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Téhéran confirme l'essai d'un missile balistique

Le test jugé inacceptable par Washington




Le ministre iranien de la Défense, Hossein Dehghan, a confirmé mercredi que la République islamique avait récemment testé un missile, rapporte l'agence de presse Tasnim.
Mais il a ajouté que cet essai ne constituait pas une violation de l'accord de Vienne de juillet 2015 sur le programme nucléaire iranien ou de la résolution du Conseil de sécurité de l'Onu qui le soutient.
"Cet essai récent était conforme à nos plans et nous ne laisserons pas des étrangers interférer dans les affaires liées à notre défense", a-t-il dit.
L'essai a été révélé par l'administration américaine, dont un responsable a précisé lundi que le missile de moyenne portée avait été testé dimanche près de Semnan, à l'est de Téhéran, parcourant un millier de kilomètres avant d'exploser.
A la demande des Etats-Unis, le Conseil de sécurité des Nations unies a évoqué la question en urgence mardi.
Le 14 juillet 2015, l'Iran et six grandes puissances, le groupe P5+1 (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne et Allemagne), ont conclu un accord encadrant les activités nucléaires de l'Iran en échange d'un assouplissement des sanctions à l'encontre de la République islamique.
Mardi, la nouvelle ambassadrice américaine aux Nations unies a affirmé que le test dimanche d'un missile balistique de moyenne portée par l'Iran est "absolument inacceptable".
Ce face-à-face intervient dans un climat déjà empoisonné par la décision du président américain Donald Trump d'interdire aux Iraniens, entre autres, d'entrer aux Etats-Unis.
"Nous avons confirmé que l'Iran a testé un missile de taille moyenne le 29 janvier, dimanche. C'est absolument inacceptable", a déclaré Nikki Haley à l'issue d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité, à huis clos, sur ce sujet.
L'ambassadrice a fustigé la version iranienne selon laquelle cet essai de missile ne violait pas les résolutions des Nations unies parce qu'il n'était qu'à but défensif et n'était pas destiné à emporter de tête nucléaire.
"Ils savent qu'ils ne sont pas supposés faire des tests de missiles balistiques qui peuvent emporter des charges nucléaires", a-t-elle rétorqué.
Selon elle, le missile testé dimanche pouvait transporter une charge de 500 kilogrammes et avait un rayon d'action de 300 kilomètres: "C'est plus que suffisant pour emporter une arme nucléaire", a-t-elle souligné.
Elle a expliqué que les Iraniens essayaient de convaincre le monde "qu'ils sont gentils", mais "je vais dire aux gens à travers le monde que c'est quelque chose qui devrait nous inquiéter".
"Les Etats-Unis ne sont pas naïfs, nous n'allons pas rester les bras croisés. Vous nous verrez leur demander des comptes", a-t-elle repris. "Nous sommes déterminés à leur faire comprendre que ce ne sera jamais quelque chose que nous accepterons".
Le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif a dit "espérer que la question du programme défensif de l'Iran ne sera pas utilisée comme un prétexte" par la nouvelle administration américaine pour "provoquer de nouvelles tensions".
Il a affirmé que "la nation iranienne n'attend pas l'autorisation des autres parties pour se défendre". Mais, a-t-il ajouté, "nous avons toujours dit que nous n'utiliserons jamais nos armes contre les autres, sauf s'il s'agit de nous défendre".
M. Zarif a insisté sur le fait que le programme balistique de l'Iran n'était pas "concerné" par l'accord nucléaire de juillet 2015 conclu avec six grandes puissances, ni par la résolution 2231 du Conseil de sécurité qui l'a entériné. Une position partagée par la Russie, alliée de l'Iran.
Les missiles iraniens "ne sont pas conçus pour porter des têtes nucléaires", a répété le chef de la diplomatie iranienne, qui s'exprimait lors d'une conférence de presse commune à Téhéran avec son homologue français Jean-Marc Ayrault.
Ce dernier a rappelé que Paris avait fait part à plusieurs reprises de son inquiétude quant à "la poursuite des essais balistiques" par l'Iran. Ceux-ci "entravent le processus de restauration de la confiance mis en place par l'accord (nucléaire) de Vienne".
L'Union européenne a également exhorté Téhéran "à s'abstenir de toute action susceptible d'accroître la méfiance, comme des essais de missiles balistiques".

Jeudi 2 Février 2017

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