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Temps sec : Moult mesures pour atténuer les effets d’une campagne agricole compromise




Temps sec : Moult mesures pour atténuer les effets d’une campagne agricole compromise
Encore une année de vaches maigres. Les températures affichées par le thermomètre au cours des derniers mois et l'arrêt brutal des pluies n’augurent, en effet, rien de bon. La campagne agricole 2019-2020 ne sera certainement pas bonne pour ne pas dire carrément mauvaise.
Les agriculteurs qui ont fait tout ce qu’ils pouvaient pour la lancer et assurer sa réussite, craignent désormais le pire ; l’arrêt précoce des précipitations suscitant, de plus en plus, des craintes et inquiétudes bien que l'espoir demeure de mise.
"Nous attendons impatiemment et nerveusement des pluies pour pouvoir semer nos terres. Il faut qu'il pleuve avant que la situation n'empire et tout ce que je peux faire pour le moment, c'est de prier Dieu", a déclaré à la MAP Souleymane, un propriétaire de Sidi Khdim dans les environs de Bouznika.
Contacté par la même agence pour expliquer la situation, Abderrahman Naili, responsable de la direction régionale de l'agriculture de Casablanca-Settat (DRA-CS), a relevé que le cumul des pluies insuffisant et l'arrêt des pluies conjugué à la hausse des températures affichées dernièrement, commencent à être constatés sur les  terres, surtout au niveau des zones bour (pluviales) qui dépendent uniquement des pluies. Cependant, au niveau des zones irriguées, que ce soit par la grande hydraulique ou par pompage, "la situation n'est pas encore alarmante", a-t-il affirmé en précisant qu'une augmentation des prix des aliments de bétail a été déjà constatée au niveau des marchés (souks).
A ce jour, a-t-il précisé, les cultures les plus affectées par le déficit ou le manque de pluie sont principalement les céréales et les légumineuses qui sont semées par les agriculteurs dans les zones bours (pluviales) car au niveau de ces zones ces cultures dépendent uniquement des pluies. "Les conditions climatiques difficiles dans ces zones pluviales avec une pluviométrie faible engendrent une baisse des productions pastorales et fourragères ainsi qu'une insuffisance des productions céréalières et résidus", a-t-il expliqué.
Pour ce qui est des mesures prises pour atténuer les effets de ce déficit pluviométrique, il a rappelé que le ministère de l'Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts prévoit "un programme de lutte contre les effets du retard des pluies" dont la sauvegarde du cheptel est sa première priorité.
"L’opération de distribution de l’orge subventionnée est une des principales opérations de la composante sauvegarde du cheptel, elle vise l'approvisionnement des éleveurs en quantité suffisante d’orge et aussi la stabilisation des prix à des niveaux accessibles aux éleveurs", a-t-il fait savoir, ajoutant que la création des points d'eau pour l'abreuvement du cheptel est prévue également.
Concernant les cultures, a-t-il dit, les agriculteurs qui ont prescrit une police d'assurance avec la MAMDA (Mutuelle agricole marocaine d'assurance) pour assurer leurs cultures notamment céréalières contre les aléas climatiques, à savoir le manque de pluies (sécheresse), ils bénéficieront d'une indemnisation selon l'état de la culture suite au manque de pluie et selon la zone, notant que "lors de chaque campagne agricole, une superficie de plus d'un million d'hectares du Royaume est assurée par les agriculteurs au niveau de la MAMDA pour faire face aux aléas climatiques qui peuvent survenir, à savoir la sécheresse, la grêle et les inondations".
Parmi les mesures prises par le ministère également, la subvention des semences certifiées (blé tendre: 175 DH/ql, blé dur : 195 DH/ql ; orge : 345 DH/ql), la poursuite d’assurance agricole des céréales, légumineuses, les cultures oléagineuses et les arbres fruitiers, le financement du secteur agricole et de l'industrie agroalimentaire, la poursuite de l'opération Boudour avec le Crédit agricole, la poursuite de l'encadrement du conseil agricole, de la protection sanitaire des végétaux, du contrôle de la sécurité sanitaire des animaux, des végétaux et des produits alimentaires, l'organisation des journées de sensibilisation dans certaines régions et l'incitation de l'investissement des agriculteurs dans le cadre du Fonds de développement agricole (FDA).
De fait, les clignotants ont viré au rouge le mois dernier.
Dans sa note de conjoncture du mois de février 2020, la Direction des études et des prévisions financières (DEPF) avait tiré la sonnette d’alarme en indiquant que l’actuelle campagne agricole connaît "un déficit pluviométrique au niveau de la majorité des régions du Royaume, avec un couvert végétal en situation moyenne à faible".
Le cumul pluviométrique de la campagne actuelle s’est, en effet, situé, au 20 janvier 2020, à 136,9 mm au lieu de 220,9 mm enregistré lors de la même période de l’année précédente, soit un repli de 38% et de 21% par rapport à la moyenne des cinq dernières années, a poursuivi la même source en prenant note du fait que le taux de remplissage des barrages à usage agricole est passé, quant à lui, de 60% à fin janvier 2019 à 47,3% à fin janvier 2020.
Pour parer à toute éventualité, le gouvernement a, à l’instar de ce qu’il fait chaque année en pareille date, exonéré le blé tendre de la taxe d’importation du 2 janvier au 30 avril 2020. Une décision qui a été confortée le 18 février dernier par un appel à manifestation d’intérêt lancé par l’ONICL pour faciliter la tâche, autant que faire se peut, aux opérateurs dans le cadre de l’approvisionnement du pays en céréales, légumineuses et produits dérivés.
L’Office national interprofessionnel des céréales et légumineuses a également lancé le 19 septembre deux appels d’offres (AO) relatifs à l’importation de céréales et légumineuses d’origine américaine et européenne dans le cadre du contingent tarifaire préférentiel.
Les 25 décembre 2019 et 17 février dernier, il a également lancé deux AO portant sur l’importation de blé dur d’origine américaine dans le cadre dudit contingent tarifaire préférentiel avec ouverture des plis, respectivement les 9 janvier et 5 mars 2020.
Une série d’actions, somme toute, routinières puisqu’aucun des plans que le Maroc a tiré sur la comète ne lui a permis, jusqu’ici, d’atteindre l’autosuffisance en la matière.
A preuve, il ne cesse d’émarger parmi les importateurs de céréales depuis l’aube de l’indépendance et il continuera à le faire durant les prochaines années à cette différence près que Dame nature pourrait pousser sa balance commerciale à se caler sur les caprices d’une pluviométrie qui joue certes les arlésiennes mais qui le fera davantage vu les aléas du changement climatique.

Amina Azizeddine (Stagiaire)
Mercredi 11 Mars 2020

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1.Posté par JAMAL KHELIFI le 11/03/2020 11:57
L'opération de subvention est une bonne chose. Reste à savoir quel organisme distribue ses subventions pour que le fellah puisse en bénéficier car quand on s'adresse à l'onicl ou la DRA, ILS nous répondent qu'ils ne savent pas. Bizaaaaar

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