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Trump, un prévenu très spécial pour un tribunal de Washington


Libé
Samedi 5 Août 2023

Debout, les bras le long du corps, Donald Trump fait face à une juge à Washington à qui il répond sobrement "non coupable". Un court instant solennel qui contraste avec l'effervescence qui a entouré sa venue dans ce tribunal fédéral placé sous haute sécurité.

Derrière les lambris clairs de la salle d'audience se tient le Capitole, ce temple de la démocratie américaine qu'avaient attaqué ses partisans, une sombre journée de janvier 2021. L'ancien président comparaît pour son implication dans ce qui a mené à ce séisme, un moment historique.

Il est apparu peu avant 16H00 avec son éternelle cravate rouge, entouré de ses avocats. Dans la salle est présent Jack Smith, sa bête noire. Ce procureur spécial à la barbe finement taillée est chargé des enquêtes fédérales visant le milliardaire républicain. Cinq mètres et une table de bois les séparent.

Pendant les longues minutes où les deux parties attendent que la juge arrive, M. Smith regarde avec insistance M. Trump. L'ancien président en campagne, lui, semble l'éviter, parle avec ses avocats, remue ses mains comme pour faire passer le temps.

Puis la magistrate Moxila Upadhyaya s'installe, un drapeau américain installé derrière son fauteuil. Dans sa longue robe noire, elle préside la première apparition de M. Trump devant un magistrat dans l'affaire sur sa tentative de renversement du résultat de l'élection de 2020.

La juge récite chaque chef d'accusation contre le favori de la primaire républicaine pour 2024. Donald Trump est assis immobile, la tête tournée vers la juge, apparemment attentif.
Lorsqu'il se lève, elle lui demande comment il compte répondre aux charges qui le visent. Il répond "non coupable" à l'ensemble des chefs, puis va se rassoir.

L'audience, qui dure une demi-heure, est procédurale. Mais déjà la défense fournit ses arguments: concernant le calendrier, le "procès sans délai" demandé par l'accusation ne laisserait pas assez de marge pour préparer la défense du ténor républicain, assurent les avocats de M. Trump.

"Il nous faut du temps" pour étudier de grandes quantités de données, plaide l'un d'entre eux, John Lauro. La juge répond: "Je peux assurer à tout le monde qu'il y aura un processus et un procès équitables".

Donald Trump laisse faire ses conseils, tient ses mains entre ses jambes. Puis il quitte la salle. Quelques minutes plus tard devant la presse, il se désigne comme un "opposant politique" en ce "jour très triste" pour les Etats-Unis.

Comme pour son arrivée, il quitte le tribunal avec son cortège d'imposantes voitures noires, suivies en direct sur les télévisions américaines.
Et, comme lors des deux audiences au printemps, c'est l'effervescence autour du tribunal. En plus de la centaine de journalistes accrédités pour suivre le procès dans l'enceinte du tribunal, ils sont des dizaines, voire des centaines de reporters à être installés dehors sous le ciel gris de Washington.

Installés derrière les barrières métalliques déployées tout autour du tribunal, les équipes de télévision font le pied de grue pour raconter cette tempête judiciaire inédite. De nombreux policiers fédéraux et municipaux patrouillent sur les trottoirs, certains avec des chiens renifleurs.

Les cars-régie avec leur antenne satellite sont garés derrière les caméras, quelques curieux et manifestants sont aussi là, dont un qui agite dans la matinée un immense drapeau "Trump 2024" devant l'entrée du tribunal.

Sous un ciel nuageux, les passants sont en réalité surtout des touristes visitant la capitale fédérale. Tom Kerr, 78 ans et venu du Massachusetts, s'amuse de tous ces journalistes, y voit une "sorte de spectacle".
Et Camille Decont, jeune étudiante française en voyage dans la capitale, est "impressionnée". "Le dossier Trump, c'est une affaire mondiale, on suit ça en France !", ajoute son père, François Paolini.


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