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Un nouveau jalon dans l’édifice partenarial arabo-africain




Lancement à Rabat du Programme Arab Africa Trade Bridges

L'organisation du Forum de lancement du Programme Arab Africa Trade Bridges par la Société internationale islamique de financement du commerce (ITFC), à Rabat sous le Haut patronage de S.M le Roi Mohammed VI, les 22 et 23 février vient à point nommé. Cette rencontre, réalisée en partenariat avec la Banque islamique de développement (BID) et le mnistère délégué de l’Industrie, du Commerce, de l’Investissement et de l’Economie numériques chargé du Commerce extérieur, s'inscrit comme un jalon dans un édifice partenarial arabo-africain en cours d'achèvement. Elle ambitionne  le renforcement des relations commerciales et le développement des entreprises, à travers la création  de nouveaux partenariats dans la région.
En accueillant les travaux de ce forum, le Maroc se positionne, de par sa vocation géostratégique entre l'Afrique subsaharienne et le monde arabe, comme un porte-voix médiateur, relayant ainsi les appels issus des Sommets arabes et des forums économiques arabo-africains qui les accompagnent. Ces appels proposent le renforcement des relations économiques, ainsi que l'augmentation des investissements et des transactions commerciales. Le choix du Royaume pour lancer ce programme, n'est nullement fortuit, car il découle d'une expérience solidement bâtie dans le domaine du partenariat avec les pays d’Afrique subsaharienne. Car il n'a eu de cesse de soutenir les initiatives visant le développement économique et social des pays africains et islamiques.  
Faut-il rappeler que cette vocation découle d'une histoire partagée avec le continent africain et le monde arabe. Le Maroc est en effet un acteur agissant du  commerce jadis fructueux à travers le Sahara qui relia il y a plusieurs siècles les empires médiévaux (Bilad Al Sudan, les empires sahéliens entre le fleuve Sénégal et le lac Tchad, les empires du Ghana, du Mali, du Songhai) et les ports de la Méditerranée. Les échanges commerciaux de l'époque dont les voies ont changé sensiblement au cours de l'histoire se déroulaient autour du bassin du fleuve Sénégal, limite historique des caravanes venant du Nord et jonction entre les deux régions. C'était un commerce très important pour son époque : du sud venait l'or, les épices, les plumes d'oiseaux, les tissus, les céréales. Du Nord, européen compris, venaient le sel, les chevaux, les dattes, les bijoux, la gomme arabique, etc.
Après de longues décennies d’extinction, le commerce et les échanges transsahariens tendent aujourd'hui à renaître sur des bases qui demeurent fortement attachées à des flux anciens. Certes, les containers des navires ont remplacé les caravanes chamelières mais les acteurs n'ont jamais été en rupture avec le passé.
Il faut dire que l'Afrique a mis un certain temps à s'engager complètement dans les échanges internationaux et commencé à engranger quelques effets bénéfiques sur le développement économique et social. Plusieurs raisons expliquent cette marginalisation dans le commerce international, parmi lesquelles on peut citer l'environnement peu propice au développement du secteur privé, des infrastructures inexistantes ou peu développées, une faiblesse des flux des investissements privés, une industrie manufacturière peu développée, ainsi que des marchés régionaux de faibles dimensions.
L'initiative Arab-Africa Trade Bridges est née à la suite d’une proposition de l’Institution internationale islamique de financement du commerce (ITFC). Celle-ci est parrainée par un groupe qui réunit la Banque arabe pour le développement économique en afrique (BADEA), la Société islamique d’assurance des investissements et des crédits à l’exportation (ICIEC), le Programme de financement du commerce arabe (ATFP), le Fonds monétaire arabe (AMF), le Fonds de l’OPEP pour le développement international (OFID), le Fonds saoudien pour le développement (SFD) et la Société arabe de garantie des investissements et des crédits à l’exportation (DHAMAN). Un programme est mis en place pour promouvoir le commerce et les investissements en partenariat entre les pays arabes et ceux de l'Afrique subsaharienne  étalé sur trois années. Il a pour finalité de développer les relations commerciales entre les pays notamment dans les domaines des infrastructures, de plateformes logistiques et de produits financiers et crédits à l'export.
Il s'agit d'une première rassemblant les plus grandes institutions de financement et de commerce dans les régions arabes et africaines, membres de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), ayant pour objectif de promouvoir et développer les relations commerciales arabo-africaines à travers différentes actions visant à fédérer les acteurs économiques de la région. En outre, ce programme représente une opportunité d'accroître les échanges financiers et les produits d'assurance, tout en offrant un renforcement des capacités appropriées.
Les résultats attendus pourraient consister en l’établissement d’un nouveau partenariat d'affaires et la promotion du commerce entre les deux régions arabe et africaine. Ils visent également à disséminer l'information concernant les opportunités et les régulations des marchés; garantir aux  commerçants des espaces d'exposition pour les produits à l'export, établir un réseau internet facilitant les contacts d'affaire et l'échange d'information, soutenir l'établissement des plateformes logistiques dans certains pays africains et fournir des opportunités pour les échanges financiers et aux institutions d'assurance pour exposer leurs produits et services.
Des prémisses positives semblent déjà enregistrées par l'OCI notamment au niveau du volume du commerce entre les Etats membres de l’OCI qui a connu une augmentation de 156% pendant la période 2005-2015 (passant de 271,45 milliards USD en 2005 à 694,23 milliards USD en 2015).
Quant aux opportunités d’intégration régionale, une récente étude du Centre du commerce international (CCI), menée entre 2011 et 2015, révèle que 17 pays de la région arabe ont exporté pour 1006 milliards de dollars  vers le monde alors que les exportations de 22 pays subsahariens (membres de l'OCI) ont atteint seulement 160 milliards de dollars. Cette différence témoigne une fois de plus de l'existence d'opportunités commerciales franches non encore exploitées.


 

Mémorandums

En marge du Forum de lancement du programme Arab-Africa Trade Bridges (AATB) qui s’est déroulé les 22 et 23 février à Rabat, la Société internationale islamique de financement du commerce (ITFC) a signé, mercredi, quatre mémorandums d'entente suivants :
Mémorandum d'entente pour le renforcement du partenariat économique. entre le Maroc et le Tchad ;
Mémorandum d'entente entre la Société internationale islamique de financement du commerce (ITFC) et le Centre du commerce international (CCI) ;
Mémorandum d'entente entre la Société internationale islamique de financement du commerce (ITFC), le Centre islamique pour le développement du commerce, de l'artisanat et de la promotion des PME de la Côte d'Ivoire ;
Lettre d'intention entre le ministère du Commerce de l'Industrie de l'Investissement et de l’Economie digitale du Maroc et ITFC.

Youssef Kharoufi (Stagiaire)
Samedi 25 Février 2017

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