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Trois kamikazes se tuent dans le nord-est du Nigeria




7.000 villageois fuient Boko Haram et affluent vers Chibok

Deux femmes et un homme qui voulaient commettre un attentat-suicide ont été tués vendredi aux abords de la ville de Maiduguri, dans le nord-est du Nigeria, par la détonation des explosifs portés par l'un d'eux, ont rapporté les services d'urgence et la police.
"Trois kamikazes sont entrés dans la ville par (la route de) Damboa vers 03H00 (02H00 GMT) et ont été repérés" par des membres de comités d'autodéfense, a déclaré à l'AFP Ibrahim Abdulkadir, un responsable de l'Agence nationale de gestion des urgences (Nema).
"Ils se sont enfuis rapidement et se sont cachés sous trois camions-citernes, où l'un d'entre eux a fait détoner ses explosifs, les tuant tous", a-t-il précisé.
La police a confirmé ces informations et aucune autre victime n'a été signalée.
Les explosions de vendredi à Maiduguri, le berceau du groupe islamiste nigérian Boko Haram, sont les dernières en date imputées à des kamikazes qui continuent de viser la population civile en dépit des succès remportés par l'armée contre le groupe islamiste.
Le 17 février, sept kamikazes, dont six femmes, avaient été abattus ou s'étaient fait exploser avant d'atteindre leurs cibles.
Depuis son début en 2009, l'insurrection de Boko Haram a fait quelque 20.000 morts et plus de 2,6 millions de déplacés.
Par ailleurs, sept mille personnes ont quitté leurs villages autour de la forêt de Sambisa, dans le nord-est du Nigeria, fuyant les combats des dernières semaines entre le groupe jihadiste Boko Haram et l'armée, ont rapporté mercredi une agence onusienne et des sources locales.
"Entre le 25 février et le 1er mars, 4.449 personnes sont arrivées dans la ville de Chibok, cherchant une protection après des attaques contre leur village ou des menaces d'attaques", note un rapport de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) que s'est procuré l'AFP.
Un autre mouvement de 2.000 personnes "arrivant de Kaya, un village proche de Chibok", s'est produit le 10 février, cette fois en direction de la ville voisine de Damboa, selon cette même source.
Chibok, rendue tristement célèbre par le kidnapping de plus de 200 lycéennes en 2015, se situe à proximité de la forêt de Sambisa, bastion de Boko Haram.
Selon des représentants locaux de Chibok, les villageois ont commencé à affluer lorsque l'armée les a prévenus d'actions militaires imminentes sur la zone pour chasser les jihadistes qui se cachent toujours dans et autour de cette forêt.
"La grande majorité des villageois se regroupent à Chibok, mais la ville est déjà saturée avec les déplacés qui fuient les exactions de Boko Haram", explique Manasseh Allen, porte-parole de la communauté, à l'AFP. "La zone de Sambisa est encore infestée de membres de Boko Haram".
Contactées par l'AFP, les autorités militaires locales n'ont pas souhaité commenter ces informations.
Selon le bureau des Nations unies pour les affaires humanitaires (OCHA), plus de 2.500 personnes étaient déjà réfugiées à Chibok, et près de 55.000 à Damboa.
Alors que l'armée multiplie les raids contre le groupe, notamment autour des villes récemment sécurisées, les déplacements de population s'intensifient dans l'Etat du Borno.
Début février, 8.000 personnes ont afflué vers Monguno fuyant des combats autour de Marte, aux abords du lac Tchad. Environ 2.000 autres sont arrivées au même moment à Dikwa (est), fuyant leurs villages "actuellement nettoyés par l'armée", selon OCHA.
Les humanitaires peinent à venir en aide aux flots constants de déplacés dans la région du Lac Tchad, compte tenu de l'ampleur du désastre qu'a engendré le conflit, mais aussi par manque d'accessibilité à de nombreuses zones. OCHA estime que 5,1 millions de personnes ont besoin d'une aide alimentaire dans tout le nord-est du Nigeria.

Libé
Samedi 4 Mars 2017

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