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Trajectoire diamétralement opposée entre les vaccins Pfizer et AstraZeneca

Les premiers résultats scientifiques ont été publiés


Comment allier sécurité et efficacité dans une situation d’urgence? C’est l’immense défi auquel font face les laboratoires engagés dans la course au vaccin anti-Covid-19. Un défi que l’on croyait réussi avec la découverte de vaccins par Pfizer-BioNTech, Moderna et AstraZeneca. Puis on s’est rendu compte qu’on marchait un peu sur la tête, quand ces derniers se sont contentés d’annoncer leur succès par le biais de communiqué de presse, sans qu’il y ait trace d’une quelconque publication scientifique. Désormais, c’est chose faite. Ils sont même validés par la revue «Lancet» et l’Agence de santé américaine. Mais pour les certitudes, va falloir repasser, surtout dans le cas du vaccin candidat de Pfizer.

Et pour cause, quelque temps après le lancement de la campagne de vaccination en Grande-Bretagne avec le vaccin Pfizer, plusieurs médias ont repris en chœur un titre sensation : 5 morts dans le cadre des essais cliniques Pfizer. Une information instantanément démentie par le géant pharmaceutique américain. Pourtant, 24 heures plus tard, on apprend que les autorités sanitaires britanniques ont déconseillé d’administrer le vaccin de Pfizer et BioNTech aux personnes ayant eu dans le passé d’importantes réactions allergiques. «Deux personnes ayant connu des réactions allergiques importantes ont mal réagi», a révélé Stephen Powis, directeur médical du service national de santé pour l’Angleterre, avant de conclure qu’elles «se remettent bien». Logiquement donc, l’agence britannique du médicament, la MHRA, a émis une recommandation destinée à préserver du vaccin les personnes ayant un historique «de réaction allergique importante à des vaccins, des médicaments ou de la nourriture». Et ce n’est pas tout.

«Je n’ai jamais vu une fréquence aussi élevée d’effets indésirables pour un vaccin», a déclaré à «Aujourd’hui en France» le Pr Eric Caumes, chef du service infectiologie de la Pitié-Salpêtrière à Paris, qui a eu accès aux publications scientifiques sur les différents vaccins. Puis de préciser : «En dehors des réactions minimes dues à l’injection, comme des rougeurs et douleurs locales, d’autres effets indésirables sont recensés à des taux relativement élevés, surtout chez les jeunes et après la deuxième dose». Censés être une bouffée d’air psychologique, les vaccins candidats développés pour enrayer la pandémie du nouveau coronavirus sont donc encore loin de faire l’unanimité. Même si on ne peut nier l’existence de certains motifs de satisfaction, notamment en ce qui concerne le vaccin développé par la compagnie anglo-suédoise, AstraZeneca, dont le Maroc est un client. «On nous demandait de la transparence, c’est exactement ce que nous réalisons aujourd’hui», a insisté Mene Pangalos, viceprésident exécutif du laboratoire.

L’article publié dans la revue scientifique «Lancet» et dont les résultats ont été validés par l’Agence de santé américaine, confirme l’information qui a été annoncée par le passé, selon laquelle son vaccin, conçu grâce à la technologie du vecteur viral, est efficace à 70%. De plus, la revue scientifique soutient que l’antidote en question «est sûr». D’après la même source, sur les 23.754 volontaires ayant participé à l’essai, dont la moitié avaient reçu un placebo, un seul patient a connu un effet indésirable sérieux. Pour être plus précis, ce fut un cas de myélite transverse (une atteinte neurologique rare). Ce qui avait d’ailleurs motivé l’interruption temporaire de l’essai début septembre. D’autres effets indésirables modérés ont également été constatés, en l’occurrence de la fatigue, des douleurs musculaires et une légère fièvre. Mais le plus surprenant réside dans le fait qu’une demi-dose du vaccin d’AstraZeneca serait plus efficace qu’une dose complète. En détail, avec une demi-dose, l'efficacité constatée serait de 90%, contre seulement 62% de protection après l'injection de la seconde moitié, un mois après.

Si l’on part du principe qu’AstraZeneca présente en plus deux avantages majeurs : son vaccin, promis à 2,50 euros la dose, est six à dix fois moins cher que ceux de ses deux concurrents. Par ailleurs, il n’exige pas une conservation à basse (-20 c) ou très basse (-70 c) température, il paraît évident que le vaccin du laboratoire anglo-suédois prend l’avantage sur ceux de Pfizer et Moderna. Le sens de l’histoire a changé. Mais vous l’aurez certainement remarqué, en ces temps de coronavirus, la vérité du jour n’est pas forcément celle du lendemain. Néanmoins, en cas de problème majeur, c’est malheureusement toute l’histoire de la vaccinologie qui sera discréditée.

Chady Chaabi

Libé
Jeudi 10 Décembre 2020

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