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Une avalanche de pateras se fait imminente : La Commission espagnole d’aide aux réfugiés met en garde




José Luis Cabrera: Nous allons vivre une année record en 2018

La Commission espagnole de l’aide aux réfugiés a mis en garde contre une probable avalanche des  pateras au cours des prochains mois, a indiqué la radio espagnole Cadena Ser.
Selon la même source, un millier de personnes aurait quitté la Libye à destination du Maroc dans l’objectif de migrer illégalement vers l’Europe, notamment après le renforcement du contrôle sur la route reliant la Libye à l’Italie.
Selon José Luis Cabrera, porte-parole de ladite Commission en Andalousie, il est probable que ces migrants qui ont transité par l’Algérie prennent le chemin des côtes andalouses pour arriver en Europe. « La situation en Libye est un authentique désastre. Plusieurs migrants souffrent de l’esclavage. Ils se débattent dans une situation inextricable sur terre et quand ils prennent la mer et rencontrent des problèmes au large, il est interdit de les sauver. Nos collaborateurs sur place nous disent qu’ils auraient migré vers le Maroc et qu’il est probable que nous allons enregistrer des  record en termes d’arrivée de pateras », a-t-il précisé.
A Malaga, plus de 200 personnes ont été sauvées jusqu’au jour d’aujourd’hui. Elles voyageaient dans cinq pateras et se trouvaient au large de Malaga. L'année dernière, près de 2.300 personnes avaient été traitées par la Croix-Rouge.
José Luis Cabrera a, par ailleurs, mis en garde en affirmant : «On improvise toujours, l'attention accordée à ces personnes diffère selon le port où elles débarquent. Il n’y a aucun protocole et cette improvisation fait croire à l'opinion publique que tout ceci constitue un mouvement non-structuré, alors que la réalité est autre et que les mafias en profitent. L'Etat et les politiques européennes  devraient être beaucoup plus efficaces et prendre compte des droits de l'Homme de ces migrants ».
Il convient de rappeler que 28.707 migrants avaient débarqué en Espagne en 2017, dont 17.614 en Andalousie. C'est presque trois fois plus qu'en 2016.
Madrid fait face actuellement à une pression migratoire qu’il n’a pas connue depuis 2006. A l’époque, la Casamance, au sud du Sénégal, était le point de départ de nombreux Sénégalais vers les Iles Canaries, en quête de l’eldorado européen. Désormais, les côtes marocaines semblent marcher dans le sillage de cette région. Citée par El Mundo dans un article intitulé «Pourquoi tant d’embarcations partent-elles du Maroc ?», la Commission espagnole d’aide aux réfugiés (CEAR) avance la fermeture de certaines routes migratoires, l’assouplissement de la vigilance des autorités marocaines et le contexte social dont pâtit le Rif qui se serait traduit, selon  Khadija Ainani, vice-présidente de l’Association marocaine des droits humains (AMDH), relayée par le quotidien espagnol, El Mundo, par le fait qu’un nombre important de Marocains a quitté le Rif pour l’Europe». Un facteur supplémentaire qui traduit l’augmentation «notable» de migrants d’origine maghrébine, observe la CEAR.
Les arrivées en Espagne de ressortissants marocains et algériens représentent, en effet,  respectivement 22,4% et 20,5%, contre 56,7% pour les Subsahariens, d’après les données du ministère espagnol de l’Intérieur. L’année dernière, sur les 1.225 migrants interceptés dans les eaux méditerranéennes à proximité d’Al Hoceima, 520 étaient Marocains.
L’Europe, qui craint la présence éventuelle de terroristes parmi des migrants clandestins en provenance de Libye, a récemment renforcé le contrôle de ses frontières.
En effet, Frontex a lancé début février courant, une nouvelle opération de secours baptisée «Themis». Celle-ci, vient remplacer l'opération «Triton» mise en place en 2014.
Selon un communiqué émanant de Frontex, publié sur le site Internet de cette dernière, la mise en place de l'opération «Themis», a été décidée, après que l'Italie se soit plainte à maintes reprises d’avoir été laissée seule pour faire face au flux de migrants, dont le nombre a atteint 600.000 au cours des quatre dernières années.
Sa zone opérationnelle s’étendra sur la mer Méditerranée centrale dans les eaux couvrant les flux venant d’Algérie, de Tunisie, Libye, Egypte, Turquie et Albanie. Sa zone d’opération est donc plus large que celle de l’opération Sophia, puisqu’elle couvre également le flanc est (Egypte, Turquie) et le flanc ouest (Algérie) et l’Adriatique.
Dans le cadre de cette opération, Frontex va aussi poursuivre sa présence dans les hotspots en Italie, où les agents déployés par l’agence aideront les autorités nationales à enregistrer les migrants, notamment en prenant leurs empreintes digitales et en confirmant leur nationalité.
Le volet sécurité de l’opération Themis comprendra également la collecte de renseignements et d’autres mesures visant à détecter les combattants étrangers et autres menaces terroristes aux frontières extérieures.
Pour le directeur de Frontex Fabrice Leggeri, « nous devons être mieux équipés pour empêcher que des groupes criminels tentent d’entrer dans l’UE sans être détectés. C’est crucial pour la sécurité intérieure de l’Union européenne ». L’opération Themis visera « à mieux refléter l’évolution des modèles de migration, ainsi que la criminalité transfrontalière. Frontex va aider également l’Italie à traquer les activités criminelles, telles que la contrebande de drogue à travers l’Adriatique ».
Cette opération ressemble sur une bonne partie, à la fois dans la zone géographique et dans certaines de ses missions à l’opération militaire celle-là lancée par l’Union européenne, EUNAVFOR Med / Sophia. Si certaines missions confiées sont fort différentes — drogues et terrorisme pour Thémis/Triton et respect de l’embargo sur les armes pour Sophia, il n’en reste pas moins que les champs des deux opérations européennes se recoupent, en particulier sur  la lutte contre les réseaux de migrants.

H.T
Mardi 20 Février 2018

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