2016 à 3.116 en 2017, pour la plupart au large de la Libye, où le taux de mortalité reste relativement constant, autour de 1 pour 40.
Pour sa part, un responsable du Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) a estimé mardi que les femmes doivent être "prioritaires" dans les programmes d'accueil de réfugiés que les pays européens vont chercher dans la zone libyenne.
"Les programmes de réinstallation doivent cibler en priorité les femmes", a affirmé l'envoyé spécial du HCR pour la Méditerranée centrale, Vincent Cochetel, lors d'un colloque organisé par l'association France Terre d'Asile, en assurant ne "pas avoir vu une femme réfugiée au Niger qui n'ait pas fait l'objet de viols en Libye".
Il faut un "rééquilibrage prioritaire" en leur faveur dans le cadre de ces programmes consistant pour les pays d'accueil à aller chercher directement des réfugiés présélectionnés par le HCR sur la route de la Méditerranée centrale, en Libye ou dans les pays frontaliers.
Les femmes ont représenté 12% des migrants ayant traversé la Méditerranée sur les trois premiers trimestres de 2017.
Alors que le HCR a demandé l'an dernier aux pays d'accueil de s'engager sur 40.000 places supplémentaires, "le compte n'y est pas" puisque pour le moment seules "10.000 places environ sont plus ou moins garanties", a affirmé M. Cochetel. "On espère que cela va se clarifier dans les semaines à venir", a-t-il ajouté, avertissant que rien "ne permet de penser que les arrivées sur la Libye vont diminuer".La France s'est de son côté engagée à réinstaller 3.000 personnes depuis le Tchad et le Niger d'ici fin 2019.
Le responsable du HCR a par ailleurs regretté une politique des retours "mal gérée en Europe". "Tant mieux s'ils sont volontaires, tant pis sinon, mais il n'y a pas une politique d'asile qui fonctionne s'il n'y a pas aussi de politique de retours efficaces", a-t-il affirmé.

Jeudi 11 Janvier 2018

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